‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 87 sur 227 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

QUE c'est sur L'autorité du fabids pictor que tous les ihstobiens se sont

FONDÉS, DANS CE QU'lLS BAPPOBTEKT DES PREMIERS SIÈCLES DE ROME

Les Romains, depuis Fabius Piclor et L. Cincius, ne manquèrent pas d'historiens. Les temps suivants en furent assez

fertiles; mais ce ne fut que fort tard qu'ils en eurent de bons. C'est ce qui a fait dire à Atticusque, de son temps, on n'avaitpasencoredebonnehisloire* : Ignoratur enimnostris hominibus historia. On ne s'était pas encore appliqué à débrouiller les diiBcultés dont l'histoire de ces premiers temps était embarrassée. Les faits fabuleux dont elle se trouvait chargée dégoûtaient Cicéron d'entreprendre ce travail. Il aurait peut-être été obligé de rapporter, comme les autres, que Numa avait eu des entretiens particuliers avec la déesse Egérie, et que cette prétendue déesse lui avait dicté ses lois.

Il n'aurait peut-être pas osé supprimer la circonstance merveilleuse qui accompagna l'arrivée de Tarquin l'Ancien à Rome ; qu'un aigle lui enleva son chapeau, et le lui remit ensuite, présage de sa future élévation. Il semblait que, jusqu'alors, on avait fait plus de cas, et qu'on se fût plus attaché à ces sortes de fables qu'à la vérité de l'histoire. On peut s'en convaincre en jetant les yeux sur quelques fragments des anciens historiens, rassemblés par Popma. On y trouve quelques morceaux de Fabius Pictor, de Gaton,etc., qui ne roulent que sur des fables et sur des minuties indignes d'avoir place dans l'histoire. De pareils contes ne pouvaient être du goût de Cicéron. Ce grand homme entendait trop bien les règles de l'histoire pour n'en pas bannir toutes les fictions; lui, qui en regardait la vérité comme l'unique fondement.

Si, d'un autre côté, Ton ne se fût arrêté qu'à ce qu'il y avait de certain sur ces premiers siècles, quel corps d'histoire sec et décharné n'en aurait-on pas fait? C'est cette raison qui apparemment obligea Fabius Pictor, pour ne point laisser de si grands vides dans ses annales, d'adopter les

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