Gen., m
notre délivrance future dès le jour de notre perte. Sous la ligure du serpent', dont le ramperaent tortueux était une vive image des dangereuses insinuations et des détours fallacieux de l'esprit malin, Dieu fait voir à Eve notre mère son ennemi vaincu, et lui montre cette semence Tjénite^ par laquelle son vainqueur devait avoir « la tète écrasée », c'està-dire devait voir son orgueil dompté et son empire abattu par toute la terre.
Cette semence bénite était Jésus-Christ fils d'une vierge, ce Jésus-Christ en qui seul Adam n'avait point péché, parce qu'il devait sortir d'Adam d'une manière divine, conçu non de l'homme, mais du Saint-Esprit. C'était donc par ce divin germe, ou par la femme qui le produirait, selon les diverses leçons de ce passage, que la perte du genre humain devait être réparée et la puissance ôtée au prince du monde, « qui ne trouve rien du sien en Jésus-Christ^ ».
Mais, avant que de nous donner le Sauveur, il fallait que le genre humain connût par une longue expérience le besoin qu'il avait d'un tel secours. L'homme fut donc laissé à luimême, ses inclinations se corrompirent, ses débordements allèrent à l'excès, et l'iniquité couvrit toute la face de la terre.
Alors Dieu médita une vengeance dont il voulut que le souvenir ne s'éteignît jamais parmi les hommes : c'est celle du déluge universel dont en effet la mémoire dure encore dans toutes les nations, aussi bien que celle des crimes qui l'ont attiré.
Que les hommes ne pensent plus que le monde va tout seul, et que ce qui a été sera toujours comme de lui-même. Dieu, qui a tout fait et par qui tout subsiste, va noyer tous les animaux avec tous les hommes, c'est-à-dire qu'il va détruire la plus belle partie de son ouvrage.
11 n'avait besoin que de lui-même pour détruire ce qu'il avait fait d'une parole; mais il trouve plus digne de lui de faire servir ses créatures d'instrument à sa vengeance, et il appelle les eaux pour ravager la terre couverte de crimes.
11 s'y trouva pourtant un homme juste. Dieu, avant que
■1. Gen., in, 14, 15.
2. On ne faisait pas, au XVII* siècle, comme de nos jours, de distinction entre S^/iie et bénite,