IMMIGRATION
Si nous voulons recueillir tous leg avantages que nous avons droit d'attendre, comme Province, de nos dépenses passées et futures, nous devons tâcher d'attirer l'immigration Parmi nous. Il feut à ce pays une Population pis dense, puis que nous aVOns, de même que les Etats Union américaine, Ï
ration de diverses partics
ger à venir s’étab ir sur nos terres incultes,
€ nos
gisements minéraux, ou À suivre les Carrières industrielles. (Ecoutez, écoutez.)
Comment l'Union Américaine s’est-e]l
e élevée. à la haute
position qu’elle oceupe aujourd'huit Plus pent-ètre que par tonte autre cause, ce fut grâce à l'esprit d'entreprise de ses citoyens, et surtout à l'encouragement que, de concert avec le ouvernement fédéral, ils surent accorder à l'immigration trangère pour l’attirer sur leurs rives. O'est que le peuple des Étate-Unis n’ignore point eombien il est important de venir en aide à la population industrieuse et ouvrière de l'Europe pour la décider à venir s'établir de ce eûté de l'Atlantique.
A moins que cas ne voulions rester en arrière de no8 sœurs-provinces, il ne faut pas perdre cet objet de vue. Nous devons user de tous les moyens légitimes que nous possédons pour attirer d'Europe le capital et la main d'œuvre qui nous manquent. Peu m'importe de quelle partie du continent
Européen nous viendra l'immigration ; mais plus elle comptera de gens industrieux, sobres, travailleurs, aceontumés aux occupations des champs, de la ferme, des manufactures, mieux nous nous en trouverons. Depuis bien des années, il n’y a eu aucun effort spécial pour introduire l'immigration dans le Bas-Canada. Le peu qui ait été fait dans ce sens par le dernier gouvernement canadien n’a guère été profitable
w’à la Province Supérieure. Les compagnies des bâtiments à vapeur et des chemins de fer ayant tout intérèt à transporter les immigrants, aussi loin dans l'ouest que possible, il s’en euivit que trèspeu restèrent ici. L'immigration se trouve sous le contrôle de la Puissanee aussi bien que des gouverner ments locaux; mais nous avons été un peu trop disposés à laisser les choses suivre leur eours, en un mot, à aider le gouvernement fédéral à ne rien faire.
L'octroi destiné à cette fin pendant les deux premières années de la confédération a été d’une extrème insignifiance. Les votes des deux dernières années de cette chambre ont été a respectables et plus en rapport avec l'importance de objet. C’est l’année dernière que nous avons le plus dépensé, et les résultats ont été aussi favorables qu’on pouvait raisonnablement s’y attendre. Je n’ai aucun doute que la circulation en Europe de renseignements précieux touchant les capacités et les ressources de notre Province ne donne de bons résultats, aussitôt que ces renseignements seront plus généralement répandus parmi le peuple. Déjà, depuis deux ans, il s’est établi dans la Province, grâce aux efforts de nos agents, quelque 4,500 personnes appartenant à diverses parties de l'Europe, et au moins 100 familles canadiennes nous sont revenues des Etats de l'Est pour se fixer ici définitivement, (Applaud.)
RC
Sd
dar LE re De à
"Ces résultats peuvent n'être pas bien considérables, mais comme commencement, après que nous étions restés si longtemps endormis sur cette question, ils ne sont pas à dédaigner, Le gouvernement de la Puissance, je suis heureux de le dire, a l'intention d’accorder de l’aide à chacune des Provinces, comme supplément à ce que les Provinces pourront faire respectivement elles-mêmes. Il se charge aussi d'élever des bâtiments convenables, à Québec et à Montréal, pour recevoir les immigrants, * leur arrivée. Ces bâtiments sont, me dit-on, sous contrat, et répondront, je l'espère, au but qu’on se ropose. J'ai tont espoir aussi que le nouveau ministre aux épartements d'agriculture et d'immigration à Ottawa, s’empressera de co-opérer avec les gouvernements locaux dans le but de former et de mettre en opération des agences de nature à produire des résaltats satisfaisants. Il a jusqu’à ce jour fait preuve d’activité à cet égard, et je ne doute pas qu’il ne se consacre entièrement à cette partie si importante de ses devoirs officiels. (AppL)
S'il était possible à une Législature d'accorder une aide pécuniaire en faveur de l'établissement de manufactures diverses et du développement de nos ressources minérales — or, je ne dis pas qu’il soit impossible de trouver quelque moyen de le faire avant longtemps—ce serait sans doute faire beaucoup pour retenir nos compatriotes dans le pays et pour provoquer la création de plusieurs établissements industriels qui plus tard seraient d’un grand prix pour la Province et y attireraient le capital étranger. Par Daien le gouvernement ne peut pas prêter son concours à toutes les entreprises qui se font dans le pays, il ne peut venir en aide qu’à celles anxquelles s'associent des capitalistes doués de l'esprit d’ivitiative, à des entreprises générales dans leur nature et dans leurs résultats. C’est ce qui a déjà été fait, autant qu’on aurait pu l’espérer, et jusqu'ici les efforts ont été eouronnés de succès.
