‹ Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée législative de Québec vendredi, le 20 mai 1892 [microforme]Chapitre 1 sur 40 · Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée législative de Québec vendredi, le 20 mai 1892 [microforme] · texte numérisé non relu

Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée législative de Québec vendredi, le 20 mai 1892 [microforme]

En faisant la motion d'usag'e que la Chambre se forme en comité des subsides, il est nécessaire pour moi de vous soumettre un exposé de la situation financière de la Province.

Je dois dire, en commençant, M. l'Orateur, que j'apprécie hautement l'honneur que m'ont fait mes amis politiques en me confiant la position honorable et si pleine de responsabilité de Trésorier de la Province, et je prise plus encore l'estime et la confiance que m'ont témoignées ceux qui diffèrent d'opinions politiques avec moi, et ceux qui siègent du côté de l'opposition dans cette Chambre.

Je puis vous assurer que la tâche qui m'a été imposée d'examiner la situation financière de la Province et de vous l’exposer clairement, n’a pas été facile, mais, comme toujours dans les positions pénibles ou même déses-

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pérées, j'ai été encouragé par les offres d'aide et de secours qui m'ont été faites par nombré de personnes de ma Province natale, sans considération d'idées ou de préjugés politiques, inspirées qu'elles étaient seulement par des raisons patriotiques et solides pour la prospérité du pays.

J'ai accepté la responsabilité de la position de Trésorier et je me délivre moi-même d’une grande partie du fardeau qui m'a été imposé, en vous donnant le résultat de mon examen, tout en vous priant de me prêter votre cordial appui pour faire face à la situation. :

Mon prédécesseur (l'honorable M. Shehyn) disait le 12 avril 1887, en faisant son premier discours sur le Budget dans cette Chambre : ‘“ La tâche que je vais essayer de remplir présente de très graves difficultés, d’une nature multiple et délicate, et ce n’est pas sans hésitation que je l’entreprends.”

Combien cela est-il plus vrai pour moi aujourd’hui que ce ne l'était alors pour lui, c'est ce que démontreront facilement les tableaux et les chiffres que je vous donnerai plus tard.

Je suis entré en fonctions le 22 décembre 1891, après le renvoi de l'administration Mercier qui a eu lieu 12 17 décembre, à la suite des révélations de corruption scandaleuse au sujet des affaires connues sous le nom de : affaire du chemin de fer de la Baic des Chaleurs, affaire Langlais, et autres. Cette administration avait alors 48 représentants dans une Chambre de 18 députés. Le ministère auquel j'appartiens, décida de faire un appel au pays, qui eut lieu le 8 mars, et le résultat en est, que nous sommes appuyés par plus de partisans que n’en avait l’ancienne administration, ou par une majorité qui résout d'une manière indubitable les questions discutées lors des élections générales.

Il est évident que ces questions comprenaient: une administration éco: nome, patriotique et honnête, le rétablissement ce notre crédit, et la condamnation absolue et sans réserve de la corruption et de l'extravagance,

Je n'ai pas le temps de faire un discours politique. Le moment est sérieux et critique pour la Province, quoique, si nous n'adoptons que des mesurés pratiques, il n’y a non seulement pas de craintes, mais, au contraire, de radieuses espérances pour l'avenir.

Il est de mon devoir de vous dire franchement et honnêtement, sans considération de parti, où nous en sommes, et je ne recule pas devant ce devoir. |

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Plus tard, il me faudra, quelque blâme que je puisse m'attirer, proposer un remède à la situation, et ce sera alors à vous, membres de cette Législature, à examiner la position, et à me donner votre appui ou à me condamner.

Tout le monde sait que le gouvernement Mercier est arrivé au pouvoir, pratiquement parlant, le 17 janvier 1887, en promettant et en nous garantissant une administration économe et de prospérité générale pour le pays, inutile de le rappeler, et je n'aurai qu'à vous donner le résultat de cette administration pour prouver combien elle a été désastreuse.

Avant d'entrer dans les détails, je dois dire que pendant les élections, le 16 février dernier, j'ai fait à Montréal, au Windsor Hall, en ma qualité de Trésorier, un discours dans lequel j'ai donné plusieurs détails qu'on me

dispensera de répéter aujourd'hui. Tous les honorables députés en ont une

copie, Je vous demanderai cependant de ne pas perdre de vue trois points :

1. Notre année financière court du ler juillet au 30 juin de chaque année, et, quand je parle d’une année, cela signifie l’année qui finit le 30 juin.

2, Je prendrai les comptes publics tels que préparés par mon prédédécesseur et je vous donnerai les chiffres tels qu'ils y figurent.

Je n’admets pas sa classification des dépenses en ordinaires et spéciales, Cette dernière dénomination est absurde et dangereuse, et quelle que classification que l’on adopte, le public doit comprendre que nous devons pourvoir aux moyens nécessaires pour payer ou pour faire face à ce que nous promettons payer.

Si notre revenu ordinaire est insuffisant et que nous empruntions de l'argent, nous devons non-seulement rembourser le principal, mais payer aussi les intérêts, et tout cela doit provenir du produit de nos ressources et de notre revenu.

Les tableaux détaillés contenus dans mon discours du 16 février et tels qu’exposés das les comptes publics de chaque année, démontrent que cette expression de “ Dépenses spéciales ” était surtout employée par le Trésorier pour masquer des dépenses ordinaires et pour essayer de prouver un surplus de recettes ordinaires. Il comprenait aussi dans les recettes ordinaires les Fonds en fidéicommis et les montants considérables des dépôts en

garantie des compagnies de chemin de fer, que nous avons à rembourser maintenant.

À l'avenir cette expression de Dépenses spéciales disparaîtra.

3. Mon prédécesseur décline toute responsabilité pour les dépenses de 1887 et commence à nouvesu au ler juillet agec tout ce qu'il a demandé, et cé que nous appelons en anglais a clean slate.

Je crois, M. l'Orateur, que cette Chambre désire savoir où la Province en est et c'est pour cela que je vous dirai qu'elle sera notre position le 30 juin 1892,

Pour yÿ arriver, je dois vous faire un bref exposé historique, et pour éclairer la discussion, je diviserai mes remarques en cinq parties :

1. Les opérations de caisse du 1er juillet 1887 au 17 décembre 1891, et la position probable au 30 juin 1892, ou, en d'autres termes, comment mon prédecesseur a employé tout l'argent qu'il a reçu et quelle position il m'a laissée.

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