‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 212 sur 222 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Cbap. I, page 1, note. — Le de F.mendattonc temporum de Joseph-Jusle Scaliger fut imprimé pour la première fois A Paris en 1583. On cite deux autres éditions de ce savant livre :celle de l.eyde (1598), et celle de Genève (1U29) publiée vingt ans après la mort de l'auteur.

Cbap. II, page 13, note. — J'ai conservé la citation deTite-Livc, telle que lleaufort la donne dans l'édition do 1730. Il est facile de voir que cette citation est tronquée, et que pour l’intelligence du sens il faut rétablir les mots supprimés.

Cbap. IV, page 32. — lleaufort distingue avec raison les Livres des Pontifes, qui comprenaient les livres des Augures, des Anmpiccs les vers ou hymnes des Saliens, les vers saturniens, etc., des Annales, Grandes Annales, ou Annales des Pontifes. Ces derniers étaient purement historiques. Les autres traitaient des cérémonies et des traditions religieuses des Romains.

Cbap. V, page 61. — Le recueil de Mucien, dont il est parlé dans ce chapitre, n’a aucun rapport avec les Actes de la ville et du Sénat. Tacite nous apprend que l’auteur l’avait divisé en deux parties : la première intitulée Acta, collection de discours prononcés sous la période républicaine, au temps de Crassus, de Lucullus et de Pompée ; la seconde sous le titre d'Epistolœ.

Cbap. VII, page 70 et suiv. — Les Livres de Toile et les Mémoires des Censeurs ne sont, d’après lleaufort, que des mémoires parti culiers, les mémoires des familles.

NOTKS.

Les Tables des Censeurs (Tabulœ Cemoriœ) n’élaicnl qu’un recueil des formules dont les censeurs devaient se servir dans l’exercice de leurs charges. Voir, à ccsujel, les Journaux chez les Romains, de M. J.-Y. Leclerc.

Chap. X, page 1 10. — Fabius Pictor a-t-il écrit ses Atuuihs en grec ou en latin?

Denys d’Ilalicarnasse soutient la première opinion. L’opinion contraire semble établie par plusieurs auteurs latins, notamment par Cicéron, Quintilien, Aulu-Celle, ÎSonius. 11 est possible que Fabius Pictor ait écrit dans les deux lungues. D’ailleurs, on connaît deux autres historiens du nom de Fabius : Servius Fabius l’ictor et y. Fabius Xlaximus Servius. Les fragments attribués à Fabius l’ictor appartiennent peut-être à ces derniers.

Chai*. XII, page 122.— Quant au fond qu’on peut faire sur l'histoire de Denys d’Ilalicarnasse, voir un curieux passage de .M. Taine : Essai sur Tile-Live, chap. Il, S 2.

SECONDE PARTIE

Chap. III, page 17ü. — Les deux mémoires de Pouilly sur Y Incertitude des quatre premiers siècles de l'histoire romaine se trouvent dans le tome vi du Recueil de l'Académie des Inscriptions. Les conclusions de ce savant sont plus négatives que celles de Beaufort cl de Niebuhr.

Chap. VI, page 213. — Voici le passage de Bayle sur les différentes manières dont les auteurs anciens ont raconté l’aventure de Lucrèce.

« Denys d’Ilalicarnasse et Tite-Live sont ceux qui en ont donné la plus ample description. Ils vivaient en même temps, et ils consultaient avec bien de l’exactitude les auteurs qui les avaient précédés. Cependant ils ne s’accordent que sur ces trois ou quatre points généraux : P que Sextus entra de nuit dans la chambre de Lucrèce; 2° que cette dume ayant résisté aux menaces de la mort, aux prières et aux promesses, céda enfin, lorsqu’elle se vit menacée de l'infamie; 3° qu elle se tua le lendemain; 4* que Brutus se servit de cette occasion pour changer le gouvernement. »

Le premier de ces deux historiens donne dos détails plus précis et plus étendus que l’autre; car, pur exemple, il articule que

NOTES

Sextus promit à Lucrèce do l'épouser, moyennant quoi elle serait reine dés le jour même dans h ville des Gabions et puis dans Home, après la mort de Tarqnin, dont il serait infailliblement le successeur en qualité de son fils aîné. Tite-Live se contente de ces expressions générales : Stricto qlrnlio, ml domiientem Lacretiam venit, sinistraque manu maliens pectore oppressa : Tact, Luerctia, inquxl ; Sext, Tarquinius sum, ferrum in manu est ; moriere si cmisei'is rur cm. Cnmpavirla esomno taulier nullam opem, propemortem imminentem vident, tum Tarquinium fateri amorem, tirare, miscere precilius minas, versare in omnes parles muliebrem animum.

