in Poplieoln, p. 105, C
Rome dès la seconde année après qu’on eut secoué le joug de la domination de Tarqqjn, sous le second consulat de Valérius Publicola et celui de Titus Lucretius. Denys d’Halicarnassc ne met ce siège qu’en l’année suivante, sous fe troisième consulat de Valérius Publicola et le second de M. Iloratius. Au lieu de ce dernier, Tile-Li^ met P. Lucretius comme collègue de Publicola dans son troisième consulat.
Je passe légèrement là-dessus; car si je voulais faire sentir toutes les différences qu'il y a entre ces auteurs, je ne pourrais passer de page entière sans en relever quelqu’une. Il y aurait souvent lieu d’étre étonné de voir que Tile-Live passe si légèrement sur quelques événements, ou même les omet entièrement , pendant que Denys d’Halicarnassc les charge de détails aussi circonstanciés que s’il en eût été le témoin oculaire. Tile-Livc a prévenu les reproches qu’on pourrait lui faire à cet égard, en rejetant toute la faute sur le manque d’éclaircissements nécessaires pour démêler la vérité dans ce chaos d’opinioift différentes; chacun rapportant les événements à sa manière, sans convenir ni sur le temps, ni sur les circonstances. «Ces temps', « dit-il, sont embarrassés de tant de difficultés, les uns ran- « géant les consulats d’une manière toute différente des «autres, que dans un si grand éloignement et des évé- « nements et des auteurs qui nous les ont transmis, on ne « peut bien dire ni quels ont été les consuls, ni ce qui est « arrivé chaque année. » Cet historien ne nous cache pas les difficultés qu’il rencontre, et il nous avertit de l'incertitude de bien des événements que Denys d'Halicarnasse
l. Lib. Il, cap. \xj. — Tanli crrorc» Impllcanl lempora, aliter apud alios ordinal ta niagistraUbu*, ul noe qui concilies, mundum quosdam, ncc quid quoque anno aclum bit, in lanla vctuslatc, non rcruin modo, sed etiam uuctorum dipererc posais.
DE L'HISTOIRE ROMAINE
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rapporte avec autant de confiance que si on n’avait pu y former le moindre doute. Ainsi Tite-Live , sur l’an 28,0 de Rome nous donnant pour consuls de celte année L. Æmilius et Yirginius, nous avertit en même temps que quelques Annales nomment Yopiscus Julius au lieu de Yirginius ; mais il ne décide pour aucun des deux. Denys d’Halicarnasse 2 donne aussi Yopiscus Julius pour collègue à Æmilius , mais sans nous avertir qu’il y eût la moindre différence là-dessus dans les histoires.
Il en est de même pour le reste de l’histoire. Il ne paraît pas:que Denys-d'Halicarnassc y rencontre la moindre difficulté , rien qui l’arrête; au contraire, tout y parait clair et daplain-pied.
Il rapporte, dans un détail fort étendu , bien des choses dont nous ne trouvons rien dans Tite-Live; et les années que celui-ci nous dit n’avoir été marquées par aucun événement, digne d’avoir place dans l'histoire, en fournissent à Denys d’Halicarnasse de quoi remplir plusieurs pages. Il est facile de vérifier ce que j’avance, en comparant les narrations de ces deux historiens. Si nous trouvons quelquefois ces deux auteurs d’accord sur un fait, nous les trouverons d’un autre côté contredits par d’autres; et ce même fait, qui nous paraissait certain sur le témoignage de ces deux historiens, redevient douteux et incertain. Ils conviennent sur le nom du premier dictateur, que l’un et l’autre nomment Titus Lartius , mais ils diffèrent pour l’année. Car Tite-Live 3 , qu'Eusèbe, Eutrope et Cassiodorc ont suivi, place la première dictature sous l’an de Rome 253, sous le consulat de Posthuraus Cominius et de Titus Lar-
1 . Vopiscum Julimn in quibinxlam pro Virginie) Annalibua invenio. Hoc anno (quoscumquc cumules habuit), etc. Lib. Il, cap. liv.