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Une fois l’Institut formé, une fuis ce moyen d'instruction créé pour la jeunesse de Montréal, les hommes déjà mûris par la réflexion et l’étude, ou ceux qui s'étaient déjà acquis une position par un travail quelconque, sentirent l’àpropos d’encourager ces jeunes gens qui, d'eux-mêmes et par le simple désir du bién; du pétfectiongement individuel et
du progrès généräl, s’unissaient dans
une action commune pour se préparer à mieux étudier et approfondir les scien-
ces humaines. Grand nombre d’amis des lettres et de l’éducation s’empressèrent de faire des dons de livres à l’institution naissante, et après trois ou quatre ans, l’Institut possédait déjà, provenant des dons de ses amis, une bibliothéque de quinze cents volumes.
Une grande activité intellectuelle se manifesta de suite, et les séances étaient suivies par un nombreux auditoire de membres et d’amis qui s’intéressaient vivement au progrès de la nouvelle ussociation.
De la discussion habituelle des différentes questious politiques ou sociales, on passa à la lecture d’essais élaborés ave? soin dans le travail du cabinet, et l’on finit par organiser ces soirées littéraires si intéressantes potr les promoteurs et les amis dé l'institution, i où quelques esprits d'élite venaient de tempi à autre faire part au public qui les atait encouragés, du résultat de leurs tavaux. C’est à l’Institut Canadien qŸe revient l’honneur d’avoir inauguré, ns la population française de cette ville, les lectures publiques d’essais préparés en vue de ces fréquentes réunior de l'élite de notre société dpt nous avons tous pris part, réunioniqui offraient aux amis de l’Institut laipreuve tangible des résulta obtenus
Les simpathies du public étaient donc acqlises à l’Institut, l’encouragement qui lui donnait était cordial et permaner parce qu'on était journéllement ténbin d’un progrès manifeste chez ses nkmbres. Ses réunions étaient une école à l’on 's’habituait à penser, à
arler en jhblic, où l’on se formait aux uttes oratbres, aux discussions de da \
tribune ou du barreau. De plus cet exemple avait été suivi.
Québec, Trois-Rivières, St.-Hyacinthe, St.-Jean, St: Athanase, l'Industrie, Chambly; Sorel, Berthier, l'Assomption avaient vu se former des institittions ‘analogues à celle de: Montréal ; lémuiation du travail et de l’étude surgissait partout, et c'était à l’Institut Canadien que revenait la gluire d’avoir le premier montré la route de ce genre de progrès et donné l’exemple d’une association fondée dans ur but d’ense1gnement mutuel,
Tout semblait donc marcher à souhait pour la jeune institution quand, en ‘février 2850, un terrible malheur vint fondre sur elle. Un incendie dévora ses archives, sa bibliothèque, son ameublement ; en une nuit le travail et les dons accumulés. dé six années furent détruits ; elle se trouva complètement desorganisée dans un temps où Pavenir semblait ne lui réserver que des succès, et tout fut à ‘commencer.
Dans le premier moment, ce revers parut être un. désastre irréparable .
Cette bibliothèque, due en plus grande partie à la générosité publique, comment la recons'ituer ? Où aller frapper !
Une somme de 600 piastres, produit de Passurance, pour recommencer ! Cette ‘somme serait plus qu'absorbée pur les premiers frais d'installation ! De la bibliothèque, il restait 51 volumes, presque tous dépureillés, qui se trouvaient éntre les mains des membres lors de incendie. On avait tout perdu, jusqu'aux noms des membres,
Ce imulheur, quelque cruel qu'il fût, ne pouvait néanmoins jeter le découragement d’une manière permanente chez des hommes qui avaient adopté la devise: le travail triomphe de tout, car elle implique autant la persévérance que l'énergie.
