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A QUI LA RESPONSABILITE

Constatons d’abord que sur les dixsept ans bientôt que nous avons passés dans la confédération, les conservateurs ont été tout le temps au pruvoir, moins dix-huit mois; et que Tueucen 1874, nous avons eu des surplus. C'est de cette époque que datent nos malheurs ; et c'est à cette époque quo fut inaugurée la politique imprudente qui, nonseulement a englouti $1,523,222 de surplus accumulés, mais qui encore a créé une dette de plus de vingt millions, causé des déficits pour plus de deux millions, nous a impos annuel d’un million, à prendre eur le plus clair de nos revenus, et nous a mis en face &e la taxe directe dont le spectre nous a été montré l'autre jour.

M. de Poncherville ; ils sont donc responsabies au premier chef, et de la politique inaugurée à cette époque et des conséquences qu'elle a engendrées.

En ellet, entré dans le ministère de Boucherville, le 27 janvier 1876, M. Ross y est resté jusqu'au 2 mars 1878 ; et quant à M, Robertson, il fut appelé dès l’origine de ce gouvernement, le 22 septembre 1874 à en être le trésorier, et c’est Jui qui a négocié en 1874 le premier emprunt de la province, fait uniquement pour mettre cette politique à exécution, Dès lors les déficits commencérent et furent de $67,909, en 1874-75, de $14,3898 en 1875-76, et de $81,035 en 1%76-77. Lors du renvoi d'office de M. de Boucherville le chiftre en était porté à $685,514, c'est-à-dire au chiffre le plus élevé, à part celui de cette année.

Avant 1874 les dépenses étaient restées au-dessous de deux millions ; dès lors elles commencèrent à dépasser ce chiffre et en 1478, quand M. Ross cessa

un intérêt!d’être ministre, elles étaient déjà à

$2,711,#38, Et qu'on ne prétende pas eg C'était dû uniquement à l'intérêt

e la dette, car, outre que ce ne serait pas uue excuse, ce n’est .pas exact. En

Le parti conservateur a hésité avant | effei, ML le Boucherville prit les dépen-

d'accepter cette politique que lui soumettait l'honorable M.de Boucherville ;

ses $1,924,985 en 1874 et les laissa en 1878 à $2,711,388 ; ce qui accuse une

avec les meilleures intentions, j'en suis | augmentation de $786,853, or comme convaincu ; et avec une honnêteté de l'intérêt de 14 dette n'était alors que de

convictions que ses adversaires les plus acharnés se plaisent à lui reconnaître.

La Minerve, l'organe de M. Chapleau, dénonça cette politique comme dangereuse, mais la majorité l’accepta, quoique avec répugnance, et l'imoos: au pays. L'on se rappelle le pratér de l'honorable M. Joly , il fut ferme at {nergique, indiquait la taxe direct: « mme le résultat fatal de l’entreprise audacieuse que l’on fesait, mais il fut inutile : il fallait s’endetter et se donner des déficits. Voici les termes mêmes de ce protet que les honorables MM. Robertson et l'aillon ont repoussé :

# Dans l'opinion de cette chambre la politique du gouvernement, sur les chemins de fer doit inévitablement plonger la province dans les plus sérieuses dificultés, et avant longtemps elle conduira à la taxe directe et à la ruine de la province, ” (Journaux Ass. Lég. 75, p. 119).

Le premier ministre actuel, l'hon. M.

Ross et le trésorier actuel, l’hon. M.

Robertson, étaient alors collègues de

$482,661.92, il est constant que le ministère dont A. Ross faisait partie, avait augmenté les dépenses ordinaires de 8204,192 en trois ans et cinq mois.

