LES SUBVENTIONS AUX CHEMINS DE FER
La grande politique du parti conservateur en faveur de Ja construction des chemins de fera sans contredit été le plus puissant moyen du progrès matériel accompli par la province depuis l'établissement de la confédération. Les subventions totales votées aux chemins de fer, y comprise celle au chemin du nord, s'élèvent à une dizaiue de millions de piastres, presque tout le montant de la dette réelle de la province. Qu’avons-nous en retour de cette dette de dix millions de piastres, patriotiquement et courageusement contractée pour subventionner les voies ferrées ? Lorsque toutes les lignes subventionnées seront construites, nous aurons un nouveau réseau de chemins de fer de plus de
300 milles en longueur. Chaque mille de ce réseau, lorsqu'il sera complétement parachevé et pourvu de tout le matériel d'exploitation nécessaire pour un trafic se développant tous les ans, coûtera au moins $30,000. La construction de 1300 milles de chemin aura donc exigé la dépense, dans notre province, de capitaux au montant énorme de 39 à 40 millions de piastres. Le trésor provincial n'aura, en fin de compte, contribué que 10 millions sur ce total d’une quarantaine de millions, c'est-à-dire vingt cinq pour cent. La moyenne de la subvention provinciale à ce réseau de 1300 milles de chemins de fer n’est que de $7,692 le mille. Ce n'est pas là une contribution trop considérable pour l'immense source de richesse que l’on a assurée à la province en la dotant de toutes ces magnifiques voies de communication qui donnent partout une si forte impulsion à l’activité nationale.
Cette Chambre a décidé, l’année dernière, de continuer cette sage et vigoureuse politique des chemins de fer, en votant des concessions de terres d'une étendue totale de 5,829,000 acres à plusieurs compagnies. À part le chemin du lac St-Jean, long de 170 milles, auquel une concession de 5,000 ucres par mille a été votée, le nouveau réseau dont la loi de la session dernière favorisera la construction, aura, une fois terminé, une longueur de 758 milles. Quand cette politique si nationale aura eu son entier développement et sa complète exécution, la province de Québec sera sillonnée en tous sens par plus de deux mille milles de
chemins de fer construits depuis la confédération. Toutes les parties de la province recueilleront les fruits abondants de cetté grande œuvre de progrè; matériel. Quel homme raisonnable voudrait nier que, lorsque l’on aura parachevé ces voies ferrées qui couvriront la rive sud du fleuve St-Laurent, depuis l’extrémité ouest de la province jusqu’à l’est de la Gaspésie, et qui, sur la rive nord, pénètre. ront jusqu’au fameux lac St. Jean et jusque dans les profondeurs des vallées des tributaires de la rivière des Outaouais, pour bifurquer, à un point donné de leur parcours, vers les vastes régions du Nord-Ouest, quel homme raisonnable, dis-je, voudrait nier que nous aurons réalisé un immense progrès, qui sera le moyen puissant de nouveaux et de plus grands développements ! Dans l'application de cette politique progressive, pas une partie de la province n’a été négligée.* La sollicitude des gouvernements conservateurs et des législatures qui les ont honoré de leur confiance, s’est étendue à toutes et les avantages qui en découleront seront ain$i partagés avec justice.