DANS LE SYSTEM K
de gai;l et de spurzheim.
Lorsqu'une, doctrine, remarquable par sou originalrié, apparaît pour .la Drenuère. (bis, l'a&tqntaon, se fixe d'abord tout entière sur elle. Ce premierintoment.passé fl resprit.se-repflrîje «n arrière et, lui cherche ,dss antéfiéd^tsktih^pj: fcjep- fWf alors que quelqu'un nçs'imagine pas ja rqtconw coinplètement'danslepassé'D'up.aujt^ ç,ô|té,„si, la préoccupation où l'on était a empêché de voir ce que -ce. système pouvait , avoir- de. commun avec d'autres résultats de la pensée contemporaine, oti s'empare d'autant plus avidement de «es. ressemblances qu'il parait: plus surprenant qu'elles aient été" oubliées, et il est naturel qu'on les exagère; c'est ce qui estamvé à la doctrine de Gali- Plusieurs ont fini par ne. voir dans. cette découverte, qui leur avait semblé d'abord si neuve, et sl extraordinaire , que la réapparition-; sous une forme per-
feclionnée par les }ïrogtèk récents ïes sciences naturelles, d'une idée peut-être plus vieille que la philosophie et la physiologie, èi'qui s'est manifestée ^tglU^g jtffffiAfi? tySSS §?{ ]$f tenùitives*pnis'ou riibuis malnéureuses^ïj.uta s'est aperçu ensuite que ce système renfermait deux parties distinctes quoique intimement liées, une théorie^ ptjJjsielQgj^ et, unejapatyse. psyçhplogïque. Faisant abstraction de la première, on a rapproché la seconde des travaux récents de l'école qui, dans ces derniers temps, a cultivé le plus exclusivement la psychologie expérimentale , recèle 'è^éssàlsey et'Mr a été tetteflaewt fV^ppé-^de F analogie, que l'on a placé en regard dpnp-Mi te* bleat* éonSparatif tes listés owrespondantes .<fe faculté» admises parles deox -^oles- pbvenologit tjÉrè' et psychologique qui se trouveraient avoir dbôtrtià pen près au* mêmes résultats en suivant Moïéiueftt teftr méthode particulière {*).<}« a
>' fV) Eè pfcyjïologîsteqiii itphrti petit-Art lé jbféitieM <t plu» Jta«e <«*< tes base» *f*yst«;ine d»<WlH;»prè§ «ïofcreiié d«««neeprtoo»anal«gq«9d*B8l*M^onft d* in«ysa.-r%« » ■fr ppaçmtnt.d'apiww .fl^AMrVHfrfin^.W^W^ #t cnM*w*WP>ejp"WHe0 a » s ,to 4**$' ^"* a '°WM* f*
Voy. l'art. Cranioscopie du Dictionnaire des Sciences meiuealùï «I l'ouvrage tbtitiilÊ': Bottrlné dts'rappvh Uà phy- Uquê il du' moral, par V.UéfarÛ. '"" ''-.'■'
■fa) -Vojiiï l'fHivrftgfepublW (ont réoenunent pai> if. Le-r
H»ê*rtfc!-«(o- jqEtyn'à^eknaNfuâi: iln rapport: non itwrntoJqr^raoant wkmsi iv idéYetoppëment .parsH lèfeë . dssdtuxépoles ^d«tHBtteiqqe'H»tcbe&afiïSC)vft
à'ftad ce ' qwGaUesb à -Spurzhoîm; 8i»ki»>doiit célèbres physiologistes vivaient encore, je ne:ia» eu - : Qu'ils ..diraient'. de. qes' rapports < et dwces pï-opwlionsy et s'ils nUifierajen tceMei^ilianoerniallieur veiifemeuf. p*sfcbiJtroey.ïta*v ".ce qui art *ie.lagé»é»i legia qu'on leur suppose, il iest certain qiie GaU, In» >deWa reniep *Q»plètein«nti, » (plaisait à \& rappeler 'toutes, losifois^uiil. ,1e «ooyait utile ila, fortune de son système; il estimmise.leppremie* qui en ait exhumé les litres(i). Cependant, comment se fait-il que partout ailleurs son collaborateur et lui aient déclaré hautement qu'ils venaient rtitfrigef la face ' des ehos'es-eiï i philosophie et.- rfrettrV ifiUi seiettfcë, flori à'ia smWttu'tttôt'éVttiassai'k plàCCtte totitwlfifispt'fttpadués^leoeet'defa'lft^ tdi¥^i(iHtairfe^ , eh'r%n-vei's8ïJl fa'ppiti(Âpe>ftiaà& mdfltal d'où 'efies parte»! tolitey et ëoihïJ'^tihs^ tiWrtt 1 le' principe di«#t(étt<alemefo appose'' '('**)* 0"*s?ifce'<pi , ïlifau( e£pi«qûê>, c«r Hl eBfripFolkblë
-■ri?-; r'.' ->';>' :&'.-. ,-iJlM i'; >'.ïî: , ./I- , i(:int,f'<'! F:-)lilf-
Icu, médecin eatreiltanf «te I«4iTi*Ju duaKéBésde l'hoir pj<fl.lte']jicetïfi,:el. i&hafàt'Jiéiti ;*fc la tigpifitttiçn\ rf«
itmede'Gatt;, i836. -| .
(i). Des Fonctions du cerveau, t. II, seci, 111. . '
(a) Vôy.Gall, «*w(., I.'nî, Dwc. >^fim. 'à rDryan^-
gfé; étpassim. Spunhcim , Obsirfai.'xu'r'ia. Plù-éhologhJ '
que toutes ces filiations et ce» rapprochements? bien que réels autant qu'ingénieux sous plusieurs rapports, glissent pourtant sur le point essentiel qni constitue l'originalité du. système et. sa nouveauté. ; ■-. , .
-• H nous semble en «ffet que la doctrine de. Gall a'âèwtmr un principe qui- niet un abîme entre taiet ses- devanciers, et qui le distingue profondément de nom* les physiologistes de- son temps. tfbtre;butèst de mettre ce principe dans tout son jour et>de montrer la place qm'il occupe dans la eqa'îl soutient.
Aitoulea les époques. de J'hislpir.e de la philosophie nous voyons se-d^Iacer deux tendances opposées qui, en. psychologie comme dans toutes lea.autres branches des connaissances humaines, s£i manifestent par des résultats différents. L'une, généi-alisafrice et sy.n thétique , simplifie les facultésde l'âme, les réduit à un petit nombre de facultés fondamentales et même cherche à les ramènera l'unité, sans. nier la diversité de leurs formes et l'importance des facultés' secondaires. L'autre, moins théorique et plus analytique, multiplie les principes actifs en insistant sur ce qu'ils ont de spécial et de déterminé, mais sans chercher à pénétrer bien profondément leur essence commune.
Toutefois les hommes qui ont .été animés de cet esprit et on* plMosophéi.dans; ce .deiaiec sens n'ont jamais osé i-£rf«se^form*llementàœrtawi«s facultés, telles qûfiJ'inteàiigèoee, la votante,, la,6enr sibilhé, leearactèr* et de titre de. faenltéa fendaniénlales ; surfont ilsne se sont, jamais avisésld'an &ire-les< attributs et Les modes, des facultés détcrminées. Enfin, malgré ladiffétencftdftkur méthode, les deut classes de- philosppbjesf qui; ont isuivio^s deux directions onttoujomrs regardé comme modes des facultés plus. générales ou prodaita complexes résultant de leur combinaison, les qualités particulières, telles que l'esprit mathématique y 'le talent musical , etc. , qui créent des variétés! dans IWrjtfce'humainie. envisagée-sous Ie<ponH,de vue moral et de plus-en plus déterminées viennent expirer dans l'individualisé. A leur avis >> les -premières seules sont l'objet de la- science. - Aivbc 'du temps, de la patience etdutact^ on peut *'«ti;e. fait relativement atrx autres tiné certaine Jpabiletépvatïqufc qui «bien son prix, niais qui nVfit poimvla science quoiqti'ctte aille fort bienaVee elte.'Dsns la hiérarchie, maigre son incon testableutiliU ,! elle occupe le bas de l'échelle. 'n-ui'i. ,
Gall a renversé ceti ordre; -pous lui c'est, le* talent musical, l'esprit philoïf^iqu^iatitbéiiKrtU]!!^ «tc,,.qui«sUa faculté fondaruejrud&i'don* te jugement, là ftîotepté^ .etc.* se sont jjue. des modes. Ce n'est pas le; talent poétique qui est un attribut de
o 8 le
l ; ù)tdUigani»^c'4striDl6t%ettcef|ttleit,Uaai(tribut
dutateiiti pinifi ta fKUBeieili'intelUgeiice^iifa 6erçsir bitittè; iavoiontéfn» «mit <fUe. dus al»traotiohs révisé es paît iosriiétaphjftèeionïj «tes; entités werbar Jï* qiWd&igfieiH dffl r|i]Biit«9 cnnamliiHsaUA feililtéa réelles! <çt n'esist8nt:pa*ipi«8 «ni;Blls&ïifitoies rjlieil* -côutecr «Wr H tortne ■séparée.'*, défe <^aiiiétmxiit»-vit>oo\6réii lira wéritetiles focuftré ctela^tiiuti*'ehutpaiineiiqoieiiqs*inteB4jioQ'©rfiaaii- -salion>râtell«bln^ecti-xi^mdey«tp»)ooaJéqueèt dftiveab stades «.dé«ek>ppBi*pfcj d«BForgan*isHifc-
giW3fl3)eEi«^gùé€s dans iknetpégiba iafewièuntk Ja ■seièocei'HOUs Je anm'de: uiodé»,. iaiei^mniétésiiât d'applications de* facultés -cens trtntiiresflel'itieiiiiœe; TtiMS-lesçilikBoplBeilp'yi ïo«t*rotnpôsijGotU; tMaps«iimHBièFfl*de'.vcrtfc,«piiïii!igoiL\'a:n^. la-.tiwt»phj^qtie depuwscwi orjgme jasqu'àiias JQure,iDt à la*pl«UeJk'8 jnabmJaiisteS se saoïitoimliiri awwgl*}lOïer^iiietiipèahéloesderrLiet'K'ile décâUTHÎs lilpbji£dbgipMfanalmnuvérH^bieEdD>cervcap.'Aiocia Siify «liriemd'élonhïrit'; Un chtrcitHiU sciecoe de» i'hbtnme :ibtelleï*oc4,' moraiet .physique.» <ses antipodes. . >:■'.> .'i ■> uni •>. un::-,-).)