Il ne faut pas, tont en favorisant les projets de chemins de fer, négliger et oublier la'nécessité d’onvrir des routes ordinaires qui permettent de pénétrer jusqu’au fond de nos terres incultes. Si l’on s’occupe de ces routes, de concert avec les sociétés de colonisation, si l’on y travaille avec elles, on ne contribuera pas peu à aider le pauvre colon à se faire un chez lui. Sinor +enons compte de tout ce que la province de Québec a fait et des efforts des autres provinces dans le même sens que nous-mêmes, ei nous examinons quel progrès la Puissance a fait l’année dernière avec son revenu de dixneuf millions de piastres nous ne devons certes pas désespérer
de notre avenir. Il est bien vrai que nous, citoyens de la province de Québec, nous avons moins de revenus qu'Ontario, moins de fonds dans notre trésor d'année en année, mais j'ose dire que, proportion gardée de nos moyens, nous avons plus travaillé à servir les intérêts de la Puissance par les dépenses que nous avons faites ou promis de faire dans notre Province
qu'aucune autre des Provinces de la Confédération. (Appl.)
Je me sens plus satisfait, M. le Prés'dent, des dépenses que nous avons faites en faveur de l'éducation populaire, des intérèts agricoles et des chemins de fer de colonisation que si, enjnégligeant ces divers objets d’une nécessité, je puis dire, indispensable, je pouvais montrer une balance restante an trésor quatre fois plus élevée qu’elle n’est aujourd'hui. Le temps m'interdit, M. le Président, d'entrer dans un examen approfondi de beauconp d'autres sujets importants. Je n'ai
robablement dit que bieu peu de chose de nouvean pour les [ons. Membres, et encore ce peu de chose, l’ai-je dit très imparfaitement. Je n’ai probablement donné que peu d'informations qui vai”’ont la peine qu’on s’en souvienne, J'ai voulu seulemen présenter sous une forme concise l’état de nos finances accompagné des remarques qui m'ont paru convenir à l'occasion, et f me reste à remercier les Hons. Membres de la bienveillante attention qu’ils ont prêt! * à ce que j'ai dit,
Nons nous trouvons, M. le Président, par la force des circonstances qni régissent la Puissance du Canada, rapidement entrainés danse les grandes responsabilités résultant de la position qu’elle prend comme inembre de la famille des nations. Jlya cent ans, l'Angleterre s’efforçaient de contraindre par la force des armes los colonies américaines à rester soumises au sceptre de la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, par une politique erronée, suivant moi, des hommes d'état placés à la tête de ses affaires, elle a passé à l’extrème contraire, et, loin de chercher à nous forcer de nous soumettre à l'autorité impériale, elle prend les moyens de nous faire sentir de plus en plus la nécessité de nous gouverner nous-mêmes, et de veiller aussi nous-mêmes à notre protection. (Ecoutez.)
Si la politique du gouvernement anglais d'aujourd'hui avait été de faire l'abandon d’une étendue de territoire aussi peuplé que l'étaient dans l’origine les 13 Etats de l’Union Américaine, au temps de la guerre de la révolution, il y a près d'un siècle, je dois dire que la conduite qu'il eût tenue aurait ressemblé jusqu'à un certain point à ce qu’a été la politique adoptée et suivie depuis quelque temps. Son langage peut se construire ainsi: En temps de paix, il faudra vous occuper de votre propre gouvernement, et VOUS tenir dorénavant prêts à con-
rar ons
tribner ponr vetre part À votre protectinn contre quiconque pourrait vous attaquer, Si toute autre nation vient À menacer vos libertés et votre territoire, alors l'Angleterre interviendra pour vous porter secours et protection, En attendant, il faut que vous vous prépariez graduellement à agir plutôt comme des alliés de l'Angleterre que comme des sujets dépendant entièrement d'elle.