Quant À M, Robertson, son dossier est encore moins favorable. Il a été trésorier de Ia Province du 25 octobre 1869 au mois de septembre 1874 ; et il pie les dépenses à $1,325,238 et les aissa, lors du scandale des Tanneries, à | $1,731,858, ce qui accuse une augmentation, en quatre ans et sans un centiu d'intérêt # payer, de $406,600. Quelques jours plus tard il rentra au Trésor et n’en sortit que le 20 juillet 1876. Il a donc contrôlé les finances de 1869 à 1876, c'est-à-dire pendant 7 ans. Or, uand il rcsigna, en 1876, les dépenses taient de $82,355,050 ou de $673,212 de plus qu’à son entrée au bureau du tré- 80r ; eb si vous retranchez de ce chiffre les $254,461 payees pour intérêt en 1»76, en exécution de la politique nouvelie et dont M. Robertson est directemeut responsable, il reste encore à sa charge uns augmentation de $368,751

sont donc reschef, et de la cette époque et le a engendrées.

le ministère de ier 1876, M. Ross mars 1878 ; et n, il fut appelé vernement, le 22 être le trésorier, ocié en 1874 le la province, fait re cette politique les déficits comde $67,909, en en 1875-76, et de Lors du renvoi herville le chiftre 14, c'est-à-dire au à part celui de

anses étaient resux millions ; dès ht à dépasser ce nd M. Ross cessa étaient déjà à ne prétende pas ment à l'intérêt que ce ne serait st .pas exact. En le prit les dépen- 4 et les laissa en > qui accuse une 6,853, or comme tait alors que de stunt que le miisait partie, avait es ordinaires de t cinq mois.

son, son dossier able. IL a été tré- > du 25 octobre mbre 1874 ; et il b1,325,238 et les des Tanneries, à se une augmentat sans un centiu $406,600. Quelrentra au Trésor juillet 1876. Il a ances de 1869 à ant 7 aus. Or, 76, les dépenses u de $63,212 de 1 bureau du tréhez de ce chiffre pour intérêt en la politique nou- ‘son est directeeste encore à sa

ion de $363,751

gun Œésai oéttifiaires et contréla-| Pourquoi n'ait-il pas résigné comme il les. l'avait solennellement promis ?.....

Si vons aïvntez À ces actes de mau-| Soyons de bon aompte ; et que j'hon. vaise adraivistration, et qui ne sont |M. Robertson porte la responsabilité de guère de nature à vous faire accepter | ce qui est arrivé; il est le principal comme sincère la dévotion subite de M,| coupable, c'est lui qui a dirigé les Robertson pour l'économie, le fait très | finances, pour son parti, presque tout grave qiil est un des inventeurs de la | le temps, et si où parti a 6t6 entrainé À

itiqes qui nous a doté des embarras | des excès et il ie lui doit largeinent ; et +de comprendrez facilement | ayant eu les profits et les honneurs,

8 nos demandait l'antre jour | avee les autres chefs, il doit les suivre

formes les yeux sur le passé 08 d'i-! dans la disgrace et subir avec eux la @grorer re ovapables. méme condamnation. Vouloir échapper,

Non #vaelement il est responsable de | dans les circonstances, à la responsaécite politique, mais il s’est engagé à |bilité de ce qui arrive, ce n’est de la s#'abordennér ef à la répudier dès qu'elle | part du Trésorier, ni digne, ni couratournerét mal Ecoutez ses protesta-|geux.

tions anticipées et les engagements! Durant tout ce temps là, monsieur, du'il a pris en 1875 : les hommes prudents, justement émus

“ Le tatal de la dette que cette poli- | des dangers que nous bravions fesaient dique va fire contracter à la province, entendre le cri d'alarme, et nous, les si tous les ohémins de fer sont cons-|libéraux, nous supplions les ministres truite, sera d'environ #iz millions en tout.| conservateurs de cesser ces extrava- Oomme je l'ai souven: déclaré, je ne | gances et de revenir à un régime plus eonsentirai pas à aller au-delà de ce | en rapport avec nos ressources.

