CHAPITRE III
t>S8 ^AlMCIPAUt ÂVÉMAMEUTS ou RftGME DE ROUtlLUS
Il n'y &. presque aucun événement, aucune particularité du règne de Romulus, que les anciens historiens rapportent d'une manière uniforme. M. de Pouilly, dans sa Dissertation sur rincer titude de F histoire romaine^ s'est contenté d'indiquer à la marge un assez bon nombre de faits qui se
trouvent rapportés fort diversement pour le fond et pour les circonstances. Tels sont la mort de Rémus, le triomphe de Romultts, la manière dont Tarpéia fut traitée, la mort de Tatius, celle de Romulus, etc. Il sufiSt de jeter la vue sur ce qu'en racontent les historiens, pour être convaincu que rincertitude où ils étaient à Tégard de tout ce qui concernait ce règne les obligeait d*avoir recours à tout ce qui se débitait sur ce sujet.
Ils ne s'accordent pas mieux sur d'autres faits auxquels, selon eux, diverses cérémonies religieuses devaient leur établissement, et dont par conséquent la mémoire aurait dû passer sans altération à la postérité : sur l'origine des Lupercales, sur celle de Thalassius, sur celle des Yestales, sur celle desnonesCaprotines, sur celle des Saturnales, etc., il y a autant de relations différentes que d'auteurs qui en onf écrit. L'examen où je pourrais entrer de ces différents faits me mènerait trop loin et m'engagerait dans des discussions longues et ennuyeuses. Je me contente donc de les indiquer.
Après avoir vu que les Romains avaient adopté et inséré dans leur histoire une fable aussi n^al imaginée que l'est celle de la naissance et de l'éducation de Romu1us| on ne doit pas trouver étrange que le reste y réponde parfaitement, et que tous les événements du règne de ce prince soient également fabuleux. Tel est l'enlèvement des Sabines, dont le docte Jacques Gronovius a déjà attaqué la vraisemblance ^ par des raisons très-fortes , auxquelles on peut encore enjoindre quelques autres.
Si Denys d'Halicarnasse se pique de ne point pécher contre la vraisemblance, ce n'est pas qu'il ail su mettre entre les faits cette liaison nécessaire, laquelle fait que