'iSàrilesi ruines .de* vieilles catégories IbtJdes -ftiqsBesnmfâlhodftB^it^diiphjptMp-jdeiTOeJiiu itrih ^fe«6*11atefl%etK*^a i jugo#writ i t id*vti*jt)irtiiéi- *dettty««.if'Uo* iÎ6teJd«^*ngti*epiiftttattéi ibsdutbentateisi'^Hi >ftfgwii,>'tittsoWfi«tnv'fcHetotMteiè'ffe
, sfitmtw nature, Jàt se développent PW vin^f^t organes- dorrespoudauis. Ainsi^trouve réformée, fondée et constituée Ja nouille, science ^J'boHMae. Xft.jnoBumeat qv&Ite a .elevéest U théorie; des .facultés, aaJapçesfçndamentçJt&, «tde.Jeiarttergaoes.! ..., ,.. ,,i,
,. Mous «vous moins pou* toit de feiçe, l'egarn" sérieux de. cette jthéorife et, du parjadose vçatn*6iit umderae qui Ja soutient que.de montrer ço,Bjine,n,t il estil'âinedeito science entière» comment,, d'ail- Jéuns^jQall s'e&t v« poussi à 1 cette révolution psychologique par son système physiologique,. qui .en. avait l>eaoi»,et le récjanwt; Impérieusement au. uoro de sa. propireaxistpn.w,; .et anfija comment bdoctrUîte desif'oi'çesf'andaaiyuiCaleia é^, conçue et .s'est' fctrwaée sous les auspices de IJMouqJe ,in4thode que là (naturaliste a prise pom, guide dans toutes ses recherches. . . .
: Quand on suit avec attention la marche logique d«a idées qui a j ; «q>osé à l'iHitem; Je pjan.et les.djvi|*ionjnde soii grand ouvrage, on est frappé, dp. nombre .de conditions métapbypiques , anatonijques et physiologiques, toutes -plus ou moins,, essentielles , qu'il, faut supposer rejmplie$i. ayant d'admettre que ki science soit seulement possible - On est.ejïrsrçé «ikvtie 4e, qot échafaudage,, don.t utieseqle -pièce .venaut à,wîanqpfli,^u;a(ppr^t,^a «faatfl^ttetlti'jédificei .uh.t-M: ,?.ii,iii*.>.p.ilirt*.
NnadBws^antenteronside'pafitet e***eyHe.0eA
condftlotis ■ principales, en insistant particulièrement sur celles où se trouve impliqué le principe ique rious avons signaïe'phïs haut;"-'*' , . - >• ' La science -qu'il s'agit de fonder repose tonl eritièré'sur'cetW première donnée ; qui doit- être élevée au rang d'axiome : il existe'dans la coh>dltiori actuelle de l'homme^ entre ses'faonltés- constitutives et ses ; organes physiques 1 , une : liaison et une solidarité telles que les premières ne peuvent exister et ^'-exercer' sans les 'secondes ,' dont elles subissent tôtites lëslois, aVe<S lesquelles 1 elles naissent, se développent , se perfectionnent ; se dégradent 'et 'disparaissent. Organes efrftfcultés sont donc contemporains' dès l'origine , et'Jeur naissance est- simultanée. On'n ? est pasofeâigié d?admétrré dès ttéès innées, mais des penchants, des dispositions 1 et des' facultés lunes. Il n'y a là, au premier aspect , rien que de tort raisonnable; aussi Gâtt.trîôntpbe facilement des partisans deda table rase bu dteîa slattae. Sa polémique-contre la philosophie de" la 'sensation- est- victorieuse-; et Icspi- WtUalismeestltèiïtë d'applaudir; mais on nevbitpas que le résultat Wét- de ' cette discussion in» tourne pas" ploà'au' profit du'$J»irittfalismé que l'hypothèse dés-sens ïntérreurB de Cabanis.'On ne dtfvinè pas que pltfsfârd'j à la fôveardtrpïincîpe-qui bouleverse la 1 hiérarchie métaphysique', on fi^adetoutes ces dispositions, penchantsouifaÊultés rfaï cothcident avec \m ^rç&hwet "sont nné&vrmeui4 les
Forces fondamentales de- l'âme -humaine. -Or, c'est ce que n'admettra jamais ie- spiritualité qui, tout en respectant ei déclarant insoluble le my stérieuK problème do l'union du corps et de l'tme, considère celle-ci comme une force douée .par- elle- ■même' de" facultés primitives inhérentes! à son êi*sence, antérieures, postérieures et supérieures* jt toutes les formes organiques qui les limitent, les modifient et les -condamnent à des dirent ions- forcées, mais, ne les constituent pas, facultés seules vraiment fondamentales, et qui; loi» d'èlre identiques à loutescelles qui 'naissent , se développait et périssent avec les «rétines, auraient besoin', pour -prendre leur essor , de se. déployer au sein d'une organisation supérieure, ou plutôt d'être affranchies des liens de toute organisation matérielle. Telles sont, dans cette hypothèse', les. facultés véritablement innées.; les autres le sont dans un tout autre sens. On voit donc que l'innéité de (ïall est si loin d'être celle du spiritualisme .qu'elle est l'expression formelle du point de vue opposé.; il considère comme inné et constitutif dans, l'homme ce qui naît avec et par l'organe^c'est préciser meittcequi,auxyeuxduapirUuaUs^conséqu^nt, n'est qu'une forme accidentelle, et,u*3C .çoodjifpation des, faqultés innées dej'àmc humaine. -Biais-, dira-t-on , pourquoi ne pas 1 aisselle; physiologiste parler sa langue et ne s'occuper que de qui correspond directe ruerai au» organes Î-. o'*fit>q,u 'alors
il faut, non-seulement qu'il ne s'occupe pas. de ce qui est, inné et primordial dan» A'aoeeptiou «ontuaire, mais qu'il en supprimé l'existence), qu'il tasse de Tiras quelque chose d'aussi uni et d Causai passif eu soi-'mème que la table rase dps philosophes, sans quoiledépJoiement limité, mais poissant, d'une fonce vive, réagissait incessaramentpar ^es tendances fondamentales et les facultés qui dérivent de son essence, troublera l'harmonie que l'on veut préétablir entre les ftff garies et les facultés qui , dans cette opinion * ne sont que secondaires et accessoires; car, il faut bien le dire, tout -le secret de cette thèse Soutenue par Gall(i) en faveur de l'innéité des penchants et des facultés'huinaines<est dans le beao'fri senià de Cimenter, dès la naissance defhojnttHï, Fanion, la proportionnalité parfaite entre lea ■faculté^*! les organes , et même l'équivalent de leiaidentité. ■■ •■■■■■ '-■ ■■ ■■ v .•«.; ,.,-. ■ ■(.'■• ;■!; ■■ Je retnplifrici le rôle d'Historien plutôt que tietoï déjuge. Je ¥)« euis donc pas obligéde mé.ppononcer'ierttre Gall et le spiritiBalisn-jO) il suffit d'af olr" montré que le fondateur de la- sàience dont nous étudions la formation -est 'forcé, de 'supposer admis Un premier 1 principe opposéà unehypotfaèse fonaëtfsej qui doit -avoiri t«i* ■ pour . que lin 'efcdt-raiâoBr-:; "i -■ . - ; -r; -j .. -i-.niL
- (ii)'©«.#\»«.'t J«twa::-j tt:I, lai«d; jl-ïoflt.'rtilii
i C'est là bwe pjem&'a:o©a<liliou; «** voici une seoowie^ 1 )- • ■■■■■■■-- .'i..! u.o -■- ■ ■.■■<;•■: • ife*Mtt,teiy|»'l6*,[plMki«<»pbea, «ans niec^e qu'il, p.* d'inné et d'originel ienôoUs t . ont eepea- (l^ntragmi^Q, comme; flcqi)isung«»u<loomlw« de nospeûClittotB «tj^de.^lQti-qii^IUtîs persoujuëUfl». Los «bb «fit été frappés,; de: > la,' psrt; ,«f lariito -que prélèxe a^rnos dispositions sna-rale&.e»; inleiloc* taeUea le mUieH.phjjsique-^ui.ncuMieeçoit «hnri l'espace, et rae*ion> pjQjbi««ei4es «auseë ^a*ureUe^qui 8»ist«»eainoWe **r*> -à ■ sou : esif«ée, datas Ie.juoade, le, .pénètrent», le;tf«vauienL«>le,feç0iincnt «ir tout sens, lui impriment a» ferme, «l, pan le mode de participation *tii*talé ou- sympathique auquel , elfes te eowdamueut (dan» se* rapporta ohm la,me icosniiqùe^ ^twatinept. »es tondantes et doAjm*t Uaq,di(*e*iUj.-|»çiicMiU**^f àstiO'fletiKJtfii
Wn.cki la puia^oûedftice^u'&appellel^uii&iffc; tuHt'So»; BYtilpme,, :i%0firei*s^aiè!iï; j«ua»*>(, >«» est J'c/aofAAïfls, ; SalosiBUei*i»ueâ>lojiij, oiïiae petit otécQDiMfiiEftiriiifiueiice-prioSaiide. de iteuteit'ilqs causes ■ rà^Hiea suc lés -forhie&de l'individualité cl^itoutctptf YivBiit.. ; . i. *:■.-«■<».,: .1.» ,.,: liL'jl.i--'.'
