‹ Discours sur l'Institut canadien [microforme]Chapitre 8 sur 8 · D TL CE LEURS · texte numérisé non relu

D TL CE LEURS

profitent de ce qu’un préjugé a été soulevé dans une partie de uotre population pour l’exploiter à otitruncé.

C’est dans l’intérèt de la vérité qu’on nous culomnie ! 11 ‘ 1 A«XXVH

Ona voulu justifier la flagrante injustice d’une condamnation ex-parte par la respectabilité des membres qui se sout retirés,

Mais n’en restait-il donc aucune chez ceux qui restaient ? A-t-on rompt, den puis la scission, avec les membres de l’Tustitut, socialément ‘parlant ? Ont-ils cessé d’être admis duns le mouvement social, duus le mouvement politique ?

A=t-on cessé, d’uiler, comme chez les autres Citoyens, leur demander, leur part des œuvres de bienfaisance, des œuvres même de contribution au culte 1?

Est-il bien juste en soi, que là même main qui sollicite lenrs offrandes les anathématise ensuite ?

Cent-trente-huit:personnesse séparent d’une société qui comptait en tout en viron ‘00 membres : elles ‘ne, formaieut, donc qu'n cinquième de. son effectif, ENT AUE 2 i

Or ce cinquième emportait-il néceslairement avee lui toute la respectabilité, toute la rectittde d’intention, toute a capacité de réfléchir, de comprendre les questions de devoir et de droit que possédait le corps avant la scission ? Sur 700 individus, u’y avait-il que 138 intelligences, 138 cœurs droits et honnétes ? Les 500'et quelques membres qui avaient voulu couserver leur indépendance et leur libre-arbitre ; qui ne pen:

saient pas qu’à tout âge on dût rester soumis à la surveillance collégiale ; qui croyaient au contraire que des hommes lancés dacs le monde ou dans les carrières libérales, et qui ont une certaine latitude'd’action doivent aussi avoir une certaine latitude de lectwe et.de travail intellectuel ; ces ‘ing, cent. et qusaes membres étuient-ils seuls frappés d’incompétence ot d’aveuglement ?

A+ SRE amas one pm

PE Same ne à te lt Ph 3

ot

GE iReport he 07 © 2e pe

Sont-ils, dans. la vie ordin E moins

bons, citoyens que les autres ? Etaient- Er Alan les Louis sux lesquels

l'esprit de parti ou l’exagération des idées pussep£ avoir prise? se

KXVIIE

On nous reproche de l’exagération.

Mais n'est-ce pes un peu une exagération que d'affirmer avec persistance, avec opiniâtreté, que nous avons des livres immoraux , quand nous affirmons énergiquement le contraire ; et qu’après

avoir été mis en demeuré de le prouver,

oh'a Cru devoir s'abstenir ?

5 N'eat-ce pas un peu une exagération que de crier cela partout et de n’en pas avoir d'autre preuve.que notre refus .en A non pas de permettre l'examen, maïs

affirmer, AVANT EXAMEN, qu’il y eût de tels livres ? a a à

"N'est-ce pas un peu une exagération que de parler de l’Institut comme com- NPEB UE EURE Mémis qe

N’est:ce pas un peu une exagération que de or: ue nous sommes déjà renus dans la fosse commune ? ..

N'est-ce pas un peu une exagcration

‘que dé nous représenter comme enne-

mis de la religion et neutres entre toutes

. des mbrales, ce'qui équivaut à dire que ‘nous sommes tous gens sans principe: et:

sans aveu ?::.

. Mais qu’on nous aie donc, chez nous,

des exagérations qni approchent de celles-lä ! Nous a-t-on jamais vus èssayer de mettre au ban de l'opinion une association quelconque de citoyens !

