‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 124 sur 227 · De Divinat,j lib. H, cap., xlyii · texte numérisé non relu

De Divinat,j lib. H, cap., xlyii

2. vim maximam erroris! Etiamne urbis nalalis dies ad vim stellarum et lunae pertinebat? Fac in puero referre, ex qua affectione cœli primum spiritual duxerit. Num hoc in lalere et in cœmento , ex quibus Urbs effecta est, potuit valere? — Cicero , ibidem,

3. VossiuB, De Idol,, lib. Il, cap. xx. — Marshami Canon. Chronoî.f p. 501. — Petavius, De Doctr, temp,, lib. IX, cap, Liv. — Tempararii demonstr, ChronoL, lib. 111, p. 198.

DE L'HISTOIRE ROMAINE. i73

nement appliqués à trouver par leurs calculs ces prétendues éclipses qu'il doit y avoir eu du temps de la conception de Romulus. Toutes les recherches qu'ils ont faites n'ont servi qu'à convaincre de faux les calculs de Tarrutius. Mais quand cet habile tireur d'horoscopes aurait rencontré beaucoup plus juste, je ne vois pas qu'on en pût fixer l'époque de la fondation de Rome avec plus de certitude. Comme il est facile à tout astronome de prédire les éclipses qui arriveront, en ajustant son calcul au cours réglé des planètes, il lui est facile aussi de rechercher toutes celles qui sont arrivées depuis la création. Gela est d'un très-grand usage pour la chronologie ; et, toutes les!fois que les anciens historiens font mention d'éclipsés, ils nous mettent en état de fixer avec certitude les dates des événements dont ils parlent. Il n'en est pas de même des calculs de Tarrutius. Uéclipse dont il parle n'est attestée par aucun monument authentique, par aucun écrivain qui soit voisin de ces temps-là. Tarrutius n'a dit qu'il y avait eu une éclipse à la conception de Romulus, que dans la supposition que Tâge de ce prétendu fondateur de Rome était connu ; et ainsi il importerait peu qu'il eût rencontré juste ou non, dès qu'il reste incertain dans quel temps Romulus est né, et même s'il a jamais existé. Il importe donc peu à l'ère de Varron que les calculs de Tarrutius soient justes ou non, et Varron aurait bien mieux fait de se moquer, avec Gicéron, de cette méthode de découvrir le jour de la fondation d'une ville, que de donner ce calcul chimérique de Tarrutius pour une preuve de la certitude de l'époque qu'il assignait à la fondation de Rome.

On voit par là que des deux différentes ères, celle de Varron et celle de Caton, il n'y en a aucune qui soit appuyée de quelque preuve solide, et qu'elles ne peuvent soutenir le moindre examen. G'est cependant pour suivre l'une ou

Tautre de ces ères qu'on a abandonné la seule époque fixée avec quelque certitude par les anciens, et qu'on a déplacé un événement, distingué par tous les caractères de la chronologie qui pouvaient en assurer la date. Le motif qui a engagé les cbronologistes modernes à y faire si peu d'attention ne peut avoir été que la crainte de déranger la chronologie des temps postérieurs à la prise de Rome. S'ils avaient suivi Polybe, Strabon, Diodore de Sicile, Denys d'Halicarnasse et Trogue-Pompée, en plaçant cet événement avec eux sous la seconde année de la XGYIIP olympiade, qui concourt avec l'an Varronien 367, il aurait fallu retrancher trois consulats des Fastes postérieurs à la prise de Rome. Or ces Fastes leur paraissaient plus sûrs que ceux qui sont antérieurs à cette époque. Mais peut-être sont-ils aussi peu sûrs les uns que les autres ; et que, s'il s'agissait de retrancher trois ou quatre consulats des Fastes de la fin du quatrième siècle ou du commencement du cinquième, on y trouverait encore assez d'endroits faibles pour pouvoir les retrancher sans scrupule. J'en donnerai deux preuves.

Il est sûr que tous les Fastes mettent vingt-quatre ans entre la prise de Rome et le premier consul plébéien* Cependant Fabius Pictor, ce père de l'histoire romaine, ne mettait que vingt-deux ans d'intervalle entre ces deux événements*. Gomme il est le plus ancien historien et le plus voisin de ces temps-là, sur son autorité on pourrait, ce me semble, retrancher deux années aux Fastes ordinaires. Je tire ma seconde preuve de Tite-Live. Cet historien, vers le milieu du cinquième siècle, dit^ que Pison avait omis deux consulats, soit par oubli, soit qu'il les crût supposés. Voilà donc

1. Quapropter tum primum ex plèbe alter consul factus est, duo et Ticesimo anno postquam Romain Galli ceperunt. Fabius, apud Gell,, Mb, IV, cap. V.

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