.' u jP'autroty is'eofjpanapt d-un jpeiat îdfl i^ue di9«j «eut: uoa rowa* céeliti;ipfisi|)iiils aiYjinijdiaiSjk
■■•u ■;!■ ■;•■ ";.' ciiijj Mi'.J'ij ;i; ..*■) • >ît;ï-j-iq(il'j i^tld ■ (i) WW., p. i5o. ^'liciDO* ^fioi'l/JÎMin
véritable nature' de Vhanrme, ont fait valoir 'la grandeur de ses conséquences relativement aux dispositions et aux qu:»lîtés (individuelles.' *ls ont montré' l'individu naissant et se- ■ développaB* comme : être social dans un milieu «ntelledluei situe dans -la durée aussi bien que dune l'espace, s'éveillant par la parole à la vie de l'espèce qui tend à absorber la -sienne, aspirant ipar toutes les facultés- réceptives de son esprit et toutes les sympathies de son ame la pensée, les passions de son époque et-celles otes àgesprécédeijt&sous la forme que déterminent les circonstances 'par* tràulières qui enveloppent son existence locale et temporelle, s'assimilent en outre les' idées ;• les sentiments et les mœurs des- être» qui l'entourant, et surtout de ceux qui sont chargés de ■continuer auprès de lui l'oeuvre créatrice et providentielle: Ils ont (ai* comparailro autour du- berceau de l'en* fant toutes ces influences bienfaisantes et malignes persoimifiéespat» h~- poésie, et qoi{ après avoir doté, son esprit et son coaui» de penchants -où de qualités' diverses, se" disputent sa destinée, suivent : tous 1 ses pas-dans 4» vie, président à- son éducation, et surtout à celte éducation des choses par' laquelle nous- sommes < presque tout ce <que nous sommes. Enfin, jls l'onti marqué d'meffeçablés empreintes eu le jetant dans le moule des institutions sociales. .. , », . v .
Quelque disposé que l'on soit, ' et avec» raison ,
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à- maintenir en face de toutes ces causes combinées l'originalité primitive 4e l'homme intellectuel el moral, il est évident .qu'on ne peut contester leur puissance, Or, il est clair aussi que, plus on leur accorde, plus on enlève- en même temps aux causes organiques sans être obligé de nier leur importance , plus il est facjle.de rendre compte de- \a diversité des esprits et; des caractères dans la théorie qui n'admet, qu'un- petit, nombre, de facultés fondamentales susceptibles de modifications et d'applications diverses; et enfin, dans. lu -supposition d'organes spéciaux affectés. à l'exercice dès faculté» et des penchants déterminés, moins la correspondance entre les termes de «es deux séries -d^it être exacte, moins par conséquent la science, qui a ïu prétention d'établir entre leurs développements respectifs des proportions qu'elle pose même en principe dans ses expériences , doit être infaillible dansses résultats. Son intérêt, sinon. celui de l'impartiale vérité, exigeait donc qua l'on, atténuât .autant que possible la puissance de toutes ces causes, que l'on fît ressortir à leurs dépens la prépondérance des effets immédiats de l'organisation. Le fondateur ne pouvait manquer: à.- cette. tâche (1); il y allait de la rigueur.de son système. .
H existe une autre cause, perturbatrice qui roe-
,«,Go
naçatt de déranger l'harmonie des -proportions (pê l'on suppose entre les foct^te* fondamentales et leurs organes,' et interne de jeter son ivraie au rtiiifeu des : penefflirits primifift, en faisant croître h coté 1 d'eux des penchants artîucieto capables de ]&# gêner Gomme de les 1 favoriser dans lem"développement, de leur faire pfendretine direction rbrtiéfl ,- dk le* étoUflerntême et de les supplanter.. Cette cause, c^est'la liberté, principe humai» par excellence qui , une fois constitua t ne' peut être en raison -directe- et on proportion de quoi que ce soit -qu'en devenant fatal, c'est-à-dire en cessant d*ëtre; qui, une fois créé, exerce à son tour stif sa propre nature, comme sur le roondo 1 extérieur,' dans des limites incommensurables , un vériVable pouvoir fcréatenr, permet à l'être moral qui le possédé de se refaire en partie sur on noi(viiau plan , quelquefois artiste sublime e^éoqtan 1 ! avec'des matériaux -rebelles un chef-d'œuvre fat* mé sur Aés idées divines , le plus souvent ouvrier plus ou moins 'habile- présentant a l'approbation ou-àu mépris des nommes l'homme travaillé de ses mains d'après les règles vraie» ou fausses d'tfri calcul égoistè'j d»nà toits-les -ca&, pouvant, par des habitudes volontairement contractées, enter une nature ■nbtfvelte'et'dflsa'&çoiï sur une nature reçue ,i avec ; les| organes. . ■ ,.■."<
Comme la présence d'un pareil principe, surtout si on exaltait les prodiges de la volonté hu-
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«naine» serait extrêmement fâcheuse ; pour, une théorie -dont la rigueur -scientifique exige un *ap r port constant et une oorrespûiidance parfaite entre les. phénomènes phj»iqi*l*t-et les phénonwwes moraux, et qtoed'ailloHrs; on no peut en nier l'existence sani blesser lanatuje humaine à l'endroit U plus noble (M heurter toutes les. croyances dw sent commun, M n'y avait qge deux partis à prendre : ou bien limiter à un tel point la puissance- de cette cause qu'on put impunément en négliger les effets' daes la pratique et la théorie; où bien, ce qui serait beaucoup plus avantageux, l'anéantir en l'identifiant avec d'autres principes, et en la réduisant par exemple à un simple rapport d'antagonisme, entre les faculté» fondamentales d'un ordre supérieur tf les facultés. d'une nature inférieure. On pouvait choisir entre ces deux* moyens; Gall les apris tous les: deux. ^q U ( Ad plaidant énergiquimient et de: la meilleur* foi du inonda en faveur du mot, il a tué la chose. I# liberté, comme il' l'explique, n'est qu'un équiUr bre (*), et telle qu'ill'adiuet ailleurs., saïwl'expJh que», elle est à peu près nulle. . ...
