CONSTRUCTION ET USAGE DE LA TABLE
Les longitudes des étoiles pour 1800 ont été prises dans les tables de Berlin. Elles sont de Lacaille ou de Bradley, ou de Flamsteed.
On a pris la première et la dernière de chaque constel-
Il s’agirait encore de savoir quand on cessait de placer la constellation dans laquelle le soleil
lation et quelques-unes des étoiles intermédiaires les plus brillantes.
La troisième colonne indique l’année où la longitude de l’étoile était o , c’est-à-dire celle où l’étoile se trouvait dans le colure équinoxial du printemps.
La dernière colonne indique l’année où l’étoile était dans le colure solsticial, soit de l’hiver, soit de l’été.
Pour le beiier, le taureau et les gémeaux , on a choisi le solstice d’hiver ; pour les autres constellations, on a choisi le solstice d’été pour ne pas trop s’enfoncer dans l’antiquité et ne point trop s’approcher des temps modernes. Au reste il sera bien facile de trouver le solstice opposé , en ajoutant la demi-période de douze mille neuf cent soixante ans. La même règle servira pour trouver le temps où l’étoile a été ou sera à l’équinoxe d’automne.
Le signe — indique les années avant notre ère ; le signe -f- l’année de notre ère ; enfin la dernière ligne, à la suite de chaque signe sous le nom de durée , donne l’étendue de la constellation en degrés, et le temps que l’équinoxe ou le solstice emploie à parcourir la constellation d’un bout à l’autre.
On a supposé la précession de cinquante secondes par an , telle qu’elle est donnée par la comparaison du cata-
entrait après le solstice à la tête des signes descendons, et si cela avait lieu aussitôt que le
logue d’Hipparque avec les catalogues modernes. On avait ainsi la commodité des nombres ronds et toute l’exactitude dont on peut répondre,.
La période entière est ainsi de vingt-cinq mille neuf cent vingt ans; la demi-période, de douze mille neuf cent soixante ans; le quart, de six mille quatre cent quatre-vingts ans; le douzième , ou un signe , de deux mille cent soixante ans.
Il est à remarquer que les constellations laissent entre elles des vides , et que quelquefois elles empiètent les unes sur les autres. Ainsi, entre la dernière étoile du scorpion et la première du sagittaire, il y a un intervalle de six degrés deux tiers. Au contraire, la dernière du capricorne est plus avancée de quatorze degrés en longitude que la première du verseau.
Ainsi , même indépendamment de l’inégalité du mouvement du soleil , les constellations donneraient une mesure très-inégale et très-fautive de l’année et de ses mois. Les signes de trente degrés en fournissent une plus commode et moins défectueuse. Mais les signes ne sont qu’une conception géométrique; on ne peut ni les distinguer ni les observer; ils changent continuellement de place par la rétrogradation du point équinoxial.
On a pu de tout temps déterminer grossièrement les
solstice avait assez rétrogradé pour toucher la constellation précédente.
équinoxes et les solstices ; à la longue on a pu remarquer que le spectacle du ciel pendant la nuit n’était plus exactement le meme qu’il avait été anciennement aux temps des équinoxes et des solstices. Mais jamais on n’a pu observer exactement le lever héliaque d’une étoile ; on devait toujours s’y tromper de quelques jours. Aussi en parlet-on souvent sans qu’on en ait une détermination sur laquelle on puisse compter. Avant Hipparque on ne voit , ni dans les livres ni dans les traditions , rien qu’on puisse soumettre au calcul ; et c’est ce qui a tant multiplié les systèmes. On a disputé sans s’entendre. Ceux qui ne sont point astronomes peuvent se faire de la science des Chaldéens , des Egyptiens , etc. , etc. , des idées aussi belles qu’il leur plaira ; il n’en résultera aucun inconvénient réel. On peut prêter à ces peuples l’esprit et les connaissances des modernes ; mais on ne peut rien emprunter d’eux, car ou ils n’ont rien eu ou ils n’ont rien laissé. Jamais les astronomes ne tireront des anciens rien qui soit de l’utilité la plus légère. Laissons aux érudits leurs vaines conjectures , et confessons notre ignorance absolue sur des choses peu utiles en elles-mêmes , et dont il ne reste aucun monument.
Les limites des constellations varient suivant les auteurs
Ainsi MM. Joli ois et Devilliers , à l’ardeur soutenue de qui nous devons l’exacte connais-
que l’on consulte. On voit ces limites s’étendre ou se resserrer quand on passe d’Hipparque à Tycho , de Tycho à Hevelius , d’Hevelius à Fiamsteed , Lacaille , Bradley ou Piazzi.
Je l’ai dit ailleurs, les constellations ne sont bonnes à rien , si ce n’est tout au plus à reconnaître plus facilement les étoiles ; au lieu que les étoiles en particulier donnent des points fixes auxquels on peut rapporter les mouvemens , soit des colures , soit des planètes. L’astronomie n’a commencé qu’à l’époque où Hipparque a fait le premier catalogue d’étoiles , mesuré la révolution du soleil , celle de la lune et leurs principales inégalités. Le reste n’offre que ténèbres,, incertitudes et erreurs grossières. Ce serait temps perdu que celui qu’on voudrait employer à débrouiller ce chaos.
J’ai dit , à quelques ménagemens près , tout ce que je pense sur ce sujet. Je n’ai eu la prétention de convertir personne , peu m’importe qu’on adopte mes opinions ; mais si l’on compare mes raisons aux rêves de Newton , de Herschell , de Bailly et de tant d’autres, il n’est pas impossible, qu’avec le temps on arrive à se dégoûter de ces chimères plus ou moins brillantes.
J’ai essayé de déterminer l’étendue des constellations
260 DISCOURS SUR LEb RÉVOLUTIONS
sance de ces fameux monumens , pensant toujours que la division vers l’entrée du vestibule
d’après les catastérismes du faux Eratosthène. La chose est réellement impossible. Ce serait encore pis si l’on consultait Hygin et surtout Firmicus. Voici, au reste , ce que j’ai tiré d’Eratostliène.