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monuments le mieux conservés, et que les historiens avaient le moins négligé de consulter. Ce que Denys d’Halicarnasse en cite remonte jusqu’au premier cens sous Servius Tullius. On serait un peu mieux fondé, si on nous alléguait de pareilles pièces en faveur de l'histoire romaine. Car, si ce que les historiens nous disent des différents cens ou dénombrements qui se sont faits à Rome est fondé sur le témoignage de ces monuments, qui se gardaient dans les archives, on ne peut disconvenirqu’ils n’aient échappé aux flammes, du moins en partie, et qu’ils n’aient été de quelque usage pour l’histoire.
Il s’en faut bien que les pièces que Denys d’Halicarnasse nomme sv^-.v/j. jr.z^'ir^ior.x, ou Mémoires des censeurs, aient éjé aussi authentiques et aussi sûres. C’étaient des monuments particuliers aux familles et qui, par conséquent, ne peuvent que nous être un peu suspects. En effet, il parait qu’ils faisaient partie des Mémoires que chaque famille conservait avec beaucoup de soin. Une suite d’éloges des hommes illustres qui avaient fait le plus d’honneur à leur maison, et des Mémoires de ce qu’ils avaient fait de mémorable dans l’exercice des charges dont ils avaient été revêtus, formaient comme une histoire suivie de la famille, depuis son origine. Les maisons dans lesquelles la dignité de censeur avait passé conservaient de même des Mémoires de ce qu’avaient fait de considérable leurs ancêtres dans l’exercice de celte charge; et c’est cette partie de ces Mémoires que Denys d’Halicarnasse nomme Ttp.ijTix.à CisapWjpara. On voit par ce qu’il en dit que ces pièces se conservaient dans les maisons illustres qui avaient été honorées de la dignité de censeur, et qu’elles se transmettaient de père en fils comme un héritage sacré.
C’était la coutume générale de toutes les grandes maisons de Rome de conserver avec un soin religieux tout ce qui
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pouvait contribuer à perpétuer la gloire de leurs ancêtres, et à relever l’éclat de leur famille. Ainsi, outre les litres ou inscriptions qu'ils ajoutaient aux images enfumées de leurs ancêtres, il y avait des tablettes garnies de Livres et de Mémoires, qui contenaient les services que chaque membre de la maison avait rendus à l’Etat dans l'exercice des charges dont ils avaient été revêtus. C’est de Pline que nous l’apprenons Ceux donc desquels les ancêtres avaient été décorés de la dignité de censeur conservaient de même avec soin des Mémoires de tout ce qu’ils avaient fait de remarquable dans l’exeicice de cette charge, comme ils en conservaient des autres charges qu’ils avaient exercées. Les Mémoires que Denys d’Halicarnasse nomme Mémoires des censeurs sont donc de cette espèce, et c’est pourquoi je les range au nombre des Mémoires des familles, dont je traite dans le chapitre suivant.