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Discours sur les finances de la province de Québec [microforme]

FAIT À L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, AUX SÉANCES DU MARDI, DU JEUDI ET DU VENDREDI, LES 20, 22 ET 23 FÉVRIER 1883.

Monsieur l’Orateur,

J'ai consacré à l'étude de la question des finances de la province plusieurs heures d’un travail ardu et persévérant, tant j'étais convaincu de l'importance du sujet et désireux de connaître l’état de nos affaires dans toute sa vérité. En prenant part à l’intéressant débat que l’honorable trésorier a ouvert par son discours, si remarquable par la clarté de l'exposition, et que l'honorable député de St, Hyacinthe a continué par la critique, assez habile peut-être, mais assurément bien trop sévère et trop peu fondée, que nous venons d'entendre, je veux soumettre à la bienveillante considération de cette Chambre mes recherches, mes calculs, mes réflexions, mes appréciations du passé, mes opinions sur le présent, mes prévis'ons pour l’avenir. ÿ

Le discours de l’honorable chef de l'opposition est une attaque en ègle contre l'administration des finances de la province par les gouver-

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nements conservateurs qui se sont succédés au pouvoir depuis la confédération. Il m’incombe de faire justice de ces accusations, portées, sans fondement sérieux, contre ceux que la confiance de la Couronne et celle du corp; électoral ont maintenus à la direction de la chose publique avec tant d: constance. Notre collègue de St. Hyacinthe a remis en cause toute la politique conservatrice depuis bientôt seize longues années, afin ce <e Con'er la vaine satisfaction de proclamer qu'elle a eu, suivant lui, des resultats déplorables. J'ai la tâche, —et je la remplirai avec toute l'énergie dont je suis capable, bien que je regrette que l’on ne l'ait pas confiée à un autre qui s’en serait acquitté avec plus de succès, — de démentrer, ce qui est, je l'avoue, assez facile, tant les faits sont vrais et indéniables, que cette politique, que l’on persiste à condamner, a été heureuse, féconde, patriotique et nationale.

L'honorable chef de l'opposition ayant cru devoir embrasser dans sa critique la période financière de 1867 à 1884, je le suivrai avec plaisir, et je dirai avec empressement et avec courage, sur ce terrain où je trouverai de nombreux et d'irrésistibles moyens de défense. Nous avons terminé les premières années d’essai du régime fédéral. Il est donc à la fois très utile et très intéressant de se recueillir pour étudier cette première période du fonctionnement de l’ordre de choses fondé, on le sait, dans des circonstances bien difficiles. Il importe beaucoup, tout en faisant un examen sérieux, approfondi, minutieux même, des détails des opérations financières de notre province, de se faire une idée juste, une opin on vraie, de la nature, de l’objet et du but des résultats déjà obtenus, des conséquences certaines du grand mouvement de progrès auquel la haute pensée politique et les efforts des gouvernements et du parti conservateurs ont communiqué une si vigoureuse impulsion.

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