CLX SUR L’IBIS
et leurs figures ne les expriment pas; mais j'ai beaucoup mieux à cet égard qu’un témoignage écrit ou qu’une image tracée. J’ai trouvé précisément les mêmes plumes dans l’une des momies de Saccara ; je les conserve précieusement comme étant à la fois un monument singulier d’antiquité, et une preuve péremptoire de-l'identité d’espèce. Ces plumes ayant une forme peu commune, et ne se trouvant, je crois, dans aucun autre courlis, ne laissent en effet aucune espèce de doute sur l'exactitude de mon opinion.
Je termine ce mémoire par l’exposé de ses résultats.
10. Le {antalus bis de Lainné doit rester en un genre séparé avec le {antalus loculator. Leur caractère sera rostrum læve , validum , arcuatum , apice utrinque emarginatumn.
20, Les autres {antalus des dernières éditions doivent former un genre àvec les courlis ordinaires : on peut leur donner le nom de numenius. Le caractère du genre sera rostrum teres, gracile, arcuatum , apice mnutico; pour le caractère spécial du sous-genre des ibis, il faudraajouter sw/co lateraliper totam longitudinemexarato.
30. L'zbes blanc des anciens n’est point l’ibis de Perrault et de Buffon, qui est un Zentalus, ni l'ibis d'Hasselquist, qui est un ardea , ni l'ibis de Maillet, qui est un vautour; mais c’est un oiseau du genre numenius, ou cours, du sous-genre és, qui n’avoit été décrit et figuré avant moi que par Bruce sous le nom d’abou-hannès. Je le nomme NuMENIUS 181, abus, capite et collo adulti nude, remigum apicibus, rostro et pedibus nigris, remigibus secundarts elongatis rugro-violacets.
4o. L'ibis noir des anciens est probablement l'oiseau que nous connoissons en Europe sous le nom de courtlis vert , ou le scolopax facinellus de Linné ; il appartient aussi au genre des cours et au sous-genre des 2bzs.
50. Le {antalus ibis de Linné, dans l’état actuel de la synonymie,
comprend quatre espèces de trois genres différens, savoir :
SUR L'IBIS. CLXE
10, Un tantalus ; l’ibis de Perrault et de Buffon.
20, Un ardea; l’ibrs d'Hasselquist.
30. et 40. Deux rwmenrius ; Vibis de Belon, et l’ox-bird de Shaw.
Qu'on juge par cet exemple et par tant d’autres, de l’état où se irouve encore cet ouvrage du systema naturæ , qu'il seroit si important de purger par degrés des erreurs dont il fourmille , et qu’on | semble en surcharger toujours davantage, en entassant sans choix et sans critique les espèces, les caractères et les synonymes.
La conclusion générale de tout ce travail est que l’ibis existe encore en Egypte comme au temps des Pharaons, et que c’est par la faute des naturalistes que l’on a pu croire pendant quelque temps que l’espèce en étoit perdue ou altérée dans ses formes.
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