Si on reconnaît une àmo qui s'exerce par des organes, instruments indispensables de toutes ses opérations, etqu'enraème temps on tienne à voir dans la forme et le développement de ces. derniers
(i). Voj. tonte la aent-A\, Î".to1. .
l'expression fidèle el la juste mesure des facultés du principe spirituel, onadmet, il est .vrai, dualité entre la force, et son-instrument, puisque, c'est l'hypothèse; mais, dans- le fait» oa est obligé de les identifier et de. faire abstraction du premier; terme, en dénaturant complètement l'idée du rapport que nous concevons entre la cause et son moyen. Il est évident que, pour que les laits résultant, de la nature de l'instrument et de la cause qui s'en, sert soient ^mesurés par j la valeur du premier, il faut n'en ! aeteor Uer aucune à.Ja force* eUe-mâme,. sans quoi le résultat ^sccompliquastdu l'énergie de J» force aussi bien que de la perfection de l'organe, n'est plus' proportionnel à la forme de celui-ci. Si donc la proportion a ! lieu, la -i force que recèle l'organe n'est rieii par elle-même; elle .n'est, .-que ce que- la fait être; son ipstrument, c'est-À-idire qu'elle perd son caractère de cause et 'devient instrument à son tour.. Or, envisager ainsi- l'âme et ses pouvoirs, c'est l'anéantir. C'est .cependant une nécessité pour la science >de,Gall> si elle veut con-i cferé avec certitude du- développement des organes à la puissance des facultés qui leur coitresr pondeqt. Aussi, aprèsiavoir. cherché à établir le rapport constant qui est Une -condition: essentielle de sa théorie, et à:montrert eu -jouant sur le mot dépendance, comment ses. facilités intellectuelles et morales subissent toutes tes lois de l'organisation, il se garde bien d'examiner ce qu'il pourrait
— i 7 — y. avoir de vrai dans;la séciproque, «t. surtout de. se demander quel . est celui: des deux' termesi ,auquej appartient l'initiative. C'e^t, en vain, que plus loin il protestera contre le matérialisme; quand même il parviendrait à se faire absoudre par tousles pères de l'Église, dont il invoque le témoignage, la logique resterait inexorable (r).
Toute doctrine physiologique qui prétend assigner des organes spéciaux aux facultés, et trouver un rapport constant entre les unes ci. tas autres, esttenue.desatisfaireaux conditions. précédentes,. Les suivantes sont < propresau système de Gall.
Le cerveau, étant dans ce système l'organe .exclusif bien que multiple des forces intellectuelles et morales, ne peut partager ce privilège avec .aucune autre paftie du »eorps. C'est donc -une nécessité de donner on démenti atout es les doctrines physiologiques qui placent ailleurs que danis la région. .encéphalique 1 le siège de certaines affections (2), ou même 1 qui, sans les localiser d'une manière précise, expliquent leur manifestation et leurs çaraçtèrespan les rapports et la prédominance de plusieurs iOfgane$ affectés spécialement à d'au* tr^s fonctions (3). On, .est oblige aussi de nier, la
(lyiéu. -
(a) Btohat , Recherches philosophique) sur la vie et la mort, "partie, art. 6.
(3) Cabania , Bapp. <tii physique et Ha moral.
Digifeedsy G00gle
compétence du sens commun qui, comme en font foi toutes les langues du monde, désigne cer* taines dispositions de l'âme comme étant sous l'empire plus ou moins immédiat de -certains viscères, et participant de leur état comme ceux-ci de leur degré d'intensité. Il faut avouer que les raisons par lesquelles Gall réfute sur ce point les théories scientifiques et les croyances vulgaires ne sontrien moins que décisives; elles triomphent dece qu'il ya d'exclusif dans chacune d'elles, mais nullement de ce qu'elles peuvent avoir de vrai, réduites à leur juste valeur ; d'ailleurs ses arguments ont presque tous l'inconvénient de s'appuyer suides principes à lui personnels et qu'il sera forcé de démontrer plus tard. Tel est le principe physiologique par lequel on tranche la question insoluble de l'union de l'âme avec le corps, en assimilant chaque propriété ou faculté constitutive du moi à une fonction de la vie -organique, en circonscrivant sa résidence et la sphère de son activité à un appareil fixe, malgré l'ubiquité du sujet qui anime le corps entier, quoique presentd'u nemanieraplusmaràfestqdaDScertainesparties. Telle est encore la proportion supposée entre l'excellence d'une faculté ou son énergie et le volume de l'organe; enfin, la manière toute nouvelle d'envisager les forces fondamentales de l'âme (i). Ou peut ainsi oppo-
(j)Tom. II, sent. i".
sera ses assertions plusieurs fins de nott-recèvoir. D'ailleurs, il y amne autre question que Galî luimèmea fort bien, distinguée- de la précédente ('ii Quand- même on admettrait <que les viscères de It* poifrioe et da bas-venue, ainsi que certaines parties, du système nerveui proppemënt dié, ne son* les organes propres d'aucune disposition primitive del'àaie, ce que le Sens commun et nn/ grand. nombre de physiologistes n'ont jamais affirmé d'anemanièreformeUe/j d- n'en resterait pas mblttS vrai- que le mode de ■■ccpjBtitutitsn et4 x état' aVces parties du corps tonnent puissamment sûr nos q«alit& intellectuelles etmor»ksMi : ne soflfit>pss noti plus de* tourner en ridioutelbs division s ! 'an* CTOMfces et mWames dfs'teiïi>pérahïent8)'«i («s théories esduaivei qui ont eaagsré lenn-tmpoTtaijct^pouranéairtirla'oart inconstante e/oi doit leur revenir dans la déçernimatian i -dri ntirfO e6> rac t ère et d# nos aptitudes in t eilec t uellea. Or, bien que Gall ne nie pas ces inflences, il ke traite fort légèrement (a)) il est 'vrai que si. l'on accorde *j«ie importance conBiô»rebleàtbut«sces*ainieti, ainsi qa'aui précédentes , on âllaibtit d'autant tel fovoe du rapport qui unk les organes eéréntnux «vec les qualités morales'. N'exigeons pas d'un fondateur d« système une impartialité qui' lui imposerai»! 'de tels sacrifices.
(i) Ton». II,*ect., t".
(a) Ibid.
H ne suffisait pas- de prononcer cette exclusion contre tous les organes et toutes- 'les parties' Vlu corpsautrres que le cerveau, comme incapables soit par eux-mêmes* soit par leur concours, de servir de siège : ou d'instrument aux dispositions primtH tives de l'âme. Reste à démontrer par des preuves directes et positives que c'est bien le cerveau qui seul et sans partage est l'organe de toutes nos qualités constitutives. Qu'on examine attentivement et sans préoccupation systématique les douze corps de preuves par lesquelles on établit celte thèse, les faits qui leur servent de base et la discussion îles cas exceptionnels qui semblent contredire la théorie (i)j on reconnaîtra volontiers que tout cela confirme à merveille l'opinion vulgaire qui regarde en effet le cerveau comme l'organe spécial de la pensée ; maison se convaincra en, même temps que le physiologiste outrepasse presque toujours la portée des inductions qu'il est peBrais de tirer -des expériences les mieux constatées, inductions vraies tant qu'elles restent dans la .généralité où las laisse ordinairement le bon sens, mais qui cessent d'être rigoureuses et légitimes dès qu'elles revêtent le caractère de précision exclusive et absolue que réclame le système , et qui supposent d'ailleurs une connaissance des
(i) Ibiil. V»yei pnrlic nliéreincnt l'jrticle sur l'hydrocéphale --
rapports du physique et du moral à laquelle il ne sera peut-être jamais» donné à la physiologie de prétendre. On voudra bien remarquer aussi que, dans toute cette partie de l'ouvrage, ce sont les facultés intellectuelles qui sont presque toujours en Beau , parce qu'en effetles expériences sont beaucoup; moins démonstratives pour les affections de Famé que pour les opérations de l'intelt ligBOoeyea ce qui concerne leur localisation exclusive dans Je cerveau. -
L'homme intellectuel et moral dans son entier une fois acquis en propre au cerveau, pour jeter les véritables bases de la théorie des forces fondamentales cl constituer l'organologie, qui ne fait qu'un avec elle, il faut emporter un nouveau principe sans lequel ilest inutile d'avoir eu raison sur-tout. ce' qui. précède et impossible de s'en" tendre' sur ce qui doit suivre ; earc'est sur lui que reposent presque entièrement les destinées de la science que l'on veut fonder.
, . Ce point capital est celui de la pluralité des organes encéphaliques. Or, que Ton comprenne bien le véritable état de la question, ainsi que l'excessive 'exigence du- système qui commande ici plus que jamais une solution- absolue, parce qu'il périt sans elle. Il ne s'agit pas d'établir que le cerveau, tout en restant fondamentalement un, comme l'homme intellectuel et moral dont il est l'organe, est multiple dans ses formes et présente
un certain nombre d'organes particulière. S'il en est ainsi,: la -cause de- L'organologie et desforces fondamentales est.perdue; car alors il n'y a plus qu'une force fondamentale dont, toutes les àMtfe» émanent, et à. ce, titre celles-ci», dérivées qu'*Hes sont, descendent du premier rang et se sjabalternisent. La- véritable -force fondamentale se déploie par l'organe entier qui est «m, quoique renfermant divers appareils . par lesquels- s'exercent les facultés secondantes et déterminées, Encor^ moins doit-on s'imaginer que : l'intelligence, le jugement, la mémoire ou toute autre lacuité regard^.comoiunéiueftt comme priiioipegéuéFar* teur d'une séria de facultés particulière»; peut con-* server son unité radicale. et fondamentale au se diversifiant et se développant psriûutant d ! orgalies spéciaux qu'elle exécute d'opérations- essen* tiellementdistînetes. Entendre 'ainsi la pluralité des organes, c'est feu* rent rer au sein de quelque» facultés fondamentales .plusieurs, facultés parti-çulières qui avaient, uani-pé leur nom et le rôle important .qu'il, suppose , et qui maintenant passent,* l'état de simple^ «odes. C'est -enmêrne temps, considérer les organes spéciaux comme des formes d'unorgajùe unique, "destinées a l'accomplissement de cefctaiues 1 fonctions secondaires, par lesquelles se diversifient les fonctions générales. . .
