SCÈNE VI
(Musique sourde à l'orchestre.)
(Une porte dérobée , que cachait un tableau, s'ouvre, et la princesse paraît; elle va fermer avec précaution la porte d'entrée, puis elle s'assied sur le fauteuil qui est a gauche auprès de la table.)
LA PRINCESSE , seule.
Il a parlé!., il a tout dit!.. Après quinze jours d'épreuve, sa discrétion a succombé... Voilà donc ma confiance déçue et mon espoir évanoui !.. Oh ! non , tout n'est pas perdu... S'il a parlé, c'est que sa raison n'était pas à lui ; son excuse est là... (Mettant la main sur son
cœur.) et peut-être aussi là... Voyez pourtant ou mène la reconnaissance !.. Pour s'acquitter on donne son cœur... rien que cela... et on le donne sans regrets, avec joie... Oui, je bénis le sort qui m'a retiré ma grandeur, mes dignités ; qui m'a fait descendre du rang que j'occupais, pour me rapprocher de lui... de lui, qui sera mon époux... s'il le mérite... {Elle se lève.) Car il faudra que ce mariage soit un mystère entre lui et moi , tant que je serai soumise ^'orgueil de l'électeur et de toute ma famille... S'ils me savaient tous capable de déchoira ce point, qui sait jusqu'où irait leur vengeance?.. Mais d'abord , la mienne, à moi... Il va venir , heureux et empressé comme chaque jour... et il est loin de s'attendre au congé formel et positif que...
(On frappe trois coups à la porte ; elle va ouvrir.)