A Végard, des prfessioris
Ceux dont le travail journalier s’exécute étant assis . comme les tailleurs d’habits, les cordonniers, etc., qui exercent très-peu les extrémités inférieures et le corps , ont besoin dans les momens de loisir, d’un exercice plus ou moins actif des parties qui restent dans l’inaction, afin de ramener l’équilibre dans les forces vitales, de diminuer le trop grand embonpoint, et de produire une diversion avantageuse de la sensibilité. Or, l’exercice de la danse peut remplir parfaitement ces indications. ïl est inutile , si ce n’est pour le moral, à ceux qui, par leur profession, exercent toutes les parties du corps.
La danse peut être utile pour prévenir la nostalgie chez les militaires. Le capitaine Cook et d’autres navigateurs ont fait pratiquer cet exercice avec beaucoup d’avantages .à leurs marins , dans des voyages de long cours. D’ailleurs h variété de l’exercice délasse ; et celui de la danse ne peut être que favorable à l’entretien de la santé de tous ceux dont les travaux, d’ailleurs très-actifs, offrent peu de variété.
Mais c’est particulièrement aux femmes, ou plutôt aux filles, condamnées par leur travail à être constamment assises, que l’exercice de la danse convient pour rompre cette inaction du corps si préjudiciable à leur santé, entretenir, rétablir la sensibilité des organes gastriques et utérins, dont les fonctions ne sont souvent dérangées que par le défaut d’exercices corporels.
En ramenant à son type naturel la sensibilité des organes de la génération , la danse peut convenir à beaucoup de jeunes mariés pour exciter la fécondité. Cependant les femmes doivent s’abstenir de cet exercice pendant la menstruation , et surtout durant la gestation , et lorsqu’elles allaitent.
De l’emploi thérapeutique de la danse.
D’après ce que nous avons dit des effets de liédanse, on comprend facilement que cet exercice peut être avantageux ou nuisible dans beaucoup de maladies. En effet, ce moyen gymnastique, exécuté à l’aide de la musique, produit une double action sur ceux qui s’y livrent : l’effet seul de la musique fait éprouver une sensation agréable, un bien-être général qui ne peut provenir que d’une action fortifiante nerveuse. Par l’exercice actif, presque toutes les masses musculaires sont dans une action continuelle ou fréquemment répétée : de là l’excitation des vaisseaux , des nerfs, qui transmettent leur action au cœur, au cerveau, et dont la réaction est un stimulus de toutes les parties vivantes, marqué par l’accélération de la respiration , la frécjuence et la force du pouls, la rougeur de la peau et l’abondante exhalation cutanée. De plus, l’on sait que les secousses mécaniques auxquelles donnent lieu les sauts-retentissent dans la masse des organes , qu’elles déterminent un resserrement intestin des fibres qui les constituent: ce qui fortifie leur complexion etajoute à leur énergie. Ainsi l’effet immédiat de la danse est excitant, stimu* lant, et son effet secondaire est fortifiant, tonique. Ces effets doivent alors servir de règle au médecin dans l’emploi de' la danse , comme moyen curatif. Ainsi l’exercice de là danse , agissant sur notre économie à la manière des excitans et des toniques, doit être rangé dans la même catégorie que ces médicamens; et comme il excite encore la diaphorése, on pourra aussi l’employer au moins comme adjuvant des sudorifiques.
Dans les maladies scrofuleuses, où tous les appareils organiques
sont frappés cJ’atonie , et où toutes les fonctions s’exécutent d’une manière lente et irrégulière , l’exercice de la danse doit être considéré comme un des premiers moyens curatifs à employer; mais, pour en assurer le succès , ce moyen gymnastique devra être souvent répété et continué jusqu’à la fin de la guérison.
La chlorose , l’aménorrhée et tous les dérangemens dans les fonctions de l’utérus dépendans de sa faiblesse réclament aussi impérieusement l’emploi de la danse. Ces maladies , où tout l’appareil utérin est dans un état complet d’inertie, ont le plus pressant besoin d’excitations énergiques à double action, telle que la danse.
Les infiltrations cellulaires, celle espèce d’embonpoint qui n’est que bouffissure,l’anasarque commençante,due seulement au relâchement de toutes les parties vivantes , demandent aussi l’emploi d’une excitation mécanique qui stimule tous les systèmes organiques , la circulation, la respiration ; qui ranime l’activité des vaisseaux absorbans, et fasse rentrer dans le torrent circulatoire les fluides stagnant dans le tissu cellulaire , pour être ensuite évacués au-dehors par les abondantes exhalations pulmonaire et cutanée.
La mélancolie , l’hypochondrie sont aussi des maladies pour lesquelles l’exercice de la danse est un puissant remède. Tout le monde sait que les moyens de combattre ces vésanies sont d’autant plus efficaces qu’ils agissent et sur le moral et sur le physique. Or il est de fait que l’exercice de la danse, en changeant l’ordre des idées d’une manière favorable, et en produisant un ébranlement dans les organes pour en ranimer l’action , l’éparpiller même , quand elle est trop concentrée , produit instantanément ce double effet.
