‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 161 sur 222 · Ub. IX, p · texte numérisé non relu

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précautions nécessaires, cl étaient tombés, par leur imprudence, dans les embûches de leurs ennemis, qui n’en laissèrent pas échapper un seul. L’autre narration a été suivie par presque tous les historiens et est plus glorieuse pour cette famille.

Le peuple romain se voyant obligé de soutenir plusieurs guerres à la fois 1 2 , la famille Fabienne se chargea de soutenir seule et à ses dépens la guerre contre les Véicns et à défendre la frontière de ce côté-là. Après plusieurs exploits glorieux, les Fabiens tombèrent dans une embuscade où ils furent tous taillés en pièce, sans qu’il en réchappât un seul de trois cent six qu’ils étaient. De toute cette illustre et nombreuse famille, il ne resta qu’un jeune enfant 1 qu'on avait laissé à Rome, parce qu’il n’était pas encore en âge de porter les armes, et ce fut lui seul qui continua la postérité. On aurait sans doute craint de faire tort à l’histoire romaine, si l’on en eût retranché cet épisode. Lcshistoricns, qui cherchaient moins à instruire leurs lecteurs de la vérité qu'à les amuser, n’ont pas voulu se donner la peine de réfuter ce conte, voyant qu’il était généralement reçu. Denys d’Halicarnasse a du moins tâché de lui donner un peu de vraisemblance, en en écartant ce qu'il y avait de contradictoire ou de manifestement fabuleux.

C’est une chose absolument impossible, dit cet historien, et tout à fait incroyable, que, dans une famille si nombreuse, il ne se soit trouvé qu’un seul garçon en bas âge. Il faudrait pour cela que tous ceux qui furent tués par les Véiens ’ eussent été sans femmes et sans enfants : chose à laquelle il n’y a nulle apparence, puisque les Fabiens n’ont pu être

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