CHAPITRE XXIX
Les prédictions réduites à trois faits palpables : parabole du Fils die Dieu qui en établit la liaison.
Et, à cause que la discussion des prédictions particulières, quoique en soi pleine de lumière, dépend de beaucoup de faits que tout le monde ne peut pas suivre également, Dieu en a choisi quelques-uns qu'il a rendus sensibles aux plus ignorants. Ces faits illustres, ces faits éclatants dont tout l'univers est témoin, sont les faits que j'ai tâché jusqu'ici de vous faire suivre ; c'est-à-dire la désolation du peuple juif et la conversion des gentils arrivées ensemble, et toutes deux précisément dans le même temps que l'Évangile a été prêché et que Jésus-Christ a paru.
Ces trois choses, unies dans l'ordre des temps, l'étaient
i. On ne dispute pas... que, oa ne conteste pas. « Disputer que » n'est pas resté dans la langue.
encore beaucoup davantage dans l'ordre des conseils de Dieu. Vous les avez vues marcher ensemble dans les anciennes prophéties ; mais Jésus-Christ, fidèle interprète des prophéties et des volontés de son Père, nous a encore mieux expliqué cette liaison dans son Évangile. Il le faitdansla parabole de la vigne ', si familière aux prophètes. Le père de famille avait planté cette vigne, c'est-à-dire la religion véritable fondée sur son alliance, et l'avait donnée à cultiver à des ouvriers, c'est-à-dire aux Juifs. Pour en recueillir les fruits, il envoie à diverses fois ses serviteurs, qui sont les prophètes. Ces ouvriers infidèles les font mourir. Sa bonté le porte à leur envoyer son propre Fils. Ils le traitent encore plus mal que les serviteurs. A la fin il leur ôte sa vigne, et la donne à d'autres ouvriers : il leur ôte la grâce de son alliance pour la donner aux gentils.
Ces trois choses devaient donc concourir ensemble : l'envoi du Fils de Dieu, la réprobation des Juifs et la vocation des gentils. Il ne faut plus de commentaire à la parabole que l'événement a interprétée.
Vous avez vu que les Juifs avouent que le royaume de Juda et l'état de leur république - a commencé à tomber dans les temps d'Hérode, et lorsque Jésus-Christ est venu au monde. Mais, si les altérations qu'ils faisaient à la loi de Dieu leur ont attiré une diminution si visible de leur puissance, leur dernière désolation, qui dure encore, devait être la punition d'un plus grand crime.
Ce crime est visiblement leur méconnaissance envers leur Messie^, qui venait les instruire et les affranchir. C'est aussi depuis ce temps qu'un joug de fer est sur leur tête ; et ils en seraient accablés si Dieu ne les réservait à servir un jour ce Messie qu'ils ont crucifié.
Voilà donc déjà un fait avéré et public; c'est la ruine totale de l'état du peuple juif dans le temps de Jésus-Christ. La conversion des gentils, qui devait arriver dans le même temps, n'est pas moins avérée. En même temps que l'ancien culte est détruit dans Jérusalem avec le temple, l'idolâtrie est attaquée de tous côtés ; et les peuples, qui depuis tant