PREMIERE PARTIE
(^HAp..I, page 1, note. — Le de Emendatione tempomm de Joseph-Juste Scaliger fut imprimé pour la première fois à Paris en 1S83. On cite âeux autres éditions de ce savant livre : celle do Leyd&(159S), et celle de Genève (1(529) publiée vingt ans après la mort de l'auteur.
Chap. II, page i3, note. —J'ai conservé la citation deTite-Uve, telle que Beaufort la donne dans l'édition de 1750. Il est facile de voir que celte citation est tronquée, et que pour rintelligencedu sens il faut rétablir les mots supprimés.
Chap. IV, page 32. — Beaufort distingue avec maison les Livres des Pontifes, qui comprenaient les livres des Augures, des AruspiCcs les vers ou hymnes des Salic7îSj les vers saturniens^ etc., des Annales, Grandes Annales, ou Annales des Pontifes. Ces derniers étaient purement historiques. Les autres traitaient des cérémonies et des traditions religieuses des Romains.
Chap. V, page 64. — Le recueil de Mucien, dont il est parlé dans ce chapitre, n'a aucun rapport avec les Actes de la ville et du Sénat. Tacite nous apprend que l'auteur l'avait divisé en deux parties : la première intitulée Acta, collection de discours prononcés sous la période républicaine, au temps de Crassus, de Lucullus et de Pompée ; la seconde sous le titre d'Epistolœ.
Chap. VU, page 70 et suiv. — Les Livres de Toile et les Mémoires des Censeurs ne sont, d'après Beaufort, que des mémoires parti culiers, les mémoires des familles.
Les Tables des Censeurs (TabulœCensoriœ) n'étaient qu'un recueil des formules dont les censeurs devaient se servir dans l'exercice de leurs charges. Voir, à ce sujet, les Journaux chezles Romains, de M. J.-V. Leclerc.
(iiiAP. X, page \U). — Fabius Pictor a-t-il écrit ses Annales en ^rec ou en latin?
Denys d'Halicarnasse soutient la première opinion. L'opinion contraire semble établie par plusieurs auteurs latins, notamment par Cicéron, Quintilien, Aulu-Gelle, Nonius. 11 est possible que Fabius Pictor ait écrit dans les deux langues. D'ailleurs, on connaît deux autres historiens du nom de Fabius : Servius Fabius Piclor et Q. Fabius Maximus Servius. Les fragments attribués à Fabius Pictor appartiennent peut-être à ces derniers.
Chai». XII, page 122.— Quant au fond qu'on peut faire sur l'histoire de Denys d'Halicarnasse, voir un curieux passage de M. Taine ; Essai sur Tite-Live, chap. II, § 2.
SECONDE PARTIE
Chap. Il ï, page 475. —Les deux mémoires de Pouilly sur V Incertitude des quatre premiers siècles de Vhistoire romaine se trouvent dans le tome vi du Recueil de V Académie des Inscriptions. Les conclusions de ce savant sont plus négatives que celles de Beaufort ot de Niebuhr.
Chai». Vï, page 213. — Voici le passage de Bayle sur les difFérentcs manières dont [es autours anciens ont raconté l'aventure de Lucrèce.
« Denys d'Halicarnasse et Tite-Live sont ceux qui en ont donné la plus ample description. Ils vivaient en même temps, et ils consultaient avec bien de l'exactitude les auteurs qui les avaient précédés. Cependant ils ne s'accordent que sur ces trois ou quatre points généraux : 1* que Sexlus entra de nuit dans la chambre de Lucrèce; 2» que cette dame ayant résisté aux menaces de la mort, aux prières et aux promesses, céda enfin, lorsqu'elle se vit menacée de l'infamie; 3° qu'elle se tua le lendemain; 4' que Brutus se servit de cette occasion pour changer le gouvernement. »
Le premier de ces deux historiens donne des détails plus précis et plus étendus que l'autre; car, par exemple, il articule que
Sextus promit à Lucrèce de l'épouser, moyennant quoi elle serait reine d(*% le jour môme dans la ville des Gabiens et puis dians Rome, après la mort de Tarquin, dont il serait infailliblement le successeur en qualiti^. de son fils aîné. Tite-Live se contente de ces expressions générales : Stricto glailio, ad dormientem Lucretiam venit, sinistraque manu mulieris pectore oppressa : Tace, Lucretia^ inquit; Sext. Tarquinius siim,ferrumin manu est ; moriere si emiseris vocem, Cnmpavida e somno mulier nullam opem.propemortem imminentem videret, tum Tarquinium fateri amorem, orare, miscere precihm minas, versare in omnes partes muliebrem animum.