Lx la province peut supporter... | Tous nos efforts ont éié vaius, toutes ous ne devéss pas, et pour ma part je |nos supplicutions ont été inutiles, et

ne veux ps; endosser une politique | on nous craitait de visionnaires, d'enneiobligera la législature de recourrir mis de la province ët de charlatans la taxe dirscte, pour rencontrer les | politiques.

dépenses du gouvernement, ou payer |

l'intérêt gur notre dette. Et bien que,

dans le moment, je mets ma popula-

rité persennelle en danger, je suis con-| En 1878 quand M. Joly se mit à l’œu-

vaincu q86 le peuple de cette province | vre, en homme de cœur et en patriote

admettre léentôt la prudenca de ce | dévoué, peur diminuer les dépenses et

que jo fais.” (Vide son discours de 1875 | prevenir la taxe directe qui nous mena-

p. 33) | çait, il fut traqué comme un criminel,

Voilà qui est bien clair : pas plus de dénoncé comme un ennemi public et TX MILMOMS D9 DAFTES ! 11 résignera s’il | colomnié par des gens que l'esprit de se trompe. } dépassons vingt mil-! parti aveuglait. lions et le Hâve homme est encore le! Le programme du gouvernement Joly trésorier de La province ! !! Et c'est fut mis devant le pays le 28 mars 1378 ; dans de telles oirconstances que le dé-|et en voici les principales parties : puté de Sherbrooke veut il faire de ceux | & La carrière de l’ancien gouvernequi ne son plus ici les bouc-émissaires | ment s’est rrouvée interrompue au mo-

LE NIEISTÈAE JOLY.

e tous les péchés du parti? De quel |meat où, pour retarder la banqueroute, droit vieat-il nous parler, avec cet air! ue son extravagance avait rendue inédo candeur qui le caractérise, des extra- | Vitable, il avait recours à la taxe lirecte, vagances des autres, des dépenses sans même essayer, de l'éviter au moyen excessives dont il n'est pas responsable ? | d'une sage économie ; loin de là les À l'entoure il a toujours été le tréso-; dépeuses du gouvernement augmenrier éeconermne par excellence, ot il laisse | taient régulièrement d'année en année, enprendre À son parti que, s’il l'eut tandis que notre principale source de deu, ks pays ne serait pas ruiné. Mais | revenu, les bois et forêts, s'épuisait. si tul ess le cas, pourquoi l’hon. député ‘“ Pour ge tirer d'embarras, les an-

‘ n'a-til pas dénoncé ses amis ; pourquoi | ciens ministres ont forcé la chambre à

estil resté avec e1x? Pourquoi a-t.il | passer une loi inconstitutionnelle, qui acce plé leurs faveurs et a-til toujours{avait pour but de priver une portion cherché à en recevoir de nouvelles Morrsidiae des citoyens de la province

Ge !2 protection des cours de justice ; ils ont voulu se substituer aux tribuvaux et s'ériger en juges, dans leur propre cause.

“Ne voulant pas réduire les dépenses, ils se sont trouvés dans la nécessité d'imposer des taxes directes. Leur loi de cette année que nous avons arrêtée à temps, n'était qu’un commencement :

elle ouvrait la porte aux taxes de tous genres qui, jusqu’à ce jour, sont heureusement demeurées inconnues aux habitants de notre province.

# Le huit mars courant nous. avons fait connaître notre programme à la chambre, en peu de mots. Je le répète encore ici dans les mêmes termes.

“Le nouveau cabinet déclare qu’il abandonnera le bill qui a pour but l’imposition de nouvelles taxes ; il se propose de faire face aux obligations de la

rovin£e, et d'exécuter les entreprises

l’accomplissement desquelles la toi publique est engagée, par un système d'économie et de retranchement qui exemptera le peuple de l'imposition de nouveaux fardeaux,

“Nos adversaires ne voyaient qu’un moyen de réparer les fautes qu'ils ont commises pendart leur longne administration: la Taxe pirecre. Nous voyons un autre moyen, qne nous sommes décidés à adopter: r'ECONOMIE.

C'est à la province à cloisir entre les deux.’

Et ce document, monsieur, portait la signature d’une homme qui est passé à travers, et est sorti comme un honnête homme,de nos luttes politiques, toujours si violentes, et qui souillent les plus belles réputations ÆEt aujourd'hui, com.

me toujours, après vingt ans de luttes et de revers politiques, il a la vénération de ses amis et le respect de ses adversaires comme récompense d'une vie honorable. ‘Tout le monde a deviné qu'il s’agit de l'honorable M. Joly, auteur de ce programme et digne chef du ministère qui a cherché loyalement à le mettre à exécution.

