‹ Discours sur le budjet [i.e. budget] [microforme]Chapitre 7 sur 14 · GOUVERNEMENT MOUSSEAU · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT MOUSSEAU

Heureusement que mon honorable ami le Premier-Ministre actuel est arrivé au milieu de nous. Il vient lui aussi pour resteurer nos finances, et afin de commencer pratiquement l’accomplissement de sa tâcne, ildemande à emprunter un nouveau demi-million et se propose d'augmenter les dépenses du service civil de 837,671, car il demande pour ce service $216,905, lorsque ce même item n’a coûté en 1882 que $179,234.

Et si l’on fait la comparaison pour les saluires seulement entre 1879 et 1883-84, nous trouvons que de $115.- 190 ils sont élevés par le nouveau ministère, le ministere d'économie, à $8169,300 ou de $54,115, c'est-à-dire qu’ils sont augmentés de 37 par cent.

C'est sans doute pour faire passer l’éponge sur cette étrange augmenta.

tion et se débarrasser d’une responsabilité qu’il n’ose pas assumer que le premier-ministre, qui cache, comme il l’a dit lui-même, une énergie indomptable sous les apparences d’une grande bonhommie,a fait instituer une commission du service civil qui va coûter une trentaine de miile piastres, et pour laq'elle oii ne voit rien dans les estiinés. Seul:ment on me permettra bien de demander pourquoi augmenter les crédits du service civil si on doit diminuer les employés et les dépenses ? Il me sembie qu'il n’y avait guère besoin de l'habileté de trois commissaires et de deux secrétaires pour distribuer ce surplus de $37,- 671 que l’on demande pour le service

LES DEFICITS

Il n'y à pas de doute que nous avons eu un déficit l’an dernier, que nous en aurons un plus grand cette année, et Que nous en aurons un autre plus grand l'an prochain.

Mais quel est et quel sera ce déficit, c'eat ici que les auteurss’embarrassent ;

scinduntur doctores, comme on disait autrefois, alors qu'il n'y avait pas de gouvernement responsable et pas de déficits. Ce déficit est comme la mort; il est certain, mais le chiffre en est incertain.Avouons que notre brave ami le Trésorier n’a pas été complaisar.t à cet égard, et qu’il ne nous a guère aidé à le découvrir. Il a été d'une discré tion admirable sous ce rapport.

Il a fait comme l’autruche qui se cache la tête et croit ne pas être vue .Le Trésorier a fourré son déficit dans un amas de chiffreset croit qu’il est devenu invisible.

Essayons de lui ravir ce secret et de . sonder les profondeurs de ce mystère.

Si nous nous égarons dans ce travail |

de recherches, nous ne serons pas plus mal au’aujourd’hui, car nous sommes déjà joliment égarés après l'exposé finuncier de l’autre soir.

Voici ce que nous disait l’autre soir l'honorable Trésorier :

‘6 Dans mon exposé budjétaire de l'an dernier, me fondant sur les recettes et les dépenses ordinaires des premiers dix mois, j'ai annoncé qu'il y aurait un surplus d’environ $100,000, dans l'exercice de 1881-82. Mes prévisions ont été plus que réalisées, car, comme vous le verrez par les comptes publics pour l’année financière expirée le 80 juin dernier, le surplus à atteint le chiffre de 3340,990.30.”

Le Trésorier croit-il cette chambre et le pays assez insensés pour accepter sans protester une affirmation aussi fausse, aussi contraire àzux chiffres fournis par lui-même? Ou bien, l’état délabré de nos finances l’aurait-il troublé au point de lui faire prendre pour surplus un déficit qui est visible même pour les moins éclairés ?

En effet, le trésorier a commencé l’année avec un encaisse de $535,777.- 71, et il l’a finie avec un encaisse de $379,172,78 ; c’est-à-dire qu’à la fin de

l'année {l avait en caisse 8156,804.98 de moins qu’au commencement Eten face de ces chiftres indiscutables, il vient nous affirmer avec l’aplomb d’un homme sûr de son fait qu’il a un surplus de $340,990.30. En Angleterre, un ministre de la Couronne qui serait assez habile pour travaitler les chiffres de cette manière, serait envoyé de suite en Turquie pour y restaurer les finances.

Mais ce n’est pas là tout le déficit.

Pour avoir le surplus exact des dépenses sur les recettes courantes, il faut faire la différence entre les recettes etles dépenses extraordinaires, ou imputables au compte du capital.

L'honorable Trésorier admet que si on retranche des recettes ordinaires les $554,000 payées par la cité de Montréal, le déficit de l'exercice 1881- 82 est de $213,156. Si vous ajoutez à ce chiffre les $111.000 du fonds d'amortissement non payé au service de la dette, mais nécessaire, vous avez un déficit de $324,156. Et cela quand les terres ont donné $800,000, c’est-àdire plus qu’elles n’ont jamais donné et $50,000 de plus que le Trésorier espère en recevoir durant le prochain exercice. Et c'est avec cet état de chose et en face de la brutalité de ces chiffres, accusant un déficit de $324,- 156, que notre digne trésorier veut nous imposer un surplus imaginaire de $340,990.

Celui-là est facile à découvrir.

La dépense ordinaire est estimée à $2,984,594, auxquelles il faut ajouter les $111,000 du fonds d’amortissement ; total $3,095,594.

La recette est estimée à $2,955,777.

Il faut déduire plusieurs sommes de ce montant de l'aveu même du Trésorier ; lo les $116,335 d'intérêts sur la vente du chemin qu’il admetène devoir pas être payées cette année. 20 les taxes directes sur les corporations pour lesquelles il ne recevra pas plus

Total :

Si « avez le le prés Dépen:

bl Recet!

bl

Je d ves, el

qu'il ne

les dép

504.98 Eten les, il b d’un n sureterre, serait hiffres yé de rer les

Jéficit .

>s déites, il

recet-

ajouter ortisse-

mes de Trésosur la : devoir +. 20 rations as plus

ST

que $25,000, car tout ce qu'il a reçu jusqu’à présent, c’est 811,845, les autres demandes éiant contestées, c’est donc $100,000 qu'il faut retrancher sous ce chef qri dans l'estimation des recettes est c.… $125,000 ; 30 Les collections de la dette du fonds d'emprunt municipal étant considérées comme capital, il faut retrancher les $100,000 montant placé sous ce titre. D'ailleurs tout ce qui a été perçu jusqu’à présent, durant l'exercice actuel, est de $7,448, ce qui nous donne la mesure des espérances que nous pouvons avoir pour les quatre mois qui restent. 4o La con tribution des municipalités au soutien des aliénés, est portée à 811,000, c'est $9,000 de plus que l’an dernier, et il n’y à aucune raison de croire que l'on recevra plus. C’est donc $9,000 qu'il faut encore déduire.

Voici le sommaire des sommes à retrancher : |

Page 1