‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 183 sur 227 · C. XXYI · texte numérisé non relu

C. XXYI

Ils perdent une bataille contre les consuls Fabius et Décius. Décius se dévoue. G. XXTIII, XXIX.

CXXllI. 1. 464 Ils assiègent Arezio, Livlus, epit. xi etxii.

battent les Romains et sont battus à leur tour.

Colonies établies dans leur pays.

465 Us sont entièrement dé-

faits par Dolabella, près du lac Yadimon.

Quelle différence entre ces deux récits ! Et si Ton reçoit celui de Polybe qui met quatre-vingt-neuf ans entre la prise de Rome et la première victoire que les Romains obtinrent sur les Gaulois, que deviendront tous les triomphes dont Tile-Live parle avec tant d'emphase? Non-seulement la

première victoire de famille passera pour fausse, mais on ne jugera pas plus favorablement de celle que Plutarque^ et Tite-Live^ nous disent qu'il remporta vingt-deux ans après, sur la même nation. En examinant un peu de près cette dernière, peut-être trouverons-nous qu'il n'y a pas plus de certitude que dans la première.

Plutarque et Tite-Live ne suivent pas la même opinion sur cette bataille, touchant laquelle on voit qu'il y avait beaucoup de diversité entre les historiens. Claudius rapportait ^ que cette bataille s'était livrée près de la rivière ' ' anciennement appelée Anio ; et c'est son sentiment que Plutarque a suivi dans la vie de Camille. Claudius croyait encore que c'était dans cette occasion que Manlius s'était battu en combat singulier et avait tué un Gaulois en présence des deux armées, et qu'il l'avait dépouillé d'un collier d'or, qui lui mérita le surnom de Torquatus. Pour Tite- Live, accoutumé à suivre le nombre, sans s'embarrasser beaucoup de rechercher la vérité, il aime mieux encore en cette occasion suivre la pluralité des auteurs, et différer cette victoire de dix ans. Il veut donc que c'ait été près d'Albe, et non auprès de l'Anio, que Camille acquit l'honneur d'un second triomphe sur les Gaulois. Cette victoire fut complète, selon lui, et coûta peu aux Romains.

On voit donc, par la manière dont Tite-Live rapporte la chose, qu'on ne convenait ni du temps ni du lieu où l'action s'était passée ; et par là même elle devient très-douteuse. Polybe n'en ditmot, et, outre cela, il met quatre-vingt-neuf

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