En un mot, ce qu'il faut et ce que Gall veut
— a3 — positivement démontrer, c'est que le cerveau est, non pas un organe un et multiple, mais une réunion , une somme d'organes, une unité purement collective.
La question eut à la fois métaphysique , anatomique et physiologique.
Peut-être serait-il facile, de prouver que, des trois sciences qui sont ici en présence, la première a voix. prépondérante t et que le principe général quel qu'il soit, admis par elle au sujet: de l'unité et de la multiplicité des facultés intellectuelles et mosales dans leur essence, assistera» caché ©ut no», à toutes les recherches physiologiques e anatomiques, et qu'il en dominera les conclusions. : .
Quoi qu'il, en soit , Gall, avant d'entreprendre dfl dé»iontrej' le .principe de la pluralité des organes.du cerveau qu'il lui importait si fort de, coç. reborer par. toutes sorte» de preuves directes et indirecte*, n'a dû rien négliger pour lui préparer les voie» et le rendre vraisemblable.
Il s'attache d'abord (i).à montrer que tousles procédés, plus ou moins ingénieux., inventés par les physiologistes pour déterminer la mesure des facultés intellectuelles, et morales, sont taux, ou incomplets, précisément parce qu'ils présupposât l'unité -des fonctions cérébrales etoeTorgane
(l) Ibid., MJCt. II.
encéphalique. 11 fait voir facilement la vanité ou l'insuffisance de toutes ces tentatives; mais il a tort d'en triompher et de s'en faire un allument, car elles ont été malheureuses par d'autres raisons encore que celles qui ne sont pas d'accord avec son systènu;, par des raisons qui pourraient bien aussi détruire 1 ou invalider les résultats de sa propre méthode.
11 faut savoir gré au docteur Galt d'avoir passé en revue les philosophes et les naturalistes qui, avant lui , ont admis la pluralité des organes cérébraux et localisé les facultés intellectuelles et morales; mais il s'est trompé s'il 'a - voulu sep-ré^ valoir de l'antiquité et de là perpétuité de cette opinion pour donner du poids à la sienne. Tout en accordant à sa doctrine des antécédents nombreux dans l'histoire de la science, et- un fondement réel dans une croyance naturelle à l'Homme, il' faut avouer que, pour oe qui concerne le fond de la question, savoir l'unité fondamentale malgré la pluralité, toutes les autorités anciennes et modernes sont absolument nulles ou contraires ; car tous ces hommes dont on cite le témoignage ont reconnu d'une manière plus on moins explicite l'unité fondamentale de l'organe 'cérébral, tout en proclamant la. multiplicité, et cela partie qu'ils 'étaient soumis au principe métaphysique dont Gall se fait gloire d'avoir secoué le joug pour fonder sa théorie. Ils ne regardaient point comme
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de simples unités nominales le mot et les facultés qui en émanent, et comme facultés nécessairement fondamentales celles qu'ils localisaient dans des organes spéciaux.
Gall doit prendre pour lui toute la responsabilité de son opirtion sur la pluralité des organes du cerveau et chercher ailleurs que chez ses devanciersdespreuves'qui la légitiment. Ces preuves; il se plaît' à les accumuler et les range en trois classes : elles sont anatomiques, physiologiques ou pathologiques.
Pouf peu que l'on veuille y regarderdeprès, on verra que, dans celles qu'il appelle anatomiques'; la : conclusion dépasse la portée des 1 faits'. Il n'y a rien Va que de foft naturel; car si Tanatômie fotlr* nit lés faits** les compare, c'est la métaphysique qui conclut. Gall reproche aux anatomistes d'avoir étudîé le cerveau sous l'empire d'une idée métaphysique , celle de l'unité du moi et de certaines facultés fondamentales ; mais d'abord ils ne pouvaient pas faire autrement et tenaient Compte d'un' fait réel; ensuite lui-même tombé dans la même faute, si c'en est urie, à moins qu'il ne croie' y avoir échappé en appliquant partout un principe métaphysique opposé à celui de ses de*vanciers.' L'-anatomie proprement 'dite et l'août omîe comparée' ne disent absolument rien sur la véritable question, cellede l'unité fondamentale de l'organe; elles' montrent des parties plus ou moins
a6 — dislincte» et nombreuses dans l'encéphale^ elles exposent des cerveaux plus ou moins riches eu circonvolutions. Le naturaliste observe avec une méthode plus ou moins scientifique les variations correspondantes des facultés ou des qualités morales; mais ce qui implante danB tout cela des forces fondamentales distinctes et sans autre unité que celle qui résulte de leur juxtaposition et de leur action réciproque , c'est la métaphysique à priori, qui voit ce qu'elle veut voir et crée les entités dont le système a besoin.
Il est inutile d'iucidenter sur les termes; mais il me semble que les preuves physiologiques seraient aussi, tout aussi bien et peut-être mieux appelées d'un autre nom. On s'autorise, par exemple, de la différence essentielle, ou présumée telle, qui caractérise certaines dispositions intellectuelles et morales et certaines facultés pour en conclure la nécessité d'organes distincts et séparés , ce qui suppose résolue par une observation et une comparaison profondes une question qui n'est point du ressort de la physiologie. Partout on (ait l'application d'un principe métaphysique qui n'a qu'une valeur hypothétique dans les sciences naturelles et n'en a aucune dans les sciences morales, savoir : que les phénomènes différents ne peuvent s'expliquer que par des forces différentes, comme si une même cause,, une de son essence, mais douée de propriétés diverses, ne pou-
— a 7 — vait pas produire par l'intermédiaire d'un organe un, mais varié dans le* formes, des effets diCféreuts. On. -s'appuie sur l'analogie qui. doit exister entre les fonctions intellectuelles et morales et les folio lions de 1» vie organique, hypothèse, que l'on peut contester. Il y a confusion continuelle de deux questions distinctes: celle delà pluralité sans unité réelle, et celle de l'unité fondamentale, qui n'esclut pas la pluralité, mais la subordonne, à l'unité. On va plus loin; si l'unité du moi, ce fait patent,, irrécusable, se remontre en chemin et fait obstacle, il est à la fois nié et bafoué (i),, comme si le sophisme et la mauvaise humeur pouvaient quelque, chose contre , une vérité qui a rang d'axiome .pqujç le sens, commun,. D'ailleurs, il est, à remarquer qu'en général, toutes les Ibis. que le docteur Gall s'est trouvé sur ce terrajn en présence de son plus redoutable adversaire (a), il ne répond. aux objections ; qu'en éludant la véritable question et en profitant de ce que le .champion de l'unité exagère, peut-être quelquefois son propre principe.
■ 'fous les raisonnements qui constituent les.au* très preuves roulent sur le même .malentendu et peuvent s,tj résumer eu. pflu <le mots, Dans la. répartition des (aeullés et des qualités morales sur toute l'échelle des. êtres. vivants, nous voyons les
'to;p.4o7.
(a) F: Birard.
mies accordées à certains animaux et complêfeînënt refusées à d'autres. Partout' où elles sont communes, elles varient en- degrés dans des proportions pins ou moins grandes. Leur 'inégalité se remarque non-seulement dans les espèces différentes et dans les individus de la même espèce, maiseneoredansle même individu. Elles naissent, se développent, s'affaiblissent -à des époques 'différentes et d'une manière plus ou moins complète ; s'assoupissent, s'endorment et se réveillent successivement, ce qui ne peut «'expliquer que par la pluralité des organes correspondant aox "facultés 'distinctes 'et soumis aux mêmes lois'. Sans m'amuser à faire' ressortir ce'qu*B"y*a d'exagéré dans i'intérprétatiôn dé tbus-cesTaîts et'de "force dans la conelusiôri, je' supposé qu'on adopte cette dernière sans réserve; "il- est évident qàë'lfr fbrid delà question -reste- intact.
Mais c'est' surtout dans l'interprétation dits phénomènes pathologiques ou des altérations partielles que subissent tes facultés mentales que se manifeste cette tendance à fractionner l'être moral et ses facultés, poussée jusqu'au ridicule, fl y a dans l'état anormal, comme dans l'exercice régulier de «os-faeultés,des faits mystérieux, capables de faire-douterun instant de l'unité de notre être l'observateur superficiel , et de lui faire voir dans l'homme plusieurs personnes radicalement distinctes et des principes quelquefois désunis ou
— *9 — même discordants. .M^is d'abord, .si l'explication qu'on , en donne est. .fort simple, il faut avQuer qu'elle L'est dans le double sens du mot. Quel est, par exemple, le tribunal composé de gens naïfs qui jamais s'est avisé de .prendre? au pied de la lettre .la définition 4e la raouotnauie, telle, quai faudrait ,1a donnez: d'après la manière, de voir, de Gall .(j)., D'ailleurs rien ne, peut ébranler le sentiment immanent que nous avons de l'unité delà force qui vit en nous et de ses facultés vraiment foudarnen talcs. IVou, malgré la monomauie et bien d'autres faits plus inexplicables encore, la raison est une et chaque organe ne peut, avoir la .sienne.
