‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 17 sur 26 · I.a 'partie du nivnge de l’Adriatique comprise entre les · texte numérisé non relu

I.a 'partie du nivnge de l’Adriatique comprise entre les

chargé par le gouvernement d’examiner les remèdes que l’on pourrait appliquer aux dévasia-

exlrémités méridionales du lac ou des lagunes de Comacchio et des lagunes de Venise , a subi , depuis les temps antiques, des changemens considérables , attestés par les témoignages des auteurs les pius dignes de foi, et que l’état actuel du sol , dans les pays situés près de ce rivage , ne permet pas de révoquer en doute ; mais il est impossible de donner, sur les progrès successifs de ces changemens, des détails exacts, et surtout des mesures précises pour des époques antérieures au douzième siècle de notre ère.

On est cependant assuré que la ville üeHatria, actuel lement Adria, était autrefois sur les bords de la mer \ et voilà un point fixe et connu du rivage primitif, dont la plus courte distance au rivage actuel , pris à rembouchure de l’Adige , est de vingt-cinq mille mètres (*).Lcs habiinns de cette ville ont , sur son antiquité , des prétentions exagérées en bien des points ; mais on ne peut nier qu’elle ne soit une des plus anciennes de l’Italie : elle a donné son nom à la- mer qui baigna ses murs. On a reconnu , par quelques fouilles faites dans son intérieur et dans ses environs , l’existence d’unè couche de terre , parsemée de

(*) On verra bientôt que la pointe (tu promontoire d’alluvionsi formeie par le Pô, est plus avanriie dans la merde dix mille mètres environ que l'emboucbure de l’Adigc.

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lions qu'occasionent les enies du Pô, il a constaté que cette rivière, depuis l’époque où on

débris de poteries élrusi|nes , sans iiicinnge d’aiicmi niivrage de fahiirpie roinaiiie : rétniMjiie et le rorn.iin se (ruiiveiit mêlés dans une coiiclie snpéi iciire , sur laipielle 011 a découvert les vesiigci d’un lliénire; ruiic cl l’aulie couches sont fort abaissées nu dessous du sol actuel, et j’.ii vu a Adria des collections curieuses , où les inonuniens qu’elles renrerment sont classés et séparés. Le prince viceroi, à qui je fis observer, il y a quel |iies années, combien il serait intéressant pour l'Iiistoire et la géologie de s’occuper en grand du travail des fouilles d’Adria, et de déterminer les hauteurs par rapport à la mer, tant du sol primitif que des couches successives d’alluvions , goûta fort mes idées à cet égard ; j’ignore si mes propositions ont eu quelque suite.

En suivant le rivage, à partir ù'Hatria, qui était située dans le fond d’un petit golfe , on trouvait au sud un rameau de WJthesis (l’Adige), et les Fosses Philistincs , dont la trace répoml à celle que pourraient avoir le Miuco et le Tartaro réunis, si le Pô coulait encore nu sud de Ferrare^piiis venait le qui paraît avoir

occupé la place où se trouve le laç ou la lagune de Cornac chio. Ce Delta était traversé par sept bouches de \'Eridanuv , autrement Fadis, Padus ou Podincus , qui avait sur sa rive gauche, au poiiitde diramntion de ces bouches, la ville de Triijopolis, dont la [ osilion doit élre peu éloi*

l’a enfermée de digues, a lellement élevé son fond, que la surface de ses eaux est maintenant

gnéc de celle de Ferrare. Sept lacs renrpi niés dans le Delta prenait le nom de Seplem Maria , et Ilatria est quelquefois appelée 11 ris Septem AJarium.

En remontant le rivage du côté du nord, à partir d’//a> tria, on trouvait l’embouchure principale de Y Mhesis, appelée aussi Fossa Philisliiial, puis YÆstuarium AUini , mer intérieure, séparée de la grande par une ligne d’ilots, au milieu de laquelle se trouvait un petit archipel d’autres îlots , appelé JUaltum ; c’est sur ce petit archipel qu’est maintenant située Venise : YÆstuarium Allini est la lagune de Venise qui ne communique plus avec la mer que par cinq passes, les îlots ayant été réunis pour former une digue continue.

