‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 298 sur 339 · Plat., de Rep., VIll · texte numérisé non relu

Plat., de Rep., VIll

qu'elles appelaient le grand roi * ou le roi par excellence ^, comme si elles se fussent déjà comptées pour sujettes; mais il n'était pas possible que l'ancien esprit de la Grèce ne se réveillât à la veille de tomber dans la servitude et entre les mains des Barbares. De petits rois grecs entreprirent de s'opposera ce grand roi, et de ruiner son empire. Avec une petite armée, mais nourrie dans la discipline que nous avons vue, Agésilas, roi de Lacédémone, fit trembler les Perses dans l'Asie-Mineure ^, et montra qu'on les pouvait abattre. Les seules divisions de la Grèce arrêtèrent ses conquêtes ; mais il arriva dans ces temps-ià que le jeune Cyrus, frère d'Artaxerxès, se révolta contre lui. Il avait dix mille Grecs dans ses troupes, qui seuls ne purent être rompus dans la déroute universelle de son armée. Il fut tué dans la bataille, et de la main d'Artaxerxès, à ce qu'on dit. Nos Grecs se trouvaient sans protecteur au milieu des Perses et aux environs de Babylone. Cependant Artaxerxès victorieux ne put ni les obliger à poser volontairement les armes, ni les y forcer. Ils conçurent le hardi dessein de traverser en corps d'armée tout soij empire pour retourner en leur pays, et ils en vinrent à bout. C'est la belle histoire qu'on trouve si bien racontée par Xénophon dans son livre de la Retraite des dix mille, ou de l'Expédition du jeune Cyrus. Toute la Grèce vit alors plus que jamais qu'elle nourrissait une milice invincible à laquelle tout devait céder, et que ses seules divisions la pouvaient soumettre à un ennemi trop faible pour lui résister quand elle serait unie. Philippe, roi de Macédoine, également habile et vaillant, ménagea si bien les avantages que lui donnait, contre tant de villes et de républiques divisées, un royaume petit à la vérité, mais uni et où la puis-, sance royale était absolue, qu'à la fin, moitié par adresse et moitié par force, il se rendit le plus puissant de la Grèce et obligea tous les Grecs à marcher sous ses étendards contre l'ennemi commun. Il fut tué dans ces conjonctures ; mais Alexandre, son fils, succéda à son royaume et à ses desseins.

Il trouva les Macédoniens non seulement aguerris, mais

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