Pendant plns de cent ans, on put, jour et nuit, l'été comme l'hiver, dans nos rues et sur divers points de notre citadelle, voir la sentinelle anglaise nonter la garde pour notre sécurité, se promener de long en large tout le temps que durait sa faction.—Anjourd'hui on l'a ôtée pour faire place À la senti nelle canadienne que nous donne le Gouvernement de la Puissance, Le canon qui tonnait chaque jour du haut de la citadelle pour rappeler à la population que le temps passait, et que l'Angleterre était là, prête à combattre pour nous, ce canon n'est plus chargé ni tiré par des soldats anglais, et les associations qui se sont de temps à autre groupées autour de nous, au signal de la citadelle, sont pour le moment violemment brisées et jetées aux vents, Les troupes de garnison dans cette vi le, naguère prêtes non-seulement À nous défendre et à no1s apporter, par ordre de l'autorité supérieure, leur concours dans toutes les occasions de têtes et de réjouissances, alors que leur présence pouvait amuser on instruire notre population, mais prêtes surtout à nous venir en aide à l'occusion Ces nombreux incendies dont cette cité fut le théâtre et qui menacèrent nos vies et nos proprié'és ; ces troupes nous ont dit adieu. Elles n'ont laissé par derrière que le bon souvenir des rapports qui ont existé entre elles et le penple, et quelques Gtendards militaires confiés à la garde fidèle d l'une de nos cathédrales comme mémento du soldat anglas stationné dans notre pays.
Mais devonsnons done pour cela nous laisser aller au déconragement et désespérer de notre avenir ? Devons-nous pour cela croire un instant que l'Angleterre, parce que la politique imprévoyante de ses hommes d’état nous a retiré ses troupes, a cessé de s'occuper de nons et ne 8e soucie nullement de notre avenir? Pas le moins du monde ; et telle est ma confiance dans le peuple anglais que s'il arrivait un jour que nous eussions besoin d'appui pour repousser un ennemi étranger, je suis convaincu que la nation se leverait comme un seul homme pour venir à notre secours, et prodiguerait, comme de l’eau, ses trésors et son sany, pour notre défense, (Appl.) Il n’est guère probable qre nous ayons jamais besoin d’un tel appui, mais, si cela arrivait, nous pou vous ê're certains qne cct appui, l'Angleterre nous
l'accordera avec autant d’empressement que jamais, aujourd'hui où plus tard,
Le monde vient de voir s'ouvrir une ère nouvelle dans l'histoire des peuples. Deux des plos grandes nations du globe viennent de référer certaines questions pendantes entre elles à la décision d’une commission conjointe ayant pouvoir de régler l'affaire, au moyen de concessions et Xe compromis réciproques, plutôt que d'en appeler comme antrefois à la décision de l'épée pour le redressement de griefs vrais on {maginaires. Je n’a done point la moindre crainte que nos cousins d'Amérique, au sud de la ligne 45—s'immiscent dans nos affaires. (Ecoutez.)
A mon avis, et sur une comparaison impartiale de l'état des choses au Canada et chez les nations les plus éclairées du globe, nous tro 1verons qu; sous le rapport d'une législation gago ot prudente, de l'administration de la Justice, de l'intégrité do nos juges, de nos législateurs et de nos hommes publics en général, des efforts faits en faveur de l'avance ment du pays dans toutes les branches d'instruction, de la liberté et dela pureté de la presse dans les efforts qu'elle fait pour répandre les connaissances par toute la Puissance et le monde, de la liberté dont jouissent toutes les croyances religieuses d'adorer Dieu snivant l'inspiration de leur conscience, de
exercice des franchises électorales ; en un mot, qu’au point de vue des diverses conditions de la vie publique, privée et sociale, nous ne le cédons dans cette puissance du danads à aucun peuple du monde.
Nous sommes encore jeunes, COMME peuple, et nos progrès sur bien des points suivront sans doute la marche du temps, de la fortune et des populations qui nous entourent. Si, en lisant
histoire, celle de notre pays, comme celle des autres nations, nous apprenons ce qu'il faut éviter et ce qu’il fant rechercher ce dont nous avons à nous garder et ce quo nous dev entourer de soins et encourager, alors tant mienx, dirai-je, tant mieux pour notre pays et pour ceux qui viendront après nous. En attendant, nous avons chacun nos devoirs à remplir, soit comme simples citoyens, soit comme occupant des positions publiques et investis par nos compatriotes de fonctions entrainant de grandes responsabilités. Sachons remplir fidèlement ces devoirs dans n08 positions respectives et 1108 rapports sociaux, et restons assurés qu'avec l’aide de la Divine Providence nous n'avons rien à craindre pour notre avenir et nos espérances, (Appl. prolongés.)
ne GE gp