Le somnambulisme , l’incube ou cauchemar, sont des affections qui demandent aussi l’exercice de la danse , lorsqu’elles ont lieu chez des sujets pléthoriques qui exercent peu. Ces vésanies sont, le plus souvent, dues à des engorgemens internes, à des stases humorales, qu’un exercice actif peut dissiper mieux que tous les médicamens fondans et toniques.
C’est par le même moyen qu’on peut combattre avantageusement
les névralgies , les rhumatismes chroniques, les affections goutteuses, toutes maladies dont les causes prochaines sont des exhalations supprimées , etc., etc.
Les affections spasmodiques, qui tourmentent si cruellement tant de femmes, et qui dépendent de la prédominance du système nerveux sur le musculaire, trouvent aussi dans l’exercice de la danse un remède aussi sûr qu’agréable. Ces maladies nerveuses contre lesquelles on emploie tour à tour, et rarement avec succès , les antispasmodiques, les émolliens, les toniques, etc., n’ont, le plus souvent, besoin que d’un exercice actif souvent répété pour fortifier la constitution physique et diminuer cette grande susceptibilité nerveuse. En vain, pour obtenir ces bons effets, conseillera-t-on l’exercice, les travaux de tous genres: les forces s’y refusent; elles semblent, au contraire, se ranimer au son de la musique et à l’aspect d’un exercice qui flatte en même temps leur imagination.
Lorsque les fonctions digestives languissent sans qu’il y ait d’autres causes qu’un état d’inertie des organes digestifs, les apepsies, dyspepsies, etc., qu’un défaut d’exercice corporel , l’abus d’alimens trop succulens, occasionnent, on peut aussi recourir avantageusement à l’exercice de la danse pour rétablir le ton de l’estomac.
G’est aussi un remède efficace dans la polysarcie, s’il est souvent répété et long-temps continué. On l’a vu guérir certaines migraines et douleurs de tête habituelles chez des sujets lymphatiques.
Les fièvres quartes rebelles sur leur déclin , et quand les accès ne tiennent plus qu’à l’habitude morbifique , cèdent à l’exercice de la danse, pris au commencement de l’accès. La vive excitation et l’abondante diaphorèse qui en résultent déroutent l’accès, et souvent même, par suite de ce premier dérangement, il ne revient plus.
Enfin l’exercice de la danse convient dans toutes les maladies où il faut exciter, stimuler, fortifier, provoquer la transpiration ; dans beaucoup de cas où il faut joindre une distraction agréable à un exercice salutaire.
Mais ^ d’après ce que nous venons de dire des effets immédiats et
consécutifs de la danse, on voit que cet exercice doit être nuisible dans les maladies essentiellement opposées à celles que nous venons d’indiquer, comme dans toutes les affections inflammatoires, les engorgeinens avancés des organes, la phthisie, etc.; et qu’iL doit être interdit aux personnes affectées d’anévrismes, sujettes aux hémorrhagies, etc.
Maladies auxquelles s’exposent les danseurs.
Nous les avons déjà indiquées à l’article emploi hygiénique. Nous nous contenterons de signaler ici les accidens que cet exercice peut causer.
Par les efforts que font les danseurs pour exécuter certains pas, ils s’exposent aux hernies , aux entorses , aux anévrismes , à la rupture des veines, de la rotule, des tendons des jambes; aux luxations, à là déchirure des aponévroses > des fibres musculaires , aux altérations de tissu du foie, etc.
Tous ces accidens ont des méthodes bien connues de traitement: nous pensons qu’il serait ici superflu de les indiquer. Nous recommanderons seulement le procédé de M. le docteur Sédillot dans le traitement des ruptures tendineuses ; il consiste à serrer fortement la jambe au moyen d’une bande roulée , et au bout de quelques jours les individus peuvent marcher, courir même.
HIPPOCRAT1S APHORISMI ( edente Bosquillon ).
Somnus, vigilia utraque modùm excedentia, malüra» Sect. 2 , aph. 3.
Quovis in corporis motu, simul ac fatigari cœperit, quies confestim iassitudinis est remedium. Ibid. aph. 48.
Qui solitos labores ferre assueverunt, quamvis invalidi sint, aut etiam senes, eos faciliùs ferunt quàm non assueli, quamvis robusti et juvenes. Ibid., aph. 4<J.
Confestim et repentè,..,. vel calefacere ve] refrigerare , periculosum.... Ibid. , aph. 5i.
Frigida, veluti nix, vel glacres , pectori sunt adversa : tusses movent; sanguinis erupliones, et distillationes efficiunt. Sect . Ô, aph. 24 -
<Ex sudore horror minimè bonus. Sect. 5, aph. 4-