LES EPOQUES
tiré du monde, qui n'était pas digne de le posséder (av. J.-C. 3017); la distinction des enfants de Dieu d'avec les enfants des hommes, c'est-à-dire, de ceux qui vivaient selon l'esprit, d'avec ceux qui vivaient selon la chair; leur mélange et la corruption universelle du monde ; la ruine des hommes résolue par un juste jugement de Dieu; sa colère dénoncée aux pécheurs par son serviteur Noé (av. J.-C. 2468); leur impénitence, et leur endurcissement puni enfin par le déluge; Noé et sa famille réservés pour la réparation du genre humain (av. J.-C. 2348).
Voilà ce qui s'est passé en 1056 ans. Tel est le commencement de toutes les histoires, où se découvre la toutepuissance, la sagesse et la bonté de Dieu; l'innocence heureuse sous sa protection ; sa justice à venger les crimes, et en même temps sa patience à attendre la conversion des pécheurs ; la grandeur et la dignité de l'homme dans sa première institution; le génie du genre humain depuis qu'il fut coirompu; le naturel de la jalousie, et les causes secrètes des violences et des guerres, c'est à-dire, tous les fondements de la religion et de la moi'ale.
Avec le genre humain , Noé conserva les arts, tant ceux (]ui servaient de fondement à la vie humaine, et que les hommes savaient dès leur origine , que ceux qu'ils avaient inventés depuis. Ces premiers arts que les hommes apprirent d'abord , et apparemment de leur créateur, sont l'agriculture \ l'art pastoral '\ celui de se vêtir % et peut-être celui de se loger. Aussi ne voyons-nous pas le commencement de ces arts en Orient, vers les lieux d'oi^i le genre humain s'est répandu.
La tradition du déluge universel se trouve par toute la terre. L'arche, oi\ se sauvèrent les restes du genre humain, a été de tout temps célèbre en Orient, principalement dans les lieux où elle s'arrêta après le déluge. Plusieurs autres
* Gcn., I, 15 ; ni, \1, 18, V.)\ iv, 2, — 2l])i(l.; iv, 2. — -Ibid., m, 21.
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circonstances de cette fameuse histoire se trouvent marquées dans les annales et dans les traditions des anciens peuples ^ : les temps conviennent, et tout se rapporte, autant qu'on le pouvait esj)érer dans une antiquité si reculée.