Nous a-t-on vus faire de la persécution contré autrui ? Notre code n’est-il pas :

“ Tolérance envers les autres 2” Celui de nos adversaires n’est-1l pas : “ Intolerings envers, nous?” et beaucoup plus que cela, car enfin vis-à-vis de gous, il est aujourd’hui des gens qui se croient tout permis! Non seulement on nous calomhie, mais on regarde comme chose toute ‘simple, toute naturelle, toute permise, toute honorable méme, de véuir füire de lespionnage au milieu

Une dernière petite croisade s’est organisée, ces jours derniers, contre l’Institut. Comment s’y est-on pris ? É

Un jeune étranger à VlIustitut se

” glisse nn jour dans une de nos séances :

il s’y conduit avec une telle liberté d’allures que le président ne peut se permettre le soupçon qu’il ne soit pas membre ; il entend la lecturë d’un essai que personne, hors un esprit tout neuf où boiteux, ne pouvait prendre al sérieux ; qui d’un bout à l’autre n’était qu’une bizarre enfilade de phrases incohérentes, sans liaison comme sans portée, sans loique comme sans but défini. Tous les .«‘embres présents, sans exception, le jugent ainsi, et ne veulent pos, [ur Sela même, faire à l'essai l’honneur d’en arrêter la lecture, à titre de chose sérieuse ou dangereuse.

Néanmoins, comme il devient quelquefois nécessaire qu’un acte irréfléchi réçoive le blâme qu’il mérite, surtout quand on a eu l'intention de froisser les sentiments d’autrni, un membre propose ué l’auteur de l’essai soit censuré, car il avait produit sur l'auditoire l’impression qu’une idée de propagande religieuse se trouvait au fond de toute l'affaire. ’

Une objection d’ordre est soulevée contre la motion, fondée sur ce que l'Institut ne possédait pas le droit de censure sus les opinions individuelles || de ses membres. Rien AU:

Je déclare, comme président, qu’elle est dans l’ordre, vû que l’Institut possède, à tous les points de vue possibles, le droit de censure sur ses membres ; non pas sans doute dans ce qui est de pure opinion individuelle, mais relativement à l'expression officielle, au sein du corps, de certaines opinions exprimées duns un but de propagande, ou avéc lintention de froisser les sentiments des autres membres.

Cette circonstance, assez remarquable pourtant, et qu’on ne pouväit avoir oubliée vu que là-dessus avait roulé toute la discussion de la soirée, cette circonstance, dis-je, fait dominant de la séance, est passée sous silence pat le

dé noùs pour aller ensuite défigurer |jeune indiséret qui est cru de force à

“tout 66 que l'on. & vu !

jouer le rôle de censeur, et dès le lende-

2 Sp à À Von =. ms

nt de ut LOS © ets

main il s’en va rligieusement faire du grand style dans les journaux sur l’es- Ptit irréligieux d’un corps qui encourageail, a-t-il osé dire, dé pareilles lectu-

res, quand au contraire, le corps réprou-

vait énergiquement l’acte et se préparait à en empêcher le retour ! !

Eh bien, je le demande en toute confiance ; si un membre de cet Institut ullait assister à une séance d’un Institut rival pour être témoin de ses procédés et les défigurer ensuite avec passion sur les journaux ; n’en publier que ce qui pourrait préjuger le public et retrancher avec soin tout ce qui serait de nature à le satisfaire ; exagérer le mal et cacher Je bien, et se dire té119in pour calomuier avec plus d'effet ; nos adversaires, avec leurs habitudes de libéralité envers l'Institut, n’inféreraient-ils pas de suite, d’un fait si odieux et si lâche, que l’Institut Cunadien n’est pas une école de véracité ni d’honorabilité ?

Eh bien, retournons la médaille, C’est contre nous que cela s’est fait ! C’est nous qu’on est venu espionner pour aller nous calomnier ensuite ! Quelle en est la conséquence ? Ah bah, au’est-ce que cela fait, dit-on dans certains cercles, c’est l’Institut Canadien ! En tout et partout, à notre égard, avec certaines personnes, deux poids et deux mesures !

Mais ce n’est pas tout. À la séance

‘suivante, l’aflluence des membres est

considérable. Non seulement le président est approuvé et soutenu, mais tous les membre: qui prennent part à la discussion, même ceux. qu’on représente comme exagérés, expriment leur complète désapprobation de lessai qui fait le sujet du débat. On va plus loin.

