SGANARELLE , GORGIBUS
GORGIBUS
Bonjour, monsieur.
SGANARELLE
Monsieur , votre serviteur ; vous voyez un pauvre garçon au désespoir : ne connoissezvous pas un médecin qui est arrivé depuis peu en cette ville, qui fait des cures admirables?
GORGIBUS
Oui, je le connois; il vient de sortir de chez moi.
SGANARELLE
Je suis son frère , monsieur : nous sommes
S7 jumeaux; et, comme nous nous ressemblons fort , on nous prend quelquefois l'un pour l'autre.
GORGIBUS
Je me donne au diable si je n'y ai été trompé. Et comment vous nommez-vous?
SGANARELLE
Narcisse , monsieur , pour vous rendre service. Il faut que vous sachiez qu'étant dans son cabinet j'ai répandu deux fioles d'essence qui étoient sur le bord de sa table ; aussitôt il s'est mis dans une colère si étrange contre moi , qu'il m'a mis hors du logis ; il ne me veut plus jamais voir , tellement que je suis un pauvre garçon à présent sans appui, sans support, sans aucune connoissance.
GORGIBUS
Allez, je ferai votre paix; je suis de ses amis, et je vous promets de vous remettre avec lui; je lui parlerai d'abord que je le verrai.
SGANARELLE
Je vous serai bien obligé, monsieur Gorgibus. ( Sgnnarelle sort et rentre aussitôt à^^ec sa robe de médecin.) <" «î'-*^-' ''*