Ibid., p
de voir comment ils peuvent dans la suite en revenir au même nombre. Ils conviennent que Tarquin P', pour se faire des créatures, en ajouta cent à l'ancien nombre. Après celte addition, le nombre total devrait être différent dans ces trois auteurs. Selon Denys d'Halicarnasse, il devait être de trois cents; selon Plutarque, de deux cent cinquante; et selon Tite-Live, il ne devait être que de deux cents, puisqu'il ne parle dans son Histoire que de l'augmentation faite sous Tarquin P'. Cependant on en trouve égalennent trois cents dans tous les trois lorsqu'ils parlent de la diminution que le sénat avait soufferte sous Tarquin le Superbe, et de ceux qu'on y flt entrer, après la révolution, pour remplir le nombre de trois cents. Mais ce que Tite-Live et, en général, tous les auteurs attribuent à Brutus, d'avoir créé de nouveaux sénateurs, et ce que Denys d'Halicarnasse attribue à Brutus et à Publicola conjointement, Plutarque * et Festus^ l'attribuent au dernier seul, après la mort de Brutus, son collègue. Ce n'est là qu'une petite partie des contrariétés qu'on trouve dans les historiens sur ce règne. Il serait bien facile d'en ajouter beaucoup d'autres, puisqu'on peut dire avec vérité qu'il ne se rencontre pas un seul fait dans l'histoire de ce règne qui soit rapporté d'une manière uniforme. Ces exemples suffisent, je pense, pour nous faire voir qu'on ne peut faire fond sur rien de ce que les historiens nous en disent, et que tout en est également incertain.
t. In Popiicola, p. 10'^, C.