:On'comprit bientôt, d’ailleurs, qu’a- ‘“vec:les syn.uthies: déjà acquises d’un public comme celui de Montréal, sym- ‘pathies qu’un revers si inattendu ne pou- ‘vait'que surexciter, rien n’étuit perdu.
On se remit: donc à l’œuvre avec courage, et dès le:17 décembre 1850, dix mois aprèsle désastre, on comptait déjà
700 volumies dans la bibliothèque, et'oti avait réuni, par souscription, uneisorn- !
me de £115 pour en aclieter d'autres. !:
En 1852, l’Institut comptait déjà 418 }!} membres et sa bibliothèque se Compo- 4 !
sait de 2,000 volumes dont près de 1,500 £: | provénaient des dons qui lui avaiént'été #1 , faits par ses amis. Denxens après le :
désastre, PInstitut se trouvait dans une ; meilleure situation qu'avant. at Le rapport annuel de 1853, porte la ; ; nombre des membres actifs à 500 et à }\| 2,100 le chiffre des volumes de la biblio- /! | thèque. | Celui de 1854, porte le chiffre des membres à 629 et celui de la bibliothè- | !
que à 3,400 volumes. S 1
L'association .avait acquis une si grande importance que l’on songea alors à acquérir une. propriété, afin de se dé- , barrasser de la churge d’un loyer annuel ct de se donner le luxe du chez soi. D'ailleurs l’acquisition d’une pro- | prigté donnait à l’association un curac- | tère de pe:manence:et de stabilité qui !} devait lui assurer la continuution’de |!
l’encouragement cordial que lui donnait | !
le public de Montréal, sinon l’augmen- |!
ter encore. Tes membres de l’Institut !!
souscrivirent au delà de mille louis poux ! à cette acquisition et nombre de citoyens !} de cette ville, qui n'étaient pas membres de l’Institut, mais qui svaient ape précier les avantages d’une pareille as- ?4 sociation, souscrivirent aussi dessommes | importantes. Après quelques démarches :” l'Institut devint, le 14 février. 1854, propriétaire de la maison où nous som- !
mes aujourd’hui. “%
En même temps que l’Institut faisait l'acquisition de cette propriété, il obtenait de la Législature un acte d’incorporation qui lui assurait l’existence légale et le reconnaissait comme. une : des associations régulières de l’état.
Au mois de décembre 1855 le nombre de ses membres actifs était de 664 et sa bibliothèque contenait environ | 4,000 volumés. Ainsi quatre ans seule- ‘ ment après un revers qui avait semblé être un désastre presqu’irréparable, l’Ins ?
titut se trouvait dans une situation'plus , florissante que jamais, s'était donné /} l'existence légale et la: propriété d’un,
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immeubie important ; avait montré quél! Remarquons bien-qu’il me:s’agit plus, degré de vitalité possèdent les institu- | pour des hommes qui sont lancés dans le tions dont’ l’émulation d’ûne jeunesse monde ; qui sont en pleine. jouissance tüudieuse est la base et le mobile, et sem- | de leur libre arbitre moral ; qui ont doblait être à l’abri de nouveaux revers;sauf) rénavant à étudier et à juger. par eux- ‘ceux pouvant provenir de divisions vent mêmes, de recevoir des impressions testines. Malhetreusement, il ne fut pus | systématisées d'avance, des idées tontés permanemment à l’abri de celles-ci. | faites élaborées pour eux par un profés- $ t | seur qui leur fait invariablement envi-
Vi sager toutes les questions possibles d’un
i * ; ] 1 int 4 Depuis les premiers jours de son exis- | seul et même point’ vue
lence, toutes les tendances de l’Institut | VH ‘avaient été essentiellement libérales.
