‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 1 sur 55 · RUE DF VAUGIRARD · texte numérisé non relu

RUE DF VAUGIRARD

m MOT SUR CE LIVRE

« Jacques-Bénigne Bossnel, évoque de JVleaux, membre (le rAcadémie française, le premier modèle que nous ayons eu d^uie éloquence égale et quelquefois supérieure à celle des plus célèbres orateurs de l'antiquité, était né à Dijon en 1G27; il mourut à Paris en 1704.

« Son Discours sur l'Histoire universelle est un chef-d'œuvr^î qui réunit tout à la fois ce que le génie a de plus sublime, la politique de plus profond, la morale de plus sage, le st^le de plus vigoureux et de plus brillant, l'aitde plus étonnant. Il n'est point d'ouvrage, chez les anciens, où le caractère d'une raison supérieure se fasse mieux sentir. Le sujet en est grand, le dessein vaste, le rapport des parties bien combiné, Texpression toujours proportionnée à la dignité de la matière.

« Malgré les difficultés qui se pressaient dans un discours dont le but est de développer le chaos des temps, de suivre pour ainsi dire pas à pas la marche de la sagesse divine, de rapprocher les événements pour en faire connaître les res-

sorls et le terme, de présenter enfin un tableau du genre humain dans sa naissance , dans ses erreurs , dans ses crimes, dans le progrès de ses lumières, dans sa législation, dans la réformalion de ses mœurs, dans les révolutions des empires, le génie de Bossuet est toujours égal au sujet qu'il embrasse, et embellit les objets que leur propre grandeur semblait mettre au-dessus de l'esprit de l'homme. Quelle rapidité dans la narration! Quel ordre dans la marche! Quelle étendue et quelle profondeur dans les vues! Quelle sagacité dans les réflexions ! Que la religion est respectable, lumineuse et consolante sous son pinceau! On dirait qu elle s'explique elle-même par sa plume. Semblable à ces vastes réservoirs destinés à entretenir de leur superflu les canaux qui en dépendent, l'éloquence de l'orateur historien répand une riche abondance sur toutes les matières qu'il traite ^ »

Sabatier de Castres.

1 « Ce discours, dit Voltaire (Siècle de Louis XIV ), n'a eu m nio- (l('le. ni iniit.iteurs. Son slyle n'a trouvt' (jue des ndniirîiteurs. On fut t'tonne de (elle force m;ijestuense dont il décrit les mœurs, le gouvrînement , raccroissement et la chute des grands empires , et de ces traits rapides d'une vérité cnergique dont il peint et dont il juge les nations. »

DISCOUKS

SKK

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