A l’est des lagunes et au nord de la ville A' Esta se trouvent les monts formant, au milieu d’une vaste

plaine d’allinions, un groupe isolé et remarquable de pitons, dans les environs dinpielon place le lieu de la fameuse chute de Pliaéton. QneUpies auteurs prétendent que des masses énormes de matières enflammées , lancées par des explosions volcani jues dans les bouches de l’Èridan , ont donné lieu h cette fable. Tl est bien vrai qu’on lrou\e aux environs de Padoue et de Vf rone beaucoup de produits que phisionrs croient volcaniques. '

Les icn eigtirinens (pie j'ai recueillis sur le gisement de la cétc de l'Adiialiqnc aux bouches du Pô , comnn nernt

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plus haute que les toits des maisons de Ferj'are ; eu même temps ses àtterrissemens ont avancé

au douzième siècle à avoir quelque précision : à celle époque toutesleseaux du Pô coulaient au sud deFerrare dans le P6 di f^olano et le Pô di Primaro, dirainalioiis qui eiiibrassaieot l’espace occupé par la latjtmc de Comacchio, Les deux bouches dans lesquelles le l'ù a ensuite fait une irruption au nord de Ferrnre, se iioiuuiaient, l’une, fiume di Corlola, ou di Longola, ou del Mazorno; l’autre, fume Toi. La première, qui était la plus septentrionale, recevait près de la mer le Tartaro ou canal Pianco; la seconde était grossie à Ariano par une dérivation du Pô, appelée fume Goto.

Le rivage de la mer était dirigé sensiblement du sud au nord , à une distance de dix ou onze mille mètres du méridien d’Âdria ; il passait au point où se trouve maintenant l’angle occidental de l’enceinte de la Mesotu ; et Lorca, au nord delà Mcsola, n’en était distant que d’environ deux cents mètres.

Vers le milieu du douzième siècle les grandes eaux du Pô passèrent au travers des digues qui les soutenaient du côté de leur rive gauclie , près de la petite ville de Fiai- Tolo , située à dix-neuf mille mètres au nord ouest de Ferrare, SC répandirent dans la partie septentrionale du territoire de Fcrrare et dans la l’olèsinc de Rovigo , et coulèrent dans les deux canaux ci dessus mentionnés de Mazorno et de Toi. H parait bien constaté que le travail des

dans la mer avec tant de rapidité , qu’en comparant d’anciennes cartes avec l’état actuel, on voit

hommes a beaucoup contribué à cette diversion des eaux du Pd : les historiens qui ont parlé de ce fait remarquable, ne durèrent entre eux que par quelques détails. La tendance du fleuve à suivre les nouvelles routes qu’on lui avait tracées , devenant de jour en jour plus énergique , ses deux branches du f^olano et, du Primaro s’apauvrirent rapidement, et furent, en moins d’un siècle , réduites h peu près à l’état où elles sont aujourd’hui. Le régiinedu fleuve s'établissaitentre l’embouchure de l’Adige et le point appelé aujourd’hui Porto di Goro; les deux canaux dont il s’était d’abord emparé étant devenus insuffisans, il s’en creusa de nouveaux ; et au commencement du dix-septième siècle sa bouche principale, appelée Bocco di Tramontana , se trouvant très-rapprochée de l’embouchure de l’Ailige, ce voisinage alarma les Vénitiens, qui creusèrent, en 1604, le nouveau lit appelé Taglio di Porto f^iro ou Pô delle Fornaci, an moyen duquel la Bocca Maestro se trouva écartée de l’Adige du côté du midi.

Pendant les quatre siècles écoulés depuis la Gu du douzième siècle jusqu’à la Gn du seizième, les alluvions du Pd ont gagné sur la mer une étendue considérable. La bouche du nord, celle qui s’était emparée du canal de Mazorno , et formait le Jiamo di Tramontana , était, en 1600, éloignée de vingt mille mèties du méridien d’Adria ; et la bouche du Sud , celle qui avait envahi le canal Toi, était à

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