Le programme du libéralisme modsrne | Que la tutelle du collège soit utile, était le sien. Ce programme se résumait | nécessaire même, ce n’est certes pas dans les mots : T'OLERANCE ET LIBERTE | moi qui. le nierai ! Mais il doit arriver DE PENSER. | uu temps où cette tutellé cesse de plein Jusqu’à 1857 ce programme fut suivi | droit ; où l’intelligence qui a été guidée sans réclamations de l’intérieur, sans|tant qu’elle ne pouvait pas marcher tentatives sérieuses d’intervention de|seule avec avantage pour elle-inême, l'extérieur. Il y eut bien, de loin en loin, | s’émancipe d’une sujétion morale qui quelques petites tentaiives réservées et | ne peut toujours durer! La temps de -pudiques, quelques petits moyens dé-|collége une fois passé, le système du tournés d'employés pour altérer ce pro-|collége doit fiuir! Ce qu’on nous montre gramme, mais ils n’eurent pas de résul-|au collége, ce n’est que le moyen ;de se tat. 1 . | former l'esprit ! On nous y indique la Il n’était encore venu à l’idée de per- | route à suivre, voilà tout ! Mais quand sonne dans l’Institut, de limiter le |un jeune homme sort du colléga; est-ce champ de l'étude, de circonscrire le do-|qu’il est instruit ? Non certes, il lui -maine de l’intelligence,d’essayer de baîl- | faut encore travailler dix ans pour se Jonner la pensée; et d’introduire —ncen-| mettre en état de devenir un homme sure des livres dans une association utile !
d’hommes indépendants et libres. Il vient un temps, d’aillieurs où Jusqu’à 1457 personne n’avait songé à | l’homme ne peut être sûr de discerner le s’effrayer des dangers que pouvaient faire | vrai par lui-même que s’il examine le courir à la société quelques innocentes | faux, l’erroné ! S’il doit rester éternellediscussions où le mauvais côté des ques-| ment en tutelle qu’on le dise ! Mais qui tions était presqu’invariablement soute- | ose le dire ? Personne, Or nous ne denu de manière à faire triompher les no-|vons pas permettre qu’on essaie de le tions saines et justes. faire sans le dire !
Comment veut-on d’ailleurs qu’ily ait! Le but fondamental d’une institution k: discussion sans l'examen du pour et du | comme la nôtre est de s’éclairer mutuelcontre ? Comment la vérité peut-elle res- | lement par l’examen et la discussion, plendir et triompher si l’erreur n’est pas | afin de mettre en commun, en quelque démontrée ? Comment distinguer tou-|sorte, le fonds général des connaissanjours l'erreur sans la mettre en juxtà | ces acquises. position avec la vérité ? Or que signifient les mots examen,”
Mais, dira-t-on, ne devait-on pas |‘ discussion ?? |: quelquefois exprimer des idéeserronées,| Que l’on étudiera une question d’un | anti-sociales même ? seul point de vue ? C'est-à-dire que L'on ÿ ….— Eh ! sans doute on les exprimait | parle d’un examen qui ne sera pas un \ pour qu’elles fussent combattues ! Est-ce | examen ; d’une discussion où tont -le :«@n examinant une question d’un seul| monde devra être d'accord avant de : côté qu'on l’approfondit ? Est-ce en|parler ? C’est ainsi que l’on veut que -égartant les objections qu’on les :r6-|l’esprit se forme !
è Que l’on dise donc de suite que l’on
ue PP
ne veut
pas qu’il se forme ! On aurait au moios le
mérite de la franchise !
! VIH
Eu 1855 une discussion assez vive avait eu lieu par suite de la proposition ui avait été fäité d’exclure certains journaux de notre salle de lecture. Lu majorité se prononça contre cette exclusion et la minorité céda.
Cet institut étant basé sur uiprincipe de tolérance, de bienveillance mutuelle ; la diversité de croyance religieuse n’étant. pas un obstacle à Padmission parmi nous#nous nous fussions clairement mis en côntradiction avec nous-mêmes si mous ‘avions banni certains journaux parce qu’ils ne représentaient pas les eroyances de la majorité.