.Le principe de la plu ralité collective des organes cérébraux, dont il ne faut jamais séparer celui c\es forces fondamentales, est le fait constituant de la science.de Gall, forganologie, dont la cramosnopie n'est que Je moyen. C'est ce principe qui lui marque .son objet et en établit la réalité; mais, pour atteindre le but , pour découvrir chacun des organes ,el .déterminer Leurs fonctions, il y a de nouvelles conditions essentielles à remplir et enfin une méthode à trouver, ,
■ r ,11, est impossible de, su.rnre.ndre par les procédés analomiques, dans laforme de chaque organe, soii rapport avec la faculté qui s'exerce par son intermédiaire. Les opérations, qui s'exécutent au sein des appareils encéphaliques restent même
— 5o cachés a, l'œil du physiologiste, et toute tentative pour les aborder directement transforme tous les phénomènes eo faits pathologiques sans y porter la lumière (i). L'expérimentation doit laisser' là vie suivre son cours naturel ; il faut donc que les organes se révèlent au dehors à travers leur 1 enveloppé osseuse par des signes évidents, et qu'entre leur manifestation extérieure et leurs opérations internes il existe un rapport invariable, une loi; ce qui suppose : i"quechacun*des organes plus ou moins cachés dans la masse interne du cerveau projette à la surface une portion de lui-même en rapport direct avec son volume total, de sorte qu'on poisse juger du tout par la partie; ■a' qu'aucun intermédiaire n'empêché la lame interne thi crâne de se mouler parfaitement sut les circonvolutions cérébrales; 3* qtrt-là lame eïtertië'est parallèle sur tous lés points à la lame interne' et toujours également distante ;iJ*qUé les- formes du crâne sont produites par celles- de Fencéphàïè et non par des causes étrangères; '5* enfin fl est une condition 'dernière qui Seule peut féconder tous ces rapports purement matériels. La surftlce du crâne ne donne que des rennes géométriques; c'est donc dans l'étendue seule que doit être pris le signe qui doit résumer tous les autres, suffire à tout, etpar lequel on pourra savoir quelqueehose
(i) Gall lui-même(l. IHjsect. n) et Spunheim ( Oi- Mital. sur la Phrén^ développent fort bien cette îdé«.
de l'organe et de sa (onction. De là ce principe qui doit être admis sans réserve et sur lequel on a tant insisté : la puissance de chaque faculté est en proportion directe du volume dé son organe; la capacité géométrique fait équation avec la capacité intellectuelle et morale.
Cette dernière proposition, Gall prétend l'avoir démontrée dans sa réfutation des procédés employés avant lui par les naturalistes pour trouver une mesure des facultés intellectuelles. Ses principales preuves s'appuient sur de' nombreuses expériences faites par lui-même et sur des analogies entre les fonctions intellectuelles et les fonctions -organiques. Cette assimilation a été justement contestée. Quant aux expériences, la vérité de leurs résultats dépend de la rigueur de la méthode ; jusqu'à ce' que celle-ci ait montré ses titres, le principe reste donc à l'état d'hypothèse. En outre, il implique une autre supposition dont H a été dit un mot plus haut, celle qui, donnant tout à, l'organe, ne réserve rien pour la force qui agit par lui. Le matérialisme et le fatalisme seuls peuvent s'accommoder de cette supposition ; or, Gall repousse avec indignation de pareils qualifications. Enfin, en se renfermant dans le point de vue physique, doit-on faire dépendre la perfection de l'organe uniquement de son ampleur et faire abstraction de sa disposition interne, ainsi que de toutes les circonstances qui peuvent favoriser son
— 3s — action ? .Ici. cpm.ine a^.leurs,cQmn»e partout, Gajl, pour fonder sa théorie, a été obligé de poussera l'extrême- un principe vrai dans certaines .limites et faux dans son caractère absolu. Ses adversaires n'ont pas nié qu'un certain volume d« -l'organe ne fût nécessaire pour le. développement libre et facile des facultés intellectuelles et morales,, (nais ils ont fait observer que, si. la.grosseur matérielle indiquait souvent la. puissance et au, moins une vitalité riche, el(e. n'excluait pas la faiblesse, et que même, portée à l'excès, elle pouvait la prodijurje; de plus ils ont réclamé, la part de plusieurs autres causes différentes. Enfin , qui ne voit dans tout ceci l'abus du point de vue mécanique, hors .duquel tous ces raisonnements. sont inintelligibles? Pour ce qui est des lois an^tomiqu^s par, lesquelles est censée s'établir la coïncidence pai-faiie entre les organes de l'encéphale ej , les formes ^ex^ téiieurcs de la surface. du crâne, la première, commune, à tout le système nerveux, a été découvert^ par, Gall dans. son application aux hémisphères du .cerveau formés, selon |ui, par répanouiss/emqnt des faisceaux qui naisseqt e$. ,se^ renforcent dans l'intérieurde lamasseenç^phalique.Quelleque soit la supériorité de cette. .vue, d'après laquelle* on a tenté de substituer la méthode de, déplissement, à celle des coupes transversales dans la dissection du cerveau, reste toujours à savoir si ce sont bien autan t d'organes spéciaux qui s'épanouissent ainsi
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sous la voûte du crâne pour en dessiner les contours. !
Lorsqu'on a suiTi avec intérêt les expériences par lesquelles sont démontrés les autres rapports qui unissent la oranioscopio avec l'organologie, il est difficile dé ne pas revenir au jugement du physiologiste de Montpellier. * On est convaincu qu'en effet le crâne représente en général l'encéphale; mais cette opinion , incontestable sous ce point de vue, doit être restreinte par des considérations dont plusieurs sont admises par Gall luimême. » Enfin, lorsqti'après avoir parcouru l'effrayante série des conditions précédentes , on se trouve en face de cet alphabet cranioscopique encore muet, dont les caractères en partie oblitérés par les impressions digitales, quelque peu déforntés par les sinus frontaux, ou cachés parles orbites, faussés peut-être par le défaut dé parallélisme exact entre les deux parois du crâne, sujets à une infinité de perturbations accidentelles, et, pardessus tout cela, rapprochés au point d'être confondus; en un mot, si indéterminés, si équivoques, si mal écrits , on ne peut se défendre d'une vive curiosité mêlée d'une/extrême défiance, en attendant comment s'yprendra l'interprète pour tracer nettement leurs limites respectives et surtout pour découvrir leur sens clair et précis. Certes la méthode ne pourra être trop sévère, et si, par exemple, le procédé fondamental qu'elle
envoie p4w observe* .les -faits .mor aux -manque de précision , à l'indétermination du signe cna- PÎQscopique se.jqigqant celte delà chose signifiée et.nar conséquent de. leur rapport, ««sera en droit.de d^jqu'i), ne .sortira jamais de là une vér&ible spjence, na\h tout au pkis Une ; théorie arj?&rajre qu'il sera facile de. défendre à cause du vague n^rue des. laits sur lesquels rouleront ces asseyons. Car enfin , de. quoi ■ s'agit-il ? de. tcouxer les rapports. OQnslanitsqjuiexiMent#ntl« les facultés, ou qualités MUejUectuelles et morales. et les organes encéphaliques, ou plutôt las. forjues.du cpâne. qui Jes représentent Mais si ces deus.sSrias ^e ternes, ne son} pas également bien observées*! Jeurs caracjpres rigoureusement analyses,. (a- ça»-, Cufijpp ef, instabilité régneront. dans les rapports,
Or r p9 ur !?^ server I e8 ft""^ f 00 » ?» G4! #dopl» unppemiermojen qu'il proclame luirméme oojnni^ tel, un moyen qui se trouve inipjiqué dans tous Les procédés d'expiérMOeufation,:dPBt ceux-ci »qppo»en|: par conséquent la légitimité s^eifcttfquç, quelque nombreux , quelque variés et rigoureux qu'ils, soient; qui enfin ne parait subordonné à aucun autre, ni dans l'exposition .de }a méthode, ni dans son application. Ce moyen, c'est le langage vulgaire (i) et l'ensemble des manifestations e.x,té-
,(i) Sous ce rapport, la méthode deGiil diffère peu de celle de LaTKler. Vvy- î'ouvr- de ce dernier, a' toI-,, 17' iregm,,
Digit.«doy GoOglC
riewres par lesquelles se réwète l'homme intérieur, intellectuel et moral. Or, on l'a dit cent fois : cet instrument : , qui suffit d'ailleurs aux relatioïïs de la vie commune, «'* de valeur dans la science qu'autant qu'il est dominé et transformé par un procédé supérieur, et cela parce qu'il est le vague, l'indétermination et la confusion même; Toute la méthode «le (Jall consiste à confronter ensemble, dans une multitude d'expériences habilement et laborieusement variées, un système de signes in connu et peu arrêté dsïls sesformes avec Un autre système de signes connu, -mais vague et indécis comme le premier , et q ui , pour le foire connaître , aurait besoin -d'être confronté lui-même avec la réalité dont il est l'image obscure et souvent infidèle. L'analyse des facultés intellectuelles' et morales est la partie la plus faible de l'ouvragé de Gall; c'est une vérité qui saute aux yeux des esprits les plus superficiels et les moins familiarisés avec les analysas philosophiques. C'est ee qu'on a répété a l'auteur mainte et mainte fois, 11 a répondu ce que je répoudrais moi-même; « Cepen> « danl la détermination des forées primitives ou a fondamentales de l ! âme et In fixation, du siège a de leurs facultés ou de leurs conditions maté* •< délias constituent précisément la doctrine sur