On passe unanimement une résolution exprimant l’opinion que les mem:

bres devraient s’abstenir de soulever des discussious religieuses.

On remarque plusieurs étrangers à.la séance qui, eux, je dois le dire, ont su se conduire en hommes bien élevés.

Plusieurs de ces étrangers se déclarent parfaitement satisfaits de l'esprit qu’à manifesté l’Institut pendant cette séauce ! La chose est incontestablement répandue dans le public !

Eh bien, après cette séance là même, où l’Institut æ ‘prouvé clairement, péromptoirement, qu’il vouiait ermer, à ses membres le domaine de la discussion religieuse, on redouble d’injures à propos de ses tendances irréligieuses ! On rend le corps responsable d’un acte qu’i/ a blamé ! ! f

N’y a-t-il pas là parti pris de calomnier ? Où ést l’éxagération ici? Chez nous ou chez nos aggresseurs ?

XXXI pe

Messieurs, ce mauvais. vouloir : cette hostilité tantôt sourde tantôt ouverte ; ces aggressions que rien ne motive puisque nous n’attaquons persorne; ces faussetés réaffirmées dix fois malgré nos dénégations ‘énergiques ; ces combinuisons pour nous déconsidérér ; ces clametirs pour préjuger le public contre nous, n’empêchent pas pourtant l’Institut Canadien de, se maintenir, de prospérer même, et dé recevoir constamment des accessions. Cela .prouve, Messieurs, qu’ils ne faut qu’un peu d’énergie, de zèle et d’entente pour résister à des attaques qui ne sont pas soutenues par l’opinion publique.

On s’apperçoit, malgré tout ce déploiement de bonnes intentions, qu’au fond de tout ce bruit qui.se fait antour de nous; il existe ‘beaucoup d’intolérance, un peu d’esprit persécuteur ; un peu.trop de désir de régenter autrui,;: plus.de préjugé que de froide raison ; plus. d’aigreur que de sincérité ; plus de passion que de sagesse ; trop d’inimitié et pas assez d’indulgence ; trop dé colère et pas assez de charité. Beaucoup, de personnes ont compris qu'avec les moyens d'instruction que nous possédons,. que nous donne une. bibliothèque: qui se compose déjà de 5,500 volumes et d’une splendide collection de plus de 5,000 gravures d’art ou historiques, et qui, Je ne puis assez le répéter, ne contient pas de firrés immoraux ; que nous sommes enfin prêts à expurger si elle en contient ; beaucoup de personnes, dis-je, ont compris que ceux qui s’éloignent si fort de nous, dans un pays où lés moyens d'instruction sont encore rares êt difiles, ne font aprés tout de.mal qu’à. euxmêmes ! Plusieurs se sont convaincus

\UAQOBOORmr enr OT ER:

me:

® Dos

que ces grands cris contre notre biblio-

thèqne né sontenaient pas l'examen ;

et qué le parti pris de blâmer, de juger

sans entendre, de proscrire sans savoir,

faisait après tout autant de mal'à l’es-

ptit qh'au cœur.

és XXXI1

Et je me permettrai ici un rapprochement que je ne puis jamais faire sans surprise. Je m’applique ce que je vais dire qu’aux luiïques. Pourquoi tant de récriminations à propos de notre bibliothèque et tant d’admiration pour la bibliothèque proviacinle ? Pourquoi ceux qui nous attaquent avec si peu de mesure ne voient-ils jamais cette belle collection de livres sans s’extasier sur son importance, sur son utilité ? Il n’est pas un Canadien qui, en entrant dans notre bibliothèque législative ne se sente heureux de voir un pareil dépôt de livres dans le pays ! Il n’y a qu’une voix pour dire que la législature a fait là un grand et noble emploi des fonds publics, et que.cette magnifique collection, — maguifique au moins pour l’Amérique sinon pour l’Europe—témoigne hautement en faveur de ceux qui l’ont réunie !