Professant la toléranse civile et religieuse qui, quaiqu’on en dise, est devenue l’une des idées dominantes dusiècle; et qui nécessairement finira par faire disparaître cet esprit d’exclusivisme absolu contre les personnes qui domine encore certains esprits, l’Institut Canadien né.pouvait évidemment pas faire à ceux de ses membres qui professent les cultes dissidents linjure de rejeter tout journalqui ne fût pas exclusivement cathokique duns ses tendances.
-:Ou il ne faut pas admettre de protestants, où il faut leur montrer, une fais admis, la considération qu’ils méritent comme honnêtes gens.
-Reéspecter leurs idées, respecter leurs oroyunces, cé n’est pas les adopter !
Nous ne devons pas plus mépriser leur eulté que nous ne devons leur permettre de mépriser le nôtre. Nichezeux;nichez dos; il ne doit y avoir d’esprit de propagande ; et pour ma part je vois plus de vrai sentiment religieux chez cenx qui, professünt des principes différents, savent vivre‘en bonne hurmonie les uns avec les autres, que chez ceux qui déclarent guerre ou exelnsivisme impläcable à tous ceux qui ne pensent pascomme eux !. EL à sf ds
Quel mal peut nous faire, à nous, Bas- Canadiens, la proclamation ouverte, formelle, du principe de tolérance, dans une population mixte où noug sommes eu. minorité ? Quel mal ne pourra .pas
donner de:la force au-catholicisns; ent | | déclarant qu’il ne veut rien souffrir awt- !
tour de lui 3 Croit-on que c’est en : pro“
clamant l'intolérance comme base. de: ?{
rapports entre chacune des sections
d’nne société inixte que l’on assurera la : |
paix ét l’harmonie dans cette société!?
L'esprit religieux consiste-t-il à se déclarer les uns aux autres la guerre des idées ? N'est-ce pas ainsi que, dans tous les temps et dans tous les pays, on à
réussi à amener ces conflits terriblesqui ! !
ont ensanglanté l’Europe ?
TX
Dans un pays de population mixte, comment veut-on vivre en paix avec ses voisins si on proclame l’iñtolérance religieuse et l’exclusivisme absolu come me base nécessaire de lorganisation méme d’une société littéraire ?
Il y a des distinctions essentielles que tout homme sensé est tenu de faire entre telle organisation et telle autre.
Une association ayant pour but l’étude et l’enseignement mutuel ne comporte pas,de soi, l’exclusivisme religieux.
Dans toute population il ya des sociétés ayant un caractère plus: particulière ment politique, d’autres ayant un cûractère plus particulièrement littéraire, d’autres:enfin un caractère essentielle+ ment religieux.
Que l’on adopte dans eipe exclusif, cela se comprend, cela væ de soi ; mais qu’on veuille le faireadop-
littéraire, et surtout qu’on proclame anti-religieuse une association: littéraire
MENT, de lélément religieux, cela est d’une injustice flagrante et j’oserais me-
let. L Se LkxÉG Je n’entends pas le moins du monde une autre association rivale qui n’a pas cru devoir adopter le même ‘principe que nous ; elle est dans son droit en proclamant tel principe qu’ellé trouve
tablement dans:le nôtre en agissant dif> féremment ; et l’on commet une grave
nous faire, éventuellement, .la procla- | injustice envers nous en inféçant l'immation du principe contraire ? Croit-on piété, où même Pindifférentisme die
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eff pad meceérew à an | tr LLE let Lt (ner je fÆ !
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celles-ci le printer dans une association essentiellement :
dans laquelle on ne tait que se tenir en: | dehors, EN TANT QU’ASSOCIATION Sr :E> |
permettre d'ajouter, d’un absurde coms |
P faire l’ombre d’une réflexion, ici, contrée :
jaste; mais nous sommes aussi incontes-
neo mofrf Ju feux u Cuir p Evalsa d'y vo Lines 2 d< ha lL'éeoux de {