Ceux de mes collègues actuels qui étaient ici en 1878 se rappellent encore, j'en suis convaincu, les déclarations de feu M. Bachand, alors trésorier de ja Province, lorsque, épuisé par la maladie qui l'a enlové si tôt à ses amis et au pays, il disait ;

‘ Le gouvernement, en prenant la di.

rection des affaires, s’est engagé à remlir toutes les obligations légitimes de & province, au moyen d'un système

om

Church avait oublié de payer, il est cons-

d'économie et de retranchement, bien appliqué, et sans recourir à la taxe directe. La tâche du ministère est aussi difficile qu'importante, car. il s’est glissé des abus considérables dans l’administ'ation de la chose publique, et nous aurons beaucoup d'obstacles à renverser pour détruire ses abus et rémédier aux maux qui existent ?

En 1879, l'honorable M. Langelier, que les citoyens de Québec viennent d’honorer de nouveau de leur confiance, en l’élevant pour la seconde fois au poste important de premier magistrat de la capitale provinciale, répondant aux observations de l'honorable député de Sherbrooke, faites à l’occasion de l'exposé financier, disait :

# [Iln’y a pas lieu de parler de la nécessité d'imposer de nouvelles taxes comme le prétend l'honorable député de Sherbrooke ; avec de l’économie, de la sagesse et du soin dans l’administration des affaires de la province, nous pouvons espérer que dans un avenir très rapproché, l’état de nos finances nous permettra de mieux doter l'éducation et les institutions de bienfaisance, d’aider l’agriculture et la colonisation d’une manière efficace, et de développer les ressources de la province pour lui faire atteindre la position à laquelle elle a droit de prétendre dans la conf#dération:’?

Voilà quelle était la politique du ministère Joly. Cette politique accueillie avec faveur par le peuple de cette province, et sanctionnée par la majorité de cette chambre, fut repoussée par le conseil législatif à la demande de l’honorable M. Ross, Premier Ministre actuel, et finit par échouer complètement, grâce à la trahison de quelques individus, que l'opinion publique a déjà flétris, et que l’histoire mettra au nombre de ceux qui ont perdu tout droit à l’estime publique.

Malgré l'opposition la plus acharnée qui ait jamais été faite à un gouvenement, ie ministère Joly avait réussi à économiser, sur les dépenses ordinaires, une somme de $270,000, Le fait fut admis par l'honorable M. Church, dans le temps, lorsqu'il déclara que les dépenses générales do M. Joly aveient été moindres que les siennes de $30,000.

Or comme dans ces dépenses générales’ se trouvaient comprises $246,000 de plus que l’année précédente pour fonds d'amortissement et intérêts, que M.

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M. Langelier, bec viennent

ier magistrat e, répondant rable député l’occasion de

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tant que, malgré tout, les efforts patriotiques du député de Lotbinière furent couronnés de succès.

Toute la question était donc, à cette époque, comme aujourd’hui, de savoir si, en pratiquant la plus stricte économie, on pouvait gouverner sans imposer de nouvelles taxes. Alors les libéraux disaient oui et les conservateurs disaient non. C'était la ligne de démarcation entre les deux partis ; c’est inutile de le nier ; l’histoire est là pour le prouver,

Nous venons de voir quel était le programme Joly ; rappelons quelques paroles de M. Robertson pour prouver que le sien était la taxe directe.

# L'Honorable Trésorier peut amuser le public pendant quelque temps, en lui assurant qu’il va économiser, qu'il n'y aura pas de taxe, qu'il n’y a aucune nécessité pour cela, qu'il pourvoiera par quelques moyens mystérieux ou avec d’autres fonis aux dépenses indis-

pensables du pays. Mais ceci ne peut pas durer longtemps. (Hansard 79 p.

“ Si.nous trouvons, et je suis faché de dire que c'est le cas, que notre revenu n’est pas suffisant pour payer les intérêts et les dépenses nécessaires pour l’administration de nos affaires publi ques, alors nous devons nous appliquer sérieusement à augmenter notre revenu et à diminnuer nos dépenses. (do p. 259.)