p. a66, et comparai avec l'arliole surle langage ordinaire, p. »?3 du 3' roi. de Gall,
« les fonctions des diverses parties du cerveau. «Tant qu'on n'aura pas admis ces notions parti- «.culières, la physiologie du cerveau flottera tou- « jours dans le vague' des généralités. Sans cette u connaissance détaillée, comment parviendrait- «on aux applications les plus importantes, soit à « l'intelligence d'une infinité de phénomènes phy- « siologîques, pathologiques, psychologiques, soit « aux institutions sociales , à la législation crimi- « minelle , à l'éducation , aux caractères natio- « oaux, aux arts et à l'étude de la philosophie? » Gall sentait fort bien que cette partie faible était plus de la moitié du tout; c'est en effet l'édifice même dont tout ce qui précède ne montre que les fondements qui encore ne sont pas inébranlables. Au moins jusqu'ici l'anatomiste, le physiologiste et le naturaliste ont couvert de l'autorité des principes généraux et du langage imposant de la science les paradoxes du moraliste et du métaphysicien ; maintenant on a beau s'entourer d'un appareil formidable d'expériences , rien ne peut voiler la nullité scientifique de ce recueil descriptif et anecdotique, décoré du titre pompeux «d'Exposition des forces fondamentales, ou des qualités morales et des facultés intellectuelles, primitives et radicales, des instincts, des penchants, des sentiments, des talents, et du siège de leurs organes particuliers. » Personne ne méconnaîtra ce qu'il y a de curieux et de vrai dans une foule;
'-57 d'observations de détails qui appartiennent à l'histoire naturelle de l'homme, et plus encore à celle des animaux, bien qu'elles fourmillent de naïvetés de toute espèce. Les chapitres qui roulent sur les instincts, les penchants et les qualités qui sont sous l'empire le plus immédiat de l'organisation matérielle, renferment un grand nombre d'expériences qui ne manquent ni d'intérêt ni d'importance. Le physiologiste est encore là sur son terrain; il n'est pas étonnant qu'il s'y complaise et que l'instinct de la propagation, par exemple , occupe à lui seul trois fois plus de place que le sens moral et le sentiment religieux. Mais il faut lire la description des qualités qui se rattachent aux facultés les plus hautes de la nature humaine pour se faire une idée de la puissance d'analyse qui a présidé à tout ce travail , dans lequel on se' vante d'avoir séparé, une fois pour toutes, les forces fondamentales de l'âme, tracé leurs limites respectives, et fixé leur siège avec une précision géométrique. Ensuite , en voyant passer sous vos yeux ces vingt-sept personnages qui sentent, comparent, jugent, raisonnent, et parmi lesquels figurent la circonspection , la ruse, l'esprit caustique, trois mémoires différentes, vous êtes tenté de vous écrier : «Mais ce sont là des modes et des nuances de facultés que vous nous donnez pour des foi-ces fondamentales. » Il faut pourtant bien s'en garder si on ne veut encourir
l' i iidig.ua lion et les, analbémes de Gall. Malheur aux- philosophes qui -.ont ''ta.il régoer si long-temps cette déplorable idée dans la sciencel sa verve les immole au ridicule dans chaque page âe ses «airuges, DMi reste on comprend fort bien cette mauvaise humeur; cary vouloir «ébabtlitee celte opU oion-, c'est porter la maint suc la pierre angulaire de soi* système et condamner ta méthode qui l'a posée; ïl. est superflu de l'entreprendre,. mais.U est curieux d'exajBftaer comment .est né et s'est développe logiquement le monstrueux paradoxe qui: a engendré la théorie des forces fondamentales: Cetjit éitide ne sera pas. sans- importance; car djabord elle donne kuctefidu;systèmje^eosaileelle rend compte d'un phénomène perut-étre* uuiqdeda^J'bistoire>des^ei«ws>roor8lesi. ; - ;
. La méthode^ de GaU est double. El te se compose de oelle du, moraliste proprement dit et de celte du phy sicien réu nies, sowve&td'a ccoraVqaelqu flibis opposées^ dans' le conflit la plus; incertaine cédant piit jours, à la- plwsferme et sfrkûasatt* même quelquefois in*i«o«emment. reyslifie» par- elte., tout en protestent par un instinct honnête corïtre certaines conséquence»; peu en .harmonie, asec tes crosa»o^suwmles.dugenrefearl[i;iiir.,mais-d'accoFd ajvecles principes admis. :
. Or, dans le «as qui- nous occupe* ces deux mettons demÏBiMys'entendre.àmerveiUe^^^ ompeut eaJHger.: ■
làcapable de pénétrer datte l'analyse profonde et Scientifique dé ta* rature» une et identique tfe l'homme et de setf 1 (acuités f se senutnt'd'aiftewri uiie îépugaaoee io*iwc*blt"pourhMite rectierche de. ce genre qn'-ë trdite d'ardue, de chimérique et ; d'imu tile,le ntoralisUïsé complaît dans Féttfde pfa$ : facile, plus amusante, et, en apparence, Beaucoup plus pratique,* &sf(^ahVs< particulières par lésquelles: se dessine ribdWiduaRté do- chacun, qualités dont plusieurs!, étant <&m&mt : dif$éretil6fi organisations physiques, sont en effet, dans ' le sens pbyaiwIogiqUe^vitiuiaeAtarigirielles^pTiniîdves et «onsUlativêat
Pesôn eôt«iJe naturaliste; tant en prenBt|t>plour bastt dé ses classifications a» logiques, non les caractères moraux, mais les propriétés' organiques^ 1 ne' néglige pas entièrement les qualités morales ; œaja après celles dont ht- rapport avec t'orgahisatipoesAle plu» manifeste, les plus importantes à 1 Ses yeux sont les mbins-gériéfbles , les plus* ràpprbehées dé l'individualité, parce qu'elles' lut Servent à. établir sessnbdivisiôns et ses variétés: l,tis autres, il ue'IesdoniiàU'pas, cm les connaît niai, ou 1 ne s'en occupe pas ; il'les'rfenvôiiià ta'ihétaphysïqùe. Enïiny dans ta IY»Tnation dés'classrficàHbiis naturelles-, lwsqtfil se laissé guider eterùsWeinerit' par l'analyse, il parfrdes individus pdiir s'éfevêr gradmelleidenti 'des espèces 1 auS'genres j ; étaigtiant dé perdue terre etde s'égarer darls lès' mystérieuses
régions de l'idéalisme, il regarde les individus comme les seules existences réelles. Pour lui, les qualités essentielles et constitutives de l'espèce et du genre ne sont que des abstractions, des entités verbales, et l'infinie variété des êtresse résout dans une abstraction , c'est-à-dire dans un: mot qui résume le<monde, ■ i ■
.Maintenant, lorsqu'il s'agira de* reconnaître ce qu'il y a de constitutif et de fondamental dans L'homme, si vous abandonnez le soin de cette découverte aux deux méthodes précédentes, il est. clair qu!au point de. départ eUes se donneront la main et marcheront de concert; mais k première est trop.foible pour aller loin si elle ne s'appuie sur la seconde et ne se décharge sur elle de tout le fardeau bcientifiqiae. - ■ ■
Pourl'imeet l'autre, l'homme réside essentiellement dans l'ensemble des qualités individuelles par lesquelles sa nature est déterminée, et mise ea relief sous la forme actuelle de l'organisme qu'il anime. Le moraliste se met donc à recueillir avecsoin les.penchjmts, les passions ,, les dispositions innées par lesquelles se manifeste la nature individuelle. U amasse ainsi, une collection! curieuse , ornée de tout ce que produit en outre la combinaison de tous ces principes et leur, culture artificielle soua^'influence demille causes diverses ; puis il met le tout à la disposition du savant. Celui-ci. s'en empare , mais il oe peut laisser les choses en
cet état. 11 n'y a rien qui- ressemble à de la science dans ce riche pêle-mêle. Il est urgent de faire un triage sévèrede tout ce qui est vraiment inné, fondamental et constitutif, et de le séparer nettement dfl.ee qui est ultérieur, accidentel, ou prodoit par la modification des éléments simples et leur action combinée. Pour résoudre la question, il est évident que .la seule voie sure et directe serait d'examiner les caractères essentiels des. phénomènes et tes opérations qui appartiennent à chacun des principes moraux recueillis par l'observation, et de les comparer, pour saisir leur ressemblance et leur différence radicale. Mais ce travail vraiment scientifique dépasse infiniment la porté du moraliste, qui prend pour guide les vagues dénominations du sens commun et l'expression équivoque des manifestations extérieures. Sans avoir une perception bien nette de la nature du problème, il aimera mieux déclarer en termes peu précis qu'if est impossible de le résoudre. « Il serait à désirer que « nous puissions déterminer toutes les facultés- « fondamentales, par exemple, le penchant à la « propagation, l'amour de la progéniture ; mais l'ac- « tion ordinaire des qualités et des facultés ne ré- « veille guère l'attention, elle nous échappe dans sa a destination pri mi tïve.Nous voyons les diverses ra- <i mifications de l'arbre, mais sa racine et cachée ( *).»
