Discours sur le budget prononcé
En venant aujourd’hui faire quelques observations sur l’état des finances de la Province, je regrette presque de m'être laissé persuader qu'il était de mon devoir d'exposer mes vues sur cette importente question,
Je comprends la gravité de la tâche que je me suis imposée, en venant à la suite des honorables députés qui ont déjà, dans bien des circonstances, traité cette question à fond.
Depuis que nous sommes entrés dans la voie des emprunts, de tous ceux qui s'occupent de la chose publique, les uns y ont vu un grand danger pour l’avenir de notre province, les autres ont voulu en vain combattre cette idée.
L'importante question de notre état financier a été si souvent le sujet de graves débats et dans cette chambre et dans la presse, qu'il est bien difBcile pour moi de ne pas suivre le sentier qui a été tracé par mes devanciers.
J'éprouve certainement un sentiment de crainte bien légitime à la pensée que je ne réussirai peut-être pas à communiquer à cette Chambre d'une manière claire et lucide ma véritable appréciation sur l'administration de nos atfaires publiques depuis quelques années.
Je sais fort bien aussi que le sujet que j'ai à traiter n’est pas, par sa nature meme, fait pour intéresser un auditoire quelconque, car ily a peu d'hommes qui aiment à écouter un discours dont rs base principale s'appuie sur les chif-
res.
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Il faut avouër y que, si ces discours manquéntau point de vue de la forme et de l'attrait, ils ont tout de même leur nécessité, N
J'ose espérer, monsieur l:Orateur,que cette Chambre atra tonte l'indulgence pour moi, non pas sous lé prétexte que les chiffres re sont pas dé m4 spécialité,
son attention. Pour cette.rai à croire qu’elle me pardon ment l’ennui que je pourrais
Pour moi, monsieur l’Orateur, jes drais qu'il fût en mon pouvoir d’éloigner de la discussion de cette importaute question tous sentiments et préjug’s politiques qui s’y rattachont pour ne l’envisager qu’à un point de vue politique.
Dans tous les cas, c'est mon désir bien arrêté d'éviter autant que possible de me servir d'un langage qui pourrait blesser les susceptibiiités de ceux qui ne pensent pas comme moi, et je ferai de mon mieux pour me placer sur un terrain qui n’est pas entièrement celui de la politique.
Je veux autant que possible examiner la question au mème point de vue que celui que j'adopterais si j'avais à examiner le bilan d'un déblteur qui s'adresserait à moi pour mettre ordre à ses affaires un peu embarrassées.
Je me rendrais compte de sa véritable position financière et je verrais si la ligne de conduite qu'il a suivie dans la gestion de ses affaires était en rapport avec les règles de la prudence et
ne men et rarement
de la sagesse que comporte toute bonne administration. Je tâcherais de décou-|
vrir surtout s'il a 1» vertu de l'économié qui est un poirt essentiel pourassurer le succès de toute entreprise.
C’est là la ligne de conduite "quefj'ai l'intention de suivre dans l'éxf#men que je vais faire sur notre étatfittancier.
S'il m'arrive de commettre gite erreur dans mes appréqjatinatelh sera plutôt dû aux renseignementguqué j'aurai pris, qu'à l'intention d'induiré cette Chambre en erreur. “
HE à R BTAT GENERAL DE LA SITUATIONIFINANCIÈRE DE LA PROYINOE
Personne ne ‘peut fiér'que depuis 1875 nous sommés engagés ‘dans ure voie excessivement diffio lé et dangereuse au point de vuë de nos ressources.
Nous avons contracté, à différentes reprises, des emprunts considérables pour la constrngtion de notre chemin de fer provip ial'eb,pour des subventions accordées d’autres lignes de chemins de fer Ces”eémprunts ont naturellement entrainé une augmentation dans nos frais d'administration et ont créé une some d'intérêt annuel qui nous onË poussé dans la voie des deéficits au-delà de ce que nos revenus ordinaires, tels qu'administrés, pouvaient combler.
ILeff. bien Vrai que toutes ces entreprises qui, en grande pere, ont été la cause de la position âcheuse dans laquelle nous nous trouvons,ont été faites dans l'intérêt publie, mais d’un autre côté, tout en aimettant l'utilité de ces opérations, avous-nous pris les moyens de faire face aux obligations qui eu ont été la suite.
Il est bien vrai que tout le monde admet que otre position est tendue et critique, l'honorable trésorier: l'admettait liu-même lors de ‘61 exposé sur le budget. Il était obligé de d: ciarer que la moindre perturbation dars nos finances nous ; longerait dans un abime d’où il serait difticile de s’en tirer. Cependant jusqu'à ce jour rien de serieux n’a été fait pour remédier à cet étar de choses.
La Chanbre ne m'accusera pas, d'exagtratiou, je l'espère, en parlant ainsi, ca: les conservaleurs eux-mêmes sont olligés de l’admettre,
D'a:l eurs, je n'ai qu’à m'oppuyer sur le: témoignages pubiics, pour démontrer que ce que j'avance porte le caget
‘de la véracité. En dehors du sentiment
néral qui s’est tant de fois manifesté,
J'ai pour moi le témoignage irrécusable
de M. l'ex-trésorier dans son discours de l’année dernière sur le budget ; l’honorable chef de l'opposition s’est exprimé dela même manière dans son admirable discours sur les finances lors de la dernière session. L'honorable M.
Robertson qui venait de laisser la position de trésorior jetait le même cri d'alarme.
Tout récemment encore, nous ayons entendu l'admission de M. le député de Yamaska, qui faisait connaître ses vues par le moyen d'une circulaire adressée à ses électeurs, et qui est devenue publique par sa publication dans les jourmaux. L'honorable M. Robertson luimême,lors de son discours à Sherbrooke devant ses électeurs, faïsait une peinture assez sérieuse de notre état financier.
Ce qui confirme davantage l'opinion émise par moi que la situation est critique, ce sont les démarches qui ont été faites auprès du gouvernement fédéral par nos ministres pour obtenir des better terms. La presse conservatrice ellemême, en appuyant la demande de nos ministres, a démontré assez clairement que saus un aide extérieur, il nous était impossible avec nos seuls revenus de faire face à toutes nos obligations.
11 faut,l’avoué franchement, notre position est tendue.
Nous n'avons plus notre chemin de fer sur lequel nous comptions pour dégrever notre dette et dont la vente devait faire cesser les déficits Depuis cette vente, nous avons fait un nouvel emprunt de $3,500,000 sur lequel il ne nous reste plus que quelques milliers de piaustres. Cet emprunt, qui devait éteindre notré dette flottante, ne sera pas suffisant et nous serons obligés d'avoir recours à un nouvel emprunt pour faire face à de nouvelles obligations, à moins qu’il ne nous arrive quelques nouvelles recettes, Les subsides accordés par le gouvernement fédéral ne seront pas suilisants pour combler notre déficit.
Voila, M. l'Orateur, quelle est d’une manière générale notre position dans le moment, mais pour rendre ma pensée plus intelligible à cette chambre, on voudra bien me permettre de l’établir par des états et des chiftres qui le démontreront bien plus clairement que les paroles,
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Lefmontant de la dette fondée de la province au 31 décembre 1883, d'après l’état fourni par l’hono-
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au-dessus de l'état fourni par honorable M.
Wurtele, 31 décembre 1882.