“Je regrette profondément notre

présente position financière, mais la.

seule méthode honorable ‘et infaillible à suivre est de montrer au peuple de la province notre véritable situation et DE LUI DEMANDER DU SECOURS POUR L'AMELIORER, * (do p. 259.)

Voilà qui est bien clai:; l'économie ne suffisait pas à cette époque ; il fallait de nouvelles taxes. Æt aujourd'hui que nous payons $600,000 de plus pour l’intérêt de la dette et que tous les saiaires sont augmentés, l'honorable trésorier vient de nous annoncer qu'il adopte la politique qu’il a condamnée avec tant d'énergie en 1879,

La chambre peut elle croire à sa sincérité et lui accorder sa confiance, dans les circonstances ?

A tout évènement rappelons que si le gouvernement Joly a succombé à la tâche qu’il avait entreprise, c’est du, eu grande partie, à l'honorable M. Ross, qui, au conseil législatif, avec nne énergie digne d'une meilleure cause, rendit

iuutiles les efforts honnêtement faits par l'honorable M. Joly, pour sauver la province de la taxe dont elle était alors et dont elle est encore menacée,

L'HON. M. LÉTELLIER.

Permettez-moi, avant de passer à un autre sujet, de rendre hommage ici à la mémoire d’un homme qui est mort victime de son dévouement à la chose publique, et dont les sages nrévisions auraient sauvé la province des embarras actueis, si ses conseils eussent été suivis.

Le ler mars 1878, l'hon. M. Letellier écrivait à son premier ministre ce qui suit :

“ De temps à autre, depuis la dernière session de la législature, le lieutenantgouverneur à attiré l'attention du premier ministre sur plusieurs sujets se rapportant aux intérêts de la province de Québec, entre autres :

‘1. Sur les dépenses énormes occasionnées par des subsides très considérables à plusieurs chemins de fer, alors que la province était chargée de la construction de la grande voie ferrée de Québec à Ottawa, laquelle devait primer les autres ; et cela lorsque l’état de nos finances nous forçait a des emprunts disproportionnés avec nos revenus.

#2, Sur la nécessité de réduire les dépenses du gouvernement civil et de la législation, au lieu de recourir à des impôts nouveaux en vue d'éviter des | embarras financiers.

“ Le licutenant-gouverneur exprime aussi, quoique à regret, à M. le premier, | que les ordres passés en conseil pour

l'augmentation des salaires “es employés du service civil lui semblaient Inupportuns dans un temps le gouvernenent contractait à la banque de Montréal un emprunt d’un demi-million, avec la condition &e porter cet emprunt à $1,000,000 à un intérêt de 7 p. c.; et, de fait, aujourd’hui même (ler mars), le lieutenant-gouverneur est obligé de permettre qu’un ordre eu conseil soit passé pour procurer au gouvernement le demi-million ; sans quoi le gouvernement serait dans l’impossibilité de rencontrer ses obligatio”s, #imsi que me J’a fait “bserver aujourd’hui l’honcrabie :: :80 .er provincial par ordre du prenuer ministre.

‘Mansour !z pre rier ne fit point connaitre alcr:, ni depuis, au lieutenant-gouye:reur, que is gouvernement

était dans un état de pénurie qui nécessiterait une législation spéciale pour augmenter les impôts publics.

“C'est pourquoi le lieutenant-gouverneur à dit et répété ces choses au

remier ministre, et qu'il croit devoir es consigner ioi, afin qu'elles servent de mémoire pour lui-même et pour M.

le premier.’

Je ne rappelle pas ce document pour faire des récriminations contre l’hon.

M. de Boucherville et ses collègues, pour lesquels j'ai beaucoup de respect, mais uniquement pour permettre à chacun de nous de prendre loyalement sa part de responsabilité dans ce qui arrive.

M. Letellier a succombé sous la force des coups qui lui ont été portés ; et ceux quiont le plus contribué à le faire chasser de Spencer-Wood et qui ont provoqué sa mort prématurée, sont forcés aujourd'hui d'admettre que cet homme d'état distingué avait raison de dénoncer les dépenses extravagantes de cette époque.

Le parti libéral pleure encore ce grand citoyen ; mais leur douleur est quelque peu soulegée aujaurd’hui, à la pensée que ses adversaires reconnaissent la sagesse de ges vues, en adoptant sa politique, cinq ans plus tard. O grand patriote ! repose en paix dans ta tombe vénérée ; ta mémoire est vengée !!

MINISTÈRE OHAPLRAU.

On peut dire que c'est l'honorable M.

Ross qui a placé M. Chapleau au pouvoir, car sans le refus des subsides par le Conseil législatif, les députés de Brôme et de Gaspé ne se seraient pas donné le baiser de paix pour escaladér ie pouvoir, et leur fameuse motion de conciliation n'aurait pas vu le jour.

M. Ross donna donc le pouvoir à M.

Chapleau. La trahison engendre l'extravagance et les sucoès dus aux tratres coûtent toujours très cher. À peine M.

Chapleau était-il au pouvoir, avec son trésorier modèle, M. Rabertson, que le nombre des employés fut augmenté partout ; les salaires furent élevés, les dépenses devinrent alarmantes; et en trois ans de temps nous eûmes un million et demi de déficit, le chemin de fer fut vendu à vil prix et on emprunta sept millions pour payer toutes ces criminelles extravagances.

Dnrant tout ce temps là, nous pro-

testions, naus

demeandians à nos collègues, les députés, de mettre un terme à ce régime ruineux, de cesser d'emprunter, de renvoyer les employés incapables et ceux dont les servises n'étaient pas indispensables, ot de gouverner avec économie ; tout fut inutile : il y avait bombauce générale, le pays était en liesse et nous n'étians que des prophètes de mglheur, dignes tout au plus de la pitié publique, mais Indignes de diriger les affaires d'un pays aussi intelligent que le nétme.

Et M. Chapleau avait alors, comme collègues, l'honorable M. Ross, le premier ministre actuel, l'honorable M.

Robertson, le trésorier actuel l'honorable M. Lynch, le ministre des terres de la couroune actuel, et enfin, fhe {ast but not the least, l'honorable M. Flynn, le ministre des chemins de fer sctuel, Quatre sur six! oui, quatre des anciens administrateurs, quatre de cès hemmes habiles qui ne voyaient pas l'abfme dans lequel ils précipitaieñt le pays ; quatre de ces hommes prudents, qu' comrettaientdes extravagancss inaquies, et entassaient déficit sur défleit, dette sur dette, ruine sur ruine,

Enfin, quand M. Chapleau ext mis le comble à la mesure, quand # eut disposé de tout notre actif, il nes légua un million et demi de défirit et sent millions de dettes nouvalles, & part pour un autre champ plus vaste ai plus digne de son talent,

MINISTERR MOUSSBAU,

Alors Ottawa, toujours soûaioux de nos East nous envoya, dans sa sollicitude toute paternelle tauveur en la personne de M. ses Venant comme le Messie pour sauver laraël, et, cachant une gie iadomptable sous les apparences d'une grande bonhommie, il se mit à l'œuvre avec une prodigieuse activité. Pour mieux rétablir l'équilibre def nos finances, il augmenta tous les eslaires afin d’avoir le plaisir de les dèminuer plus tard ; pour rous prouvæ quil allait payer notre dette, À an fi une nouvelle ; et enfin, pour qu'il ‘y ent pas de doute sur ses intentions, il erée une commission qui devait diminuer les salaires que son créateur venait d'augmenter ; qui devait faire rapport ax bout de deux ou trois mois -* "ont }':; rapport est encore inrisble. prrèn quiuse mois; et qui ne (lai, nos

coûter que quelqnes conds:iui fe pis

dépaths ruineux, voyer les dont les ables, ot tout fu générale, n'étians r, dignes que, mais res d'un ne, , COMME y, 16 preable M.

4 l'honoes terres , the last {. Flynn, r actuel, anciens bemmes l'abtme le pays ; sats, qu inouies, it, dette

# mis Jo eut disms légua et sent “ partit p ai plus

di: Nous

tres, et qui a déjà englouti au-d.là de dix milles piastres.

Quand M. Mousseau eut tout gâté | par ses m:ladresses, tout compromis | par ses extravagances ; quand il ne lui restait plus de faute à commettre et “u’il se vit dans l'ir possibilité de rencontrer cette chambre qu'il avait tant trompée, et de brayer l'iidignation de ses amis, de la confiance desquels il | avait tant abusé, il se réfugia sur le | banc judiciaire, sous l’hermine dont la blancheur représente la pureté et| indique les grandes vertus.

Et aujourd'hui, «près que les ministres conservateurs. ont tout ruiné, tout épuis-; maintenant qu'ils sont forcés d'admettre que leur adininistration a tout compromis. ils viennent nous «4 :

mander à nous .de les aider, non pasa | sauver le pays mais à les maintenir au pouvoir. Vraiment, c’est le. comble de l’impudence, et ilest évident que ces messieurs ont perdu tout sentiment de dignité et de convenance.

On nous demande «d'écouter l’appel patriotique que faisait le tréscrier l'au:

tre jour. A mon tour je demanderai à!

mes adversaires s’ils ont jamais répondu | aux appels que je leur ai fuits en maintes et maintes circonstances ?

Le 2 juin 1830, je leur disais, dans | cette chembre, (Hansard p. 319):

“ Notre dette, à l'heure qu’il est, est de | quinze millions et l'intérêt et le fonds d'amortissement absorsent entièrement le «ubside fédéral. Les autres dépenses s'éleveut à $1,900,000 par année, Où allkime-nous prendre ces $1,9 0,006 ? Ne joudlicns pas, nous avons $2,5U00, UG0 4e revenus, qui ne senblent pas devoir sugmenter et nos dépenses s’é-| lèvent #4 2:2,,50,L00 : demain elles s'é-| lèveront à $3,000,000. Où allons-nous j'rendre les ressources peur couvrir le déficit ? Il est évident par ce simple coup d'œil que nous ne pouvons réussir à équilibrer notre budget avec les ressources que nous avons à l’heure qu’il est, Pour rétablir cet équilibre il taut diminuer les dépenses...

Voulez-vous savoir, Monsieur, comment ces puroles furent reçues par : norable M. Taillon ?

“ILne faut pas soulever le peuple, dit-il, et lui parler d'économie à propos de tout et a propos de rien... (Hansard 80, p. 354.,

Mes collègues, et mênie mes adversaires les plus acharnés en cette Chambre, me rendront le témoignage, j'ai assez de

confiance dans leur esprit de justice pour le croire, que j'ai lutté avec énergie, pendant toute la dernière session pour empêcher les extravagances de M. Mousseau et pr-venir les malheurs dont le pays. était de plus en plus menace. Ce n'est pas t:10p exiger de: mes alversaires, que: 4e leur demander d'admettre que je me suis imposé une tâche b en ingrate, que peu d'hommes auraient osé, entreprendre ; si le: vote de la chambre étaittoujours contre moi, ses symp :thies étaient quelque fois pour mni, er n’eussent été les promesses solennelles de: M. Moussénu: de. tout réparer durant la vacance, la. marwrité m'aurait donné raison dans plusieurs circonstances.

Et aujourd’hui cettechambre ne peut ne refuser cette justice ; aucune, des promesses:de la derniere: session : n’est remplie ; le ministère ; que j'Hcousais s'est avoué coupable ;, et le nouveau, celui qui vient encore pour nous sauver, uvec les mêmes hommes qui nous: ont; ruinés, avec les mêmes moyens qui ont tout periu dans le passé, admet quo j'ai eu raison avec mes amis de pousser le cri d'alarme, que la tempête annon-

| cée par notre vigilance est arrivée ; et

que le seul moyen de sauver le navire, c’est de jeter pardessus bori li moitié de l'équipage, afin de lailléger et de l'empêcher de sombrer.

: a chambre, eclairee par les événements, édifiée par la conduite du chef conservateur, sera t-elle maintenant moins aveugle sur leur conduite, et plus juste à mon égard.

Le temps le dira, mais quels que soient les d boires qui me sont destinés, je ferai la lutte énergiquement, restant dans mon rôle de chef de l'opposition, attendant les mesures du gouvernement pour les juger ; approuvant le bien, condannant le mal, et laissant aux ministres la responsabilité de la situation qu'ils ont cree.

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