CHAPITRE Xlir
La longue paix dont ils jouissent, par qui prédite.
En effet, tous leurs prophètes leur avoient promis une paix profonde. On lit encore avec joie la belle peinture que font Isaïe et Ézéchiel ',
Le titre du chapitre est ajoute dans la twisième édition. ' /5. XLi. II, 12, i3;XLiii. i8, 19; XLix, 18, 19, 20, 21; LU. I, 2,7; Liv, Lv, etc. ; LX. 1 5, 1 6 , etc. Ezech. xxxvi , xxxviii. 11, 12, i3, ,4.
des bienheureux teïllps qui dévoient suivre la captivité de Babylone. Toutes les ruines sont réparées, les villes et les bourgades sont magnifiquement rebâties, le peuple est innombrable, les ennemis sont à bas, Fabondance est dans les villes et dans la campagne ; on y voit la joie, le repos , et enfin tous les fruits d'une longue paix. Dieu promet de tenir son peuple dans une durable et parfaite tranquillité', fls en jouirent sous les rois de Perse. Tant que cet empire se soutint, les favorables décrets de Cyrus, qui en étoit le fondateur, assurèrent le repos des Juifs. Quoiqu'ils aient été menacés de leur dernière ruine sous jÉ^suérus, quel quil soit, Dieu, fléchi par leurs larmes, changea tout-à-coup le cœur du roi, et tira une vengeance éclatante d*Aman leur ennemi*. Hors de cette conjoncture, qui passa si vite, ils furent toujours sans crainte, instruits par leurs prophètes à obéir aux rois à qui Dieu les avoit soumis^, leur fidélité fut inviolable. Aussi fiirent-ils toujours doucement traités. A la faveur d'un tribut assez léger, qu'ils pay oient à leurs souverains, qui étoient plutôt leurs protecteurs que leurs maîtres, ils vivoient
* Jer. XLVi. 27. — * Esth, iv, v, vu, viii, ix. — ' Jer. xxvii. i 2 , 1 7 ; XL. 9. Bar. i. 11, 12.
selon leurs propres lois : ki puissance sacerdotale fut conservée en son entier : les pontifes conduisoient le peuple : le conseil public, établi premièrement par Moïse, avoit toute son autorité ; et ils exerçoient entre eux la puissance de vie et de mort, sans que personne se mêlât de leur conduite. Les rois lordonnoient ainsi ^ La ruine de Tempire des Perses ne changea point leurs affaires. Alexandre respecta leur temple , admira leurs prophéties, et augmenta leurs privilèges*. Ils eurent un peu^à souf&îr sous ses premiers successeurs. Ptolomée , fils de Lagus y surprit Jérusalem, et en enunena en Egypte ^ cent mille captifs^ : mais il cessa bientôt de les haïr*. Pour mieux dire, il ne les haït jamais : il ne vouloit que les ôter aux rois de Syrie , ses ennemis. En effet, il ne les eut pas plus tôt soumis , qu'il les fit citoyens d'Alexandrie , capitale de son royaume ; ou plutôt il leur confirma le droit qu'Alexandre, fondateur de cette viUe, leur y
' /. Esdr. VII. 25, 26. — » Joseph. Ant. lib. xi, cap, 8; et Ub. Il cont. Apion, n. 4- — ' Id. Ant. lib. xii, cap. i, a ; et lib. II cont. Apion.
Var. Lire: de les haïr; pour mieux dire qu'il les fit
citoyens, etc. Première édition : de les haïr. Lui-même les fit citoyens, etc.
avoit déjà donné ; et ne trouvant rien dans tout son État de plus fidèle que les Juifs, il en remplit ses armées, et leur confia ses places les plus ûnportantes. Si les Lagides les considérèrent, ils furent encore nûeux traités des Séleucides sous l'empire desquels ils vivoient. Séleucus Nicanor, chef de cette famille, les établit dans Antioche' ; et Ântiochus le Dieu, son petit-fils, les ayant fait recevoir dans toutes les villes de TAsie mineure, nous les avons vus se répandre dans toute la Grèce, y vivre selon leur loi, et y jouir des mêmes droits que les autres citoyens, comme ils faisoient dans Alexandrie et dans Antioche. Cependant leur loi est tournée en grec par les soins de Ptolomée Philadelphe, roi d'Egypte ^. Lareligionjudaïque estconnueparmi les Gentils; le temple de Jérusalem est enrichi par les dons des rois et des peuples; les Juifs vivent en paix et en liberté sous la puissance des rois de Syrie, et ils navoient guère goûté une telle tranquillité sous leurs propres rois.
' Joseph. Ant. Uh. xii, c. 3; et lih. ii cont. Apioo. — ' Id. Praef. Ant. et Uh. xii, c.2\et Uh. n cont. Apion.