Pourquoi donc tant d’éloges là et tant d’amertume ici? Pourquoi faire de Pobscurantisme ici et avoir honte d’en faire là Les gens même qui pousseraient le scrupule jusqu’à se rejetter en arrière dans la porte de notre bibliothèque font leurs délices de celle de Québec! Et pourtant si la notre mérite censure, ce que je nie, qu’elle plus énergique censure ne mérite pas celle du Parlement qui est assez complète en fait de philosophie, d'histoire ou de littérature ? Croit on qu’il soit possible de réunir 55,000 volumes sans s’écarter un peu, beaucoup même, du cercle infranchissable que l’on veut tracer autour de nous qui, au fond, n’en sommes sortis qu'aux yeux seulement de gens qui sont beaucoup plus exagérés dans leur sens que nous ne le sommes dans le nôtre ? Si on doit crier à l’immoralité de quelques ouvrages, ce n’est pas ici! Si on doit crier à l’esprit répréhensible, à certain point de vue, d’un nombre considérable d’autres auvrages, ce n’est pas ici ! Pourquoi donc être si sévères

ici et si conlant là bas ?

ce PT ’

Voyons, sérieusement, quel est le député qui oserait, de son siége en Chambre, le catalogne en main, proposer que la bibliothèque fût ezpurgée de l’Encyelopédie du: 18ème Siècle, de celle du 19ème, de l'Encyclopédie moderne, du dictionnaire de la conversation,— prisé très hant, dans tous les cas, par ceux-là mêmo qui crient contre nous, puisqu'ils l’ont acheté, — des œuvres philosophiques de Cousin, de Jouffroy, de Hégel, de La Mennais, de Locke, de Jules Simon ; dés leçons de géologie de Miller, de l’histoire de Paris de Dulaure, de l’histoire du Christianisme de de Potter, des admirables études historiques de Châteaubriand, du Jocelyn de Lamartine, ou des discours de Mirabeau ou de Victor Hugo? Quel ne sserait pas le rire inextinguible de.la Législature et du pays ? Eh bien ! un certain nombre de ces ouvrages ne se trouvent pas dans Ex bibliothèque de PInstitut ! Tls sont tous dans celle du Partement ! Et pourtant on admire là bas et l’on proscrit ici ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Estce là deux poids et deux mesures, oui ou non ?

Messieurs, ces rapprochements ont un effet sur les gens raisonnables, sur ceux qui sont désintéressés dans la question ; sur ceux qui sont plutôt influencés par leurs sympathies que par leurs préjugés ; sur ceux qui ne veulent pas mettre les bibliothèques sous le boisseau par crainte d’un danger imaginaire ; sur ceux qui croient au libre arbitre et à l’indépendance d’action des hommes faits !

Nous voyons tous les jours des citoyens de la plus haute respectabilité, qui ne sont pas membres de l’Institut, déplorer l’inimitié qu’on nous montre et la guerre imméritée qu’on nous fait ! :

D'ailleurs si, d’un côté, nous avons eu le regret de voir qu’on ne nous laisse pas même étudier tranquilles, nous avons eu, d’un antre côté, d’amples compensations dans les encouragements,

les énormes présents que nous avons !

dernièrement reçus d’un homme qui ne demandait évidemmeat pas mieux que de laisser plus d’une trace de ce genre sur son passage, et qui sont venus donner nne nouvelle infasion d'énergie, d'acte.

vité et de vie à notre Institut.

Profitañt de la présence en ce pays du premier membre d’une maisou régnante de France qui eût encore mis le pied sur le sol du Canada, nous avions cru, devoir saisir cette occasion pont exprimer les sentiments de cordialité, d’attachement, de sympathie inaltérable qui nous rattachent toujours à notre an< cienne mère-patrie, à un proche parent de son chef ar |

Nous ne faisions pas plus une visite personnelle au prince Napoléon qu’une manifestation de bon souvenir envers la grande nation dont nous perpétüons en Amérique la langue, les traditions et la littérature.

