IV INTRODUCTION
D'un autre côté, M. Taîne s'exprime ainsi dans son Essai sur Tite-Live :
« La dissertation de Beaufort (1738) n'était pas la première attaque. Un ami d'Erasme, Glaréanus, un Hollandais, Perizonius, avaient déjà douté : et tout récemment, à l'Académie, une discussion de Pouilly
et de Sallier venait d'ébranler la foi publique. Mais le livre de Beaufort fut, le premier, méthodique et agréable. C'était un Français de Hollande, membre de l'Académie de Londres, libre penseur, comme on l'était alors en pays protestant, d'un esprit net et vif, fort érudit, mais sans lourdeur, point pédant, et qui laissait à la science l'air sérieux, sans lui donner l'air maussade ; de bon goût d'ailleurs, assez poli envers ses devanciers pour les battre sans mauvaise grâce, deux fois savant, puisqu'il fut méthodique, lucide comme un Français, rapide et correct puisqu'il fut du dix-huitième siècle; souvent même spirituel, moqueur, par exemple, lorsqu'un certain Allemand, Christophorus Saxius, essaye de l'accabler sous un in-quarto de citations. Outre sa critique , il fit une Histoire romaine , composée de dissertations solides, précises, le plus souyent trèsjustes sur la religion, les institutions, les différentes classes, telles que les aimaient les politiques et les raisonneurs du temps. On so laisse volontiers con-