‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 203 sur 222 · Fini. Ilb. I, y · texte numérisé non relu

Fini. Ilb. I, y

DE L'HISTOIRE ROMAINE. . 311

Scilicet arma mapis quara sidéra, Romule, noras,

on peut compter que notre auteur regarde Ilomulus comme un de ces hommes universels, et par conséquent comme un très-habile astronome.

Mon docte adversaire ayant l’art de tirer ces conséquences avec tant de subtilité, et les principes de sa logique le secondant si heureusement sur toutes sortes de paradoxes, il n'est pas surprenant, qu'ayant entrepris de me réfuter, il prenne à tâche de me contredire môme sur les choses que j’aurais crues les plus claires et les plus évidentes. J’ai dit que l’invention de l’imprimerie avait rendu les livres beaucoup plus communs qu'ils ne f étaient anciennement. J’avais avancé cela en ignorant, croyant la chose si évidente qu’elle n’avait pas besoin de preuves. Mais ce çavant personnage me prouve ‘ que les livres étaient anciennement et en plus grand nombre que de nos jours, et peut-être môme à meilleur marché. La preuve en est claire : elle est fondée sur ce que dit Aulo-tfelle, qu’il achète beaucoup de livres à bon marché 1 2 3 . Martial dit encore 3 qu’on pouvait acheter cinq deniers le recueil de ses épigrammes, et même un exemplaire des mieux conditionnés; car ailleurs 4 5 il nous apprend qu’on en pouvait encore acheter à un prix beaucoup plus modique. Les livres étant â si bon marché étaient donc assez communs. Mais, supposant que les livres puissent s’acquérir plus facilement de nos jours, notre critique nous prouve que les anciens ont su tirer avantage de leur rareté même 3 .

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