I Esdr., vu
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affranchis, mais puissants et redoutables à leurs ennemis. Pompée, qui les affaiblit à la hianière que nous avons vue, content du tribut qu'il leur imposa et de les mettre en état que le peuple romain en pût disposer dans le besoin, leur laissa leur prince avec toute la juridiction. On sait assez que les Romains en usaient ainsi, et ne touchaient point au gouvernement du dedans dans les pays à qui ils laissaient leurs rois naturels.
Enfin les Juifs sont d'accord qu'ils perdirent cette puissance de vie et de mort seulement quarante ans avant la désolation du second temple ; et on ne peut douter que ce ' ne soit le premier Hérode qui ait commencé à faire cette plaie à leur liberté. Car, depuis que, pour se venger du Sanhédrin, où il avait été obligé de comparaître lui-même avant qu'il fût roi*, et ensuite pour s'attirer toute l'autorité à lui seul, il eût attaqué cette assemblée qui était comme le sénat fondé par Moïse, et le conseil perpétuel de la nation où la suprême juridiction était exercée, peu à peu ce grand corps perdit son pouvoir, et il lui en restait bien peu quand Jésus-Christ vint au monde. Les affaires empirèrent sous les enfants d'Hérode, lorsque le royaume d'Archélaûs, dont Jérusalem était la capitale, réduit en pro^^nce romaine, fut gouverné par des présidents que les empereurs envoyaient. Dansce malheureux état, les Juifs gardèrent si peu la puissance de ^^e et de mort, que pour faire mourir Jésus-Christ, qu'à quelque prix que ce fût ils voulaient perdre, il leur fallut avoir recours à Pilate; et, ce faible gouverneur leur ayant dit qu'ils le fissent mourir eux-mêmes, ils répondirent tout d'une voix : «Nous n'avons pas le pouvoir de faire mourir personne' ». Aussi fut-ce par les mains d'Hérode qu'ils firent mourir saint Jacques, frère de saint Jean, et qu'ils mirent saint Pierre en prison^. Quand ils eurent résolu la mort de saint Paul, ils le livrèrent entre les mains des Romains*, comme ils avaient fait Jésus-Christ; et le vœu sacrilège de leurs faux zélés'^, qui jurèrent de ne boire ni ne manger jusqu'à ce qu'ils eussent tué ce saint apôtre, montre
i. Jos., Ant., XIV, xvn.