Avons-nous été cruellement attaqués per cette acte de haute convenance ?

’entendez-vous pas encore le tapage réactionnaire dont notre atmosphère était ébranlée ?

Perdant de vue le fait que Monseigueur le Céadjuteur de Québec, le métropolitain du pays, n’avait pas cru blesser-la religion, avilir son caractère, rqbaisser ses compatriotes à l'étranger et déshonorer son pays en offrant au Prince Napoléon une réception convenable et polie à l’Université-Laval, on nous a adressé tous ces mots foudroyants, toutes ces clameurs et tous ces reproches, et cela avec tant de, passion qu’on sem- “blait, en quelque sorte, se venger sur

nous d’un manque apparent d’entente | ailleurs.

“Aussi nous a-t-on représentés comme

nous étant placés de nous-mêmes au ban de-l’opinion |! comme ayant froissé :: Ja conscience publique dans ce qu’elle avait de plus cher ! comme faisant tache, en-in mot, sur l’honneur du pays ! oubliant toujours que chacune de ces récriminations faisait. ricochet quelque

rt!

PE un. mot, on a déployé toutes “les: ressources de la tactique ; on a fait --même de la plus savante stratégie, jus- | qu'à importer presque ! ! un général d'Europe ! !

À quoi tout cela a-t-il abouti ?

… À convaincre beaucoup de bons es-

prits que les vrais exagtrés, ce n’était

pas nous ! que les vrais ennemis de l’in-

dépendanéé d’actior ‘ehez'les citoyens, cé n’était pas nos ! du’enfin'ée n’était gas de nous que venaient les colères ét és prosériptions ! ‘7 : RENE

La ‘discussion sonlevée pär/nos 4g:

gresseurs a fini par reporter l’ééprit ‘de la population sur cette idée qu'après tout les membres de l’Institut étaient des citoyens toût aussi honorables dans leurs relations, tout aussi paisibies; tout aussi nationaux, tout aussi zélés pout les œuvres de' bienfaisance, tout’ aussi respectables dans leur vie privée que les autres ! DAIE

Et la dernière conséquence‘de cet acte qui a été si mal jugé et qui nous a valu tant d’injusticé, a été l'envoi: dés

lus magnifiques ‘présents ‘qu'aucüne institution du pays ait encore reçus/'dë l'étranger. LUE,

Nous avions non seulement fait acte dé convenance envers la F'iincé} minis le résultat démontre à tous les ésprits non préjugés que nous avons fait acte de courtoisie envers un homme gw£'Ze méritait persohnellement, etaujotrd'htti l'Institut doit à la reconnaissance coitime à la vérité de dire qué le prince Napoléon a été,et restera probablement, son plus grand bienfaiteur !

Et on me permettra d'ajouter que l’Institut ne devrait pas être lé ‘seul à lui savoir gré de sa muñificende ; mis que la jeunesse studiéuse dé Montréal, qu finira nécessairement par corprèh-

re que c’est à elle que l’on fait dû mal en l’empêchant de s’instriire ; que-c’ést ellé, qüe l’on amoindnt en lui férmiænt une source d'étude précieuse ;'! qu'elle ne gagne rien à refiser de jeter même la vue sur des ouvrages sciéñtifiques d’une immense valeur et qui ne‘sé trouvent qu'ici et dans notre bibliothëqte provinciale , — ét enévdre ‘avôns-Hôus nombre’d’oùvrages importants que'eelleci nè possède pas,—que la jeunessé studieuse de Mortréal, dis-je, dévrait être heureuse dé voir nos müigres bibliothèques prendre de l'importance, et devoir aussi notre ville s’enrichir des trésors de Pintelligente humaine. En é XXXVAI ;:; Ut Mt ri

Car,enfin nos petites difficultés fomentanées cisparaitront : la rie mn. COMmune applanira tout cela : certaines ri

PR BR ai OS ta ra, : *

D e0 0 LT CGCOœS—

œ © © LS

valités s’appaiseront :on commence un peu à rire en se prenant pour ennemis ; on s’apperçoit que forcément nous redevenons amis après nous être lancés des boulettes de mie de pain ; que personne ne reste blossé ; l’éloignement ne saurait donc êt'e permanent |