(i) 3* vol., p. aia.
\j*i naturalisténe alatrgcra ! ilotw de 4 «et te làcltfe 1 ; U.uepéut le faire qu'eài solVant ses principes et en employant les procédés qui lui ion* propre*. Il posera ùpriori cet axiome. : «'toute fateuité où. qualité: simple, irréductible ercoustilutive, a nécessairement soè orgade spécial sans lequel elle ne peut se développer. *> Ainsi/ autant de facultés simples, autant d'ofgabes; à chacune fee sien. Il u\t &rien en cela qui heurte au premier abord ie simple bon senti, et enraicrne temps rien de plus commode' pour »& physiologiste qui vent avoir prisé sur le moral par le physique, et profiter de . la^solkferité supposée des deux termes d'un rapport- . eonstaut pour le* substituer l'an a Fautre dw& .se» expériences. On admet donc que toute faculté essentiellement une est représentée .putus organe un, ce qui peut bien être -vrai; mais ou ne s'inquiète pas si, du supposant urte force 1 . présente à tous les points d'an organisme wdanty et cependant une et simple dans son essence, «baicurie des fsfcuUés fondamentales^ procédant de< ce principe actif ne pourrait pas,, quoique radtnatemettt une et simple aussi, se déployer par plusieurs appareils organiques qui correspoodraieirt. alors, ' non plus à autant de facultés constitutives,, mais aux différentes applications d'une même faculté, et ne seraient eux-mêmes: que les développements d'un organe unique; ce qui changerait la thèse et rendrait impossible la solution du problème pur e procédés suivants.
■ Dans l'impuissance où Ton est de prononcer sur l'identité ou là différence radicaté des faits moraux d'après leur nature même, on est bien forcé de recourir à des signé» tomt extérieurs. Alors une teculte - sera essentiellement distincte défoules lesautres et 'constituera nne force fondamentale simple, irréductible, lorsque, par exempte, on la verra, elle et son organe, naître, se développer, s'altérer a des époques- différentes de celles que fa- nature a fixées pour lu manifestation et les modifications correspondantes des antres facultés. C'est une circonstance de temps substituée au caractère interne et Cènfttàftltif, qui doit servir de type à I» clâssifiieàfion naturelle. Ainsi, d'après ce principe, la mémoire des noms et h mémoire 1 dès 1 choses ne 1 seront pas deux formes distinctes d'une mente faculté, la. mémoire, maïs deux facultés fondamentales essentiellement différentes comme leurs organes. Les six autres signes auxquels Gàfl* prétend reconnaître - les' facultés simples sont également pris en dehors du fait intellectuel ou movaiy et applicables par cela seul beaucoup plus aux modes des facultés qu'aux facultés ellesmêmes (t)."
(j) Vae fiicirlté ou- une qualité- est simple, primiHrc et fondamentale : , i" lorsqu'elle paraît ou disparaît plus tOtou plus tard que les autre»; 1° lorsqu'elle n'est pus proportionoée au* aBtres facilités dnrfiême individu; S" lorsqu'elle péutagir mi se reposer seule; (f lorsque les autres* ©use N
Dans les sciences naturelles, quand on a ramené la variété des phénomènes à l'unité de classe comme représentant ce qu'ils ont d'essentiel et de constitutif, on les attribue à une cause inconnue, mais à laquelle on suppose la vertu de les produire; de la différence radicale des effets on conclut la différence fondamentale des causes ou des forces, comme on les appelle dans le langage moderne de la science. Gall est si bien sous l'empire de cette méthode qu'à l'expression de faculté ou de qualité il substitue celle de força fondamentaiex, qu'il emploie toujours quand il parle avec quelque précision et qui parait en première ligne dans la série des équivalents empruntés au vocabulaire usuel. Cç fait me parait très significatif; car il s'agit non-seulement du mot, mais de la chose. Ce sont bien en effet des forces distinctes qui, dans la pensée de Gall, animent les organes, et leur ensemble est un dynamisme. C'est même quelque chose de plus; car, comme on va le voir, ces mêmes forces sont de véritables personnes, et l'être collectif qui résulte de leur juste-position et
Tant leur intégrité, elle est seule dans l'inaction ; 5° lorsqu'elle se trouve lésée seule dans les maladies mentales ; 6* lorsqu'elle varie dans lesdeux sexes d'une m 8 me espèce; y* lorsqu'elle existe dans telle espèce d'animaux et non pas dans telle autre. {Voy. I III, p. 314.) Il est clair qu'en appliquant, par exemple, ces règles à la circoiupectian, on on ■ peut Caire une faculté fondamentale. Voy. la liste de Gall.
de leur action réciproque est à peu de chose près une société.
En effet, les forces fondamentales une. fois constituées dans leur indépendance, ainsi que leurs organes, que fera-t-on des facultés qui avaient usurpé leur place dans la science et que le langage vulgaire s'obstine encore à désigner comme les principes générateurs de toutes les autres? La question serait embarrassante pour un métaphysicien qui voudrait y regarder de près ; mais pour Gall , qui n'observe jamais que d'une manière très superficielle les faits moraux en eux-mêmes , il n'y a pas l'ombre d'une difficulté. Voici comment il raisonne : Lorsque la force fondamentale et l'organe des nombres sont eu activité , on perçoit, on juge, on raisonne. Lorsque la force fondamentale et l'organe de la poésie sont en exercice , où perçoit , on juge , on raisonne ; donc la perception , le jugement et le raisonnement sont communs à la faculté et à l'organe des mathématiques et à celui de la poésie. On doit dire la même chose de toutes les autres forces fondamentales. H en est de ces attributs comme des propriétés communes à plusieurs objets ; elles n'existent pas par elles-mêmes ; ce sont des qualités abstraites, qui n'ont de réa-lité que dans les objets individuels qui en sont revêtus. Ainsi la sensibilité , l'intelligence , la volonté, le jugement, la mémoire, etc., n'existent réellement que dans chacune des forces fonda-
ïneuJal,es,fjui ,cu sont douée».; ©iles oc sont -rien en elles-mêmes que de purs modes. On voit comment le physicien -se. titpuve pris au piège dpisa propre méthode. Il £ peur de réaliser deeabptMOtions, et il ne voit pas que d'abopd il a réalisé sas facultés morales en lies érigeant *n forces distinctes. Maintenant il les -personnifie en donnant à chacupe d'elles la propriété de .sentir, de pen- . ser, déjuger, de vouloir. Que faut-il davantage ptMjr créer ses personnes morales et une petite société ? il n'y manque qu'une, condition essen? . tielle; c'est que toutes ces personnes se communiquent mutuellement ce que chacune d'elles &ent, pense, juge , compare et veut dans sa sphère individuelle; sans cela , hien que les forces soient en elles-mêmes intelligeu(e-s;et volontaires, l'ensemble ne formera qu'un mécanisme. Plusieurs expressions dont on s'est souvent servi dans les objections contre le système de Gall, et qui ont été regardées comme métaphoriques, opt été suggérées par cette pensée et doivent être prises à la lettre. Ce serait bien, en effet, une république ontologique (i), comme parle un illustre physiologiste, que Gall aurait. établie dans l'encéphale, si la condition essentielle n'avait été omise, Du reste, 11. Braussais a voulu Étire ressortir le défaut d'harmonie et de coraenmf que semblant suppo»
(i) De l'Irritation et ttt la Folie, ch. vu, p. <j?i el(j,?7''
Digifeedcy GOOglC
5ff;defi forças (vndajatttfHtalese^Hidépendautfcsetla pluralité des DfglBCs spéciaux qui leur eon-esipondent. Mais le reprouhe ne parait pas suffisamment fondé> s'il ne porté que sