‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 250 sur 339 · Couvrir, cacher · texte numérisé non relu

Couvrir, cacher

loi vient au-devant de l'Évangile ; la succession de Moïse et des patriarches ne fait qu'une même suite avec celle de Jésus-Christ : être attendu, venir, être reconnu par une postérité qui dure autant que le monde, c'est le caractère du Messie en qui nous croyons. « Jésus-Oirist est aujourd'hui, il était hier, et il est aux siècles des siècles* ».

Ainsi, outre l'avantage qu'a l'Église de Jésus-Christ d'être seule fondée sur des faits miraculeux et divins qu'on a écrits hautement et sans crainte d'être démenti dans le temps qu'ils sont arrivés, voici, en faveur de ceux qui n'ont pas vécu dans ces temps, un miracle toujours subsistant^ qui confirme la vérité de tous les autres : c'est la suite de la religion toujours victorieuse des erreurs qui ont tâché de la détruire. Vous y pouvez joindre encore une autre suite, et c'est la suite visible d'un continuel châtiment sur les Juifs, qui n'ont pas reçu le Christ promis à leurs pères.

Ils l'attendent néanmoins encore; et leur attente, toujoui's frustrée, fait une partie de leur supplice. Ils l'attendent, et font voir en l'attendant qu'il a toujours été attendu. Condamnés par leurs propres livres, ils assurent - la vérité de la religion ; ils en portent, pour ainsi dire, toute la suite écrite sur leur front ; d'un seul regard on voit ce qu'ils ont été, pourquoi ils sont comme on les voit, et à quoi ils sont réservés.

Ainsi quatre ou cinq faits authentiques et plus clairs que la lumière du soleil font voir notre religion aussi ancienne que le monde. Ils montrent par conséquent qu'elle n'a point d'autre auteur que celui qui a fondé l'univers, qui, tenant tout en sa main, a pu seul et commencer et conduire un dessein où tous les siècles sont compris.

Il ne faut donc plus s'étonner, comme on fait ordinairement, de ce que Dieu nous propose à croire tant de choses si dignes de lui, et tout ensemble si impénétrables à l'esprit humain; mais plutôt il faut s'étonner de ce que, ayant établi la foi sur une autorité si ferme et si manifeste, il reste encore dans le monde des aveugles et des incrédules.

Nos passions désordonnées, notre attachement à nos sens et notre orgueil indomptable en sont la cause. Nous aimons mieux tout risquer que de nous contraindre ; nous aimons

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