Mais, pour connaître les différences qui se trouvent entre ces deux historiens, il faut seulement se souvenir que Tite-I.ive narre la chose comme on la voit dans le texte de cet article, et prendre garde aux faits suivants. Je les tire de Denys d'Halicarnassc : Sextus ayant été envoyé à Collatie par le roi Tarquin, pour des affaires qui concernaient le siège d’Ardée, fut loger chez son parent Collatin qui était alors au camp, et trouva que l'occasion était bonne de satisfaire la passion qu'il avait conçue pour Lucrèce dans une visite précédente. L'historien ne parle pas de la dispute des jeunes princes touchant la beauté de leurs femmes, de cette dispute, dis-je, qui les obligea à venir à Rome et à Collatie pour vider ce différend. Cette circonstance était néanmoins assez singulière pour mériter que Denys d’Halicarnasse la rapportai, et c’était un incident fort capable d'embellir la narration. Lucrèce, accablée de chagrin, monta en carrosse, dès que le jour fut venu et que Sextus se fut retiré. Elle prit un habit de deuil et un poignard sous sa robe, et s'en alla d Home, le visage tout abattu et les yeux baignés de larmes, et sans rien dire à ceux qui lui demandaient la raison de sa tristesse. Dès qu'elle fut arrivée à la maison de son père, elle se jeta à ses genoux, elle pleura sans dire mot, et enfin elle le pria de faire venir ses parents et ses amis ; et dès qu'ils furent venus, elle leur conta son aventure, et pria les dieux de la retirer bientôt de ce monde et se poignarda. Valerius fut aussitôt dépéché au camp pour porter cette nouvelle à Collatin, et pour travailler avec lui à faire soulever les soldats. Il rencontra proche de Rome Collatin et Brutus qui ne savaient rien de ce qui s’était passé.

Voilà des variations un peu surprenantes, et qui prouvent que les premiers historiens, la source de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse, ne prirent pas toutes les mesures nécessaires pour s’instruire exactement.

Voici encore quelques variations : Scrvius a nommé Aruns le

NOTES

violateur de Lucrèce; les autres historiens le nomment Sexlus et donnent à un autre tlls de Tarquin le nom d'Aruus.

Le même Servius suppose que pour vider la dispute on alla premièrement chez Lucrèce à Collatie et puis à Itome. Il veut que l’esclave qui fut amené dans la chambre de Lucrèce ail été un Ethiopien. Je ne parle point d'Ovide, qui a raconté l’infortune de Lucrèce avec plusieurs circonstances dont aucun historien ne fait mention. Il s'est servi du privilège de la poésie; il a inventé ce qu'iiacru dp plus propre A orner la narration. Il y amème inséré ce que les Grecs avaient dit de Polyxène, qui eut soin de bien étendre ses habits pour empêcher qu’en tombant elle ne fit rien paraître de cp que la pudeur défend de montrer.

Nec inor» , celalo llgit sua perfora ferro ;

Et cadil In patrios, sanguinolents , pedes.

Tune quoque, jatn moriens, ne non procumbat honesle Resplcit. Hn*r rtiam cura cadcntis cral.

Mais comme il ne servait de rien aux décorations de dire que le violateur de cette dame était le plus jeune des hlsdeTarquia, il faut croire qu'en cela il suivait une tradition, et qu ainsi les historiens s'étaient divisés sur ce point particulier : la plupart dirent que l'adultère était l'ainé des Sis de ce prince ; et quelques autres le prirent pour le plus jeune.

TABLE DES AUTEURS

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