Mais, pour connaître les différences qui se trouvent entre ces deux historiens, il faut seulement se souvenir que Tite-Live narre la chose comme on la voit dans le texte de cet article, et prendre garde aux faits suivants. Je les tire de Denys d'Halicarnasse : Sextus ayant été envoyé à Collatie par le roi Tarquin, pour des affaires qui concernaient le siège d'Ardée, fut loger chez son parent Collatin qui était alors au camp, et trouva que l'occasion était bonne de satisfaire la passion qu'il avait conçue pour Lucrèce dans une visite précédente. L'historien ne parle pas de la dispute des jeunes princes touchant la beauté de leurs femmes, de cette dispute, dis-je, qui les obligea à venir à Rome et à Collatie pour vider ce différend. Cette circonstance était néanmoins assez singulière pour mériter que Denys d'Halicarnasse la rapportât, et c'était un incident fort capable d*embellir la narration. Lucrèce, accablée de chagrin, monta en carrosse, dès que le jour fut venu et que Sextus se fut retiré. Elle prit un habit de deuil et un poignard sous sa robe, et s'en alla à Rome, le visage tout abattu et les yeux baignés de larmes, et sans rien dire à ceux qui lui demandaient la raison de sa tristesse. Dès qu'elle fut arrivée à la maison de son père, elle«e jeta à ses genoux, elle pleura sans dire mot, et enfin elle le pria de faire venir ses parents et ses amis ; et dès qu'ils furent venus, elle leur conta son aventure, et pria les dieux de la retirer bientôt de ce monde et se poignarda. Valerius fut aussitôt dépêché au camp pour porter cette nouvelle à Collatin, et pour travailler avec lui à faire soulever les soltlats. Il rencontra proche de Rome Collatin et Brutus qui ne savaient rien de ce qui s'était passé.
Voilà des variations un peu surprenantes, et qui prouvent que les premiers historiens, la sourcie de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse, ne prirent pas toutes les mesures nécessaires pour s'instruire exactement.
Voici encore quelques variations : Servi us a nommé Aruns le
violateur de Lucrèce; les autres historiens le nomment Sex tus et donnent à un autre fils de Tarquin le nom d'Aruns.
Le mOme Servius suppose que pour vider la dispute on alla premièrement chez Lucrèce à Collatie et puis à Rome. Il veut que l'esclave qui fut amené dans la chambre de Lucrèce ail été un Lthiopien. Je ne parle point d'Ovide, qui a raconté l'infortune de Lucrèce avec plusieurs circonstances dont aucun historien ne fait menlîon. Il s'est servi du privilège de la poésie; il a inventé ce qu'il a cru de plus propre à orner la narration. Il y amôme inséré ce que les Grecs avaient dit de Polyxène, qui eut soin de bien étendre ses ha hits pour empêcher qu'en tombant elle ne fit rien paraître de ce que la pudeur défend de montrer,
Nec mora, celato ligit sua pectora ferre;
Et cadit in palrios, saiiguinolenta , pedes.
Tune quoque , jam moriens , ne non procumbat honesle
Respicit. Hœc etiam curacadentis erat.
Mais comme il ne servait de rien aux décorations de dire que le violateur de cette dame était le plus jeune des fils de Tarquin, il faut croire qu'en cela il suivait une tradition, et qu'ainsi les historiens s'étaient divisés sur ce point particulier :.la plupart dirent que l'adultère était l'aîné des fils de ce prince ; et quelques autres le prirent pour le plus jeune.