D'ailleurs, les hommes passent et les choses restent ! Nous passerons tous et notre bibliothèque restera, et s’enrichira toujours ! Le bienfait du Prince est une œuvre permanente, nos petites rancunes ne sont que transitoires ! Si nous ne nous entendons pas bientôt, eh bien nos successeurs le feront, et s’il est une chose certaine, à mon sens, c’est qu’on ne s’obstinera pas éternellement à refuser de toucher un bon livre parce qu’il aura été donné par le prince Napoléon.

Le bon sens finit toujours par avoir raison du prejugé. On accepte bien, par raison de pauvreté, le produit d’une renrésentation théâtrale ; pour quoi n’accepterions-nous pas, nous, la science, où au moins le moyen de; l’obtenir, des mains d’un homme distingué qui a compris ce qui nous manquait et nous a fait la générosité, très acceptable, de nous l’offrir ?

Jamais, à aucune époque, notre bibliothèque ne s’est enrichie comme elle l’a fait depuis quinze mois. Elle possède

tel qu’un besoin un peu pressant s'étant manifesté dernièrement, on a vu voir,

les généreuses souscriptions spontanément offertes, qu’un corps comme le notre n’est jamais pauvre, quand l’esprit d'union et de zeis règne parmi ses membres.

Malgré les difficultés incontestablement sérieuses que l’Institut a eues à combattre depuis -quelques années, il compte encôre environ 500 membres, et reçoit chaque mois de nouveaux renforts.

XXXVIN

Ce fait prouve Messieurs : Que la lutte nous maintient fermes et unis:

Que là persécution ne tue pas les idées :

Que l’intolérance peut longtemps encore gronder autour de nous :

Que tont en évitant soigneusement d’empièter jamais sur le domaine de qui que ce soit, nous savons néanmoins défendre l’intégrité du nôtre :

Qu'il ya une section importante de la population de cette ville qui tient à | faire triompher l'esprit de tolérance, la liberté de penser, d’étudier, de discuter | et de s’instruire ;et qui veut conserver un asile à l’inviolabilité de la raison hu- | maine : |

Que nous voulons conserver à notre | association le mêine degré d’énergie et

aujourd’hui des ouvrages d’une haute |de vitalité que par le passé : : valeur et pour les savants et pour les| Que nous pouvons sans crainte, aussi | à artistes, et pour les architectes et pour |longtemps que nous resterons fidèles à | # les, mécaniciens. Notre collection de |notre programme, aussi longtemps que } gravures n’est surpassée que par celle de [nous saurons respecter les sentiments, |

VE WW D % ep EP pe 1!

Le DEC 2 |

notre bibliothèque provinciale. Quand nous les aurons fait relier, nous posséderons plus de cent volumes de gravures valant environ dix louis en moyenne. lout ceci nous viént de Son Altesse Impériale le prince Napoléon. ;

Nous avons aussi reçu dernièrement une partie des envois que veut bien nous faire de temps à autre l’Institut de France. Une caisse reste encore à Paris.

Quant à l’état de nos affaires pécuuiaires, dont les membres peuvent voir les détails dans le rapport du trésorier, je ne surpreudrai personne sans doute en disant que nous sommes plus riches

en livres qu’én argent: Néanmoins je |

dois dire qne le zèle des membres est

les convictions et le droit d’autrui, que !

nous pouvons, dis-je, envisager sans | crainte les combats de l’avenir, s’il nou: | en tient en réserve :

Qu'’enfin l’idée grande et fécond: qui a présidé à la fondation de l’Institut reste tout à la fois nofte guide et notre but ; } et qu’aujourd’hui comme il y a dix-huit ans, forts de nos convictions et de nos!

principes, de notre union et de notre!

succès, nous pouvons continuer d’ins-| crire sur la bannière de l’Institut Capadien cette devise qui a fait sa force :

Page 1