SCÈNE XI
OASTON , LA PRINCESSE.
LA PRINCESSE
Qu'a-t-ii donc?., comme il court!.. Est-ce que vous lui gardez rancune , M. d'Aubrai ?
GASTON
Moi, madame?., je ne lui pardonnerai jamais... ou plutôt, je ne me pardonnerai jamais à moi-même... Je donnerais ma vie pour racheter tout ce que j'ai dit et tout ce que j'ai fait.
Tout ce que vous avez dit... vous le regrettez , n'est-il
pas vrai ?.. Vous avez raison ; c'est mal , c'est bien mal d'avoir trahi une femme qui avait eu confiance en vous... la femme que vous aimez.
GASTON
O ciel ! que dites-vous ?.. vous croyez que je l'aime!., il ne me manquait plus que cela. Vous croyez que j'ai pu aimer une autre que... Oh ! tenez , madame , ne dites pas cela , ou je ne réponds plus de moi ; et pour vous prouver que je n'aime pas cette femme , je suis capable d'en nommer une autre... et pour celle-là, mon amour serait un outrage.
LA PRINCESSE
Une autre inconnue ?.. Prenez garde , vous êtes dans votre jour d'indiscrétion , et je ne promets pas de garder tous vos secrets.
GASTON
Et cependant , madame , si vous consentiez à entendre celui-là... Le besoin de me justifier m'inspire un courage que je ne me suis jamais senti... Je n'y tiens plus... armez-vous de colère, bannissez-moi de votre présence... Car celle que j'ose aimer... c'est vous. LA PRINCESSE , froidement.
En vérité ?
GASTON
Air : Vaudeville des Frères de lait.
Mais, qu'ai-je dit?., juste ciel! quelle offense! Votre l'ang seul condamne mon amour.
Que parlez-vous de rang et de distance ? De ma grandeur j'ai vu le dernier jour.
Je ne suis plus dame de cour.
C'est pour cela que , plus j'y songe, A vos discours je n'ajoute point foi : Je ne suis plus princesse , et le mensonge
N'a plus d'accès auprès de moi.
GASTON
Mon amour !.. un mensonge ! . .
LA PRINCESSE
Soyez franc... celles qui se contentent de ce mot-là