‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 22 sur 26 · S54 DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

S54 DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS

temple est de deux mille cinquante-deux ans, avant Jésus-Christ , et celui d’Esné de quatre mille six cents (i).

Tous ces calculs , même en admettant que la division marque le solstice , seraient encore susceptibles de beaucoup de modifications ; et d’abord il parait que leurs auteurs ont supposé les constellations toutes de trente degrés comme les signes, et n’ont pas réfléchi qu’il s’en faut de beaucoup , du moins comme on les dessine aujourd'hui , et comme les Grecs nous les ont transmises, qu elles soient ainsi égales entre elles. En réalité, le solstice, qui est aujourd'hui en deçà des premières étoiles de la constellaiiou des gémeaux, n’a dû quitter les premières étoiles de la constellation du cancer que quarante-cinq ans après Jésus-Christ. H n'a quitté la constellation du lion que mille deux cent soixante ans (2) avant la uièiiie ère.

Il s'agirait encore de savoir quand on cessait

(t) V(>j(2 le mémoire de Noiict dans les Recherches noiivuites sur l'HUiuire ondenno de Vütiicy , tume ni , 328 à 3ad.

Mun cùlèhre cl savant cüUègue M. Delambrca ii’en

IJR NOS CLOUES, lUR.

innée de

Année du

îquinoxe.

solstice.

lE.

de placer la constellation dans laquelle le soleil entrait après le solstice , à la tête des signes descendans , et si cola avait lieu aussitôt que le sol-

▼onlu me donner la note snivante qui éclaircit la remarque ci dessus. Voyez le tableau ci-annexé.

COKSTRCCTIOH XT TTSàGK DK Ik TiUB.

Les longitudes des étoiles pour dSOO ont été prises dans les tables de Berlin. Elles sont de Lacaille , ou de Bradley , ou de Flamsteed.

On a pris 1a première et la dernière de chaque constellation et quelques unes des étoiles intermédiaires les plus brillantes.

La troisième celonne indique l’année où la longitude de l’étoile était 0; c'est-à-dire celle où l’étoile se trouvait dans la colore équinoxial du printemps.

La dernière colonne indique l’année où l’étoile était dans le colure solsticial, soit de l’hiver , soit de l’été.

Pour le bélier, le taureau et les gémeaux , on a choisi le solstice d’hiver ; pour les autres constellations , on a choisi le solstice d’été, pour ne pas trop s'enfoncer dans l’antiquité et ne point trop s’approcher des temps modernes. Au reste, il sera bien facile dé trouver le solstice opposé , en ajoutant la demi-période de douze mille neuf cent soixante ans. La même règle servira pour trouver le temps où l’étoile a été ou sera à l’équinoxe d'automne.

Le signe — indique les années avant notre èrci le signe

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stice avait assez rétrogradé pour toucher la constellation précédente.

-f- l’année de notre ère ; enCn la dernière ligne , à la suite de chaque signe sous le nom de durée , donne l’étendue de la constellation en degrés , et le temps que l’équinoxe ou le solstice emploie à parcourir la constellation d’un bout à l’antre.

On a supposé la précession de cinquante secondes par an , telle qu’elle est donnée par la comparaison du catalogue d’Hipparque arec tes catalogues modernes. On avait ainsi la commodité des nombres ronds et tonte l’exactitude dont on peut répondre.

La période entière est ainsi de vingt-cinq mille neuf cent vingt ans ; la demi-période, de douze mille neuf cent soixante ans; le quart, de six mille quatre cent qualrevingts ans ; le douzième , ou nn signe, de deux mille cent soixante ans.

Il est à remarquer que les constellations laissent entre elles des vides , et que quelquefois elles empiètent les unes sur les autres. Ainsi , entre la dernière éloils du scorpion et la première du sagittaire , il y a un intervalle de six degrés deux tiers. An contraire , la dernière du. capricorne est plus avancée de quatorze degrés en longitude que la première du verseau.

Ainsi , même indépendamment de l’inégalité du mouvement du soleil, les constellations donneraient unemelure très- inégale et très- fautive de l’année et de ses mois.

Aiosi MM'. JoUois et Devilliers , à l’ardeur soutenue de qui nous devons l’exacte connaissance

Les signes (le trente degrés en fournissent une plus commode et moins défectueuse. Mais les signes ne sont qu’une conception géométrique ; on ne peut ni les distinguer ni les observer; ils changent continuellement de place pai la rétrogradation du point équinoxial.

On a pu de tout temps déterminer grossièrement 1er équinoxes et les solstices; à la longue on a pu remarquer, que le spectacle du ciel pendant la nuit n’était plus exactement le même qu’il avait été anciennement aux temps des équinoxes et des solstices. Mais jamais on n’a pu observer exactement le lever héliaque d’une étoile ; on devait toujours s’y tromper de quelques joiire. Aussi en parle-t-on souvent sans qu’on en ait une détermination sur laquelle on puisse compter. Avant Hipparque on ne voit , ni dans les livres ni dans les traditions ,ricn qu’un puisse soumettre au calcul ; et c’est ce qui a tant multiplié les systèmes, On a disputé sans s’entendre. Ceux qui ne sont point astronomes peuvent se faire de la science des Chaldéens , des Egyptiens , etc., etc. , des idées aussi belles qu'il leur plaira; il n’en résultera aucun inconvénient réel. On peut prêter à ces peuples l’esprit et les connaissances des modernes; mais on ne peut rien emprunter d’eux , car ils n’ont rien eu ou ils n’ont rien laissé. Jamais les astronomes ne tireront des anciens rien qui soit de l’utilité la plus légère. Laissons aux érudits

258 DJscouns sun lks ri!: y» h, ut ion s

de ces fameux monumcns , pensanl toujours que ia division vers rentrée, du vestibule est le sol-

leurs vaines conjectures , et confessons notre ignorance absolue sur des choses peu utiles en elles-mêmes, et dont il ne reste aucun monumenl.

Les limites des constellations varient suivant les auteurs que l’on consulte. On voit ces limites s’étendre ou se resserrer quand on passe d’H'ipparqne à Tycho , de Tycho ê Hevelius , d’Hevelius à Flamstecd , Lacaille , Bindley ou Piazzi.

Je l’ai dit ailleurs , les constellations ne sont bonnes h rien , si ce n’est tout au plus à reconnaître plus facilement les étoiles; au lieu que les étoiles en particulier donnent des points fixes auxquels ou peut rapporter les mouvemens , soit des colures , soit des planètes. L’astronomie n’a commencé qu’à l’époque où Ilipparque a fait le premier, catalogue d’étoiles, mesuré la révolution du soleil , celle de la lune et leurs principales inégalités. Le reste n’ofrre que ténèbres, incertitudes et erreurs grossières. Ce serait temps perdu que celui qu’on voudrait employer à débrouiller ce chaos.

J’ai dit, à quelques ménagemens près, tout ce que je pense sur ce sujet. Je n’ai eu la prétention de convertir personne, peu m’importe qu’on adopte mes opinions; mais si l’on compare mes raisons aux rêves de Newton , de Herschell , de Bailly et de tant d’autres , il n’est pas impossible qu’avec le temps on arrive à se dégoûter de ces chimères pins ou moins brillantes.

de: la surface du globe. 259

stice , et jugeant que la vierge a dû rester la première des constellations descendantes tant que ie

J’ai essayé de déterminer l’étendue des constellations d’après les catastérismes du faux Eiatoslliénc. La chose est réellement impossible. Ce serait encore pis si l’on consultait Hygin et surtout Firiuicus. Voici , au reste , ce que j’ai tiré d'Êialosthèiie.

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