I. Non enitn credideritn, Yirgilium metri causa scripsisse
Et Tflcet Annale» nostrorum audire laborum ;
Æn., lib. I, v. 377.
srd In animo liabuisse vert» Æncæ Annales non est quod dubftemus, pnesertlm rum poêla sil doctlssimiis, amiratissimusque , et in omnibus fere vereibus.antiquilatis verant imaginent curiosius referre studcat.elc., p. 417 .
DK L'HISTOIRE ROMAINE.
ata
formons sur ce qui se passe sous nos yeux. Mais, déporter le pyrrhonisme jusqu’à douter de ce que raconte Fabius Piclor, c’est une profanation, un attentat impardonnable. Enfin il nous assure que , s’il voulait se donner la peine d’entrer dans cette discussion, il lui serait facile de prouver qu’on peut parler avec beaucoup plus de certitude des événements des règnes de Romulus et de Numa que de ceux de notre temps'. C’est grand dommage que notre savant li ait pasvoulu nous communiquer ses idées sur ce sujet, qui ne pouvait qu’être très-intéressant, surtout étant traité par un aussi habile logicien.
Quoiqu’il en soit, on voit qu’il entre en composition sur le pyrrhonisme. Il nous abandonne tous les événements qui se passent sous nos yeux; il est même homme à nous permettre de douter de notre propre existence, pourvu que nous ne doutions pas qu’il n’ait existé un Romulus; pourvu t|iio nous ne formions point de doutes sur l’action de M. Curtius, sur celle de Mucius Scœvola, sur le supplice de ilégulus, etc. Ce sont là de ces faits qu’il faut recevoir avec cetti soumission due à la vénérable antiquité, et qui doivent être à l’abri de la logique d’ijn Le Clerc, et du pyrrhonisme d’un La Mothe le Vaijer et. d’un Bayle.
Voilà quelques échantillons de la logique de mon censeur. On voit bien qu’il n’y a pas moyen de résister à des arguments si accablants, et qu'il y aurait de la témérité à moi de m’engager dans un combat si inégal. Je crois pourtant avoir lieu de me plaindre de ce qu’il se prévaut un peu trop de la supériorité que son esprit et son érudition lui donnent sur moi : ce qui lui fait croire qu’il n’y a point
Il perntcl il'èltc pyrrhonien sur l histoire moderne.
Il est 1res- fertile en paradons.
1. Etenim si utriusque æri rationes nunc ' perse ru ta ri , veleraque cl præsenlia eontendere, animum induceremus, facile appareret multocertlus Komuli aut Nuuuc quam pierasque hujus secuH res gestas sciri posse. Vol. 1, p. 66.
Il me traite d'ignorant.
Recueilde quelque»
eipreisions choisies de ce savant.
de paradoxe, point d’absurdité, qu’il ne puisse aisément défendre contre moi,
Il me traite, en général, assez cavalièrement ; et non content de m’attribuer des défauts communs à tous les Français, comme d’avoir le goût mauvais , d'aimer à charger mes marges de citations , et d’être fort crédule , on voit encore qu'il me regarde comme un franc ignorant, puisqu'il dit que je ne connais l’histoire romaine que par Y Abrégé de Struve. Mais il ne faut pas prendre garde à ces bagatelles.
Des savants de ce calibre ne s’amusent pas à peser leurs expressions, lorsqu’ils n’ont affaire qu’à de petits auteurs français.
Il se sert quelquefois d’expressions qui pourraient paraître choquantes à des esprits ombrageux; mais, pour moi, je ne puis m’empêcher de les rapporter, quand ce ne serait que pour en régaler ceux qui n’auront pas lu sa critique. Il faut considérer que, zélé comme il l’est pour l’histoire romaine et pour l’antiquité en général, il n’est pas étrange que sa bile s'échauffe quelquefois, et qu'il lui échappe quelques petites expressions pour me qualifier, lesquelles ne paraîtront peut-être pas des plus polies.
Par exemple, lorsqu’il dit 1 : n< Que notre censeur s’ap- « plaudisse tant qu’il voudra ; qu’il se croie bien habile, « j’y consens; mais il n’était pas d’un homme de bien de « venir obscurcir la gloire des anciens par ses chicanes. » Ailleurs, il dit qu’il faut être de la dernière impudence 2 pour oser contester la vérité de l’enlèvement des Sabines. Enfin, ceux qui ajoutent foi aux faits les plus incroyables rapportés par les anciens étant des gens pleins de droiture
1. Hittoriæ Ifritur romans censor beat un atque pulcher sibl videalur, •ibique , per me licet, aapial : laudem dunlaxal veleruin acrlplorum bis ohscurare utodii. bonum non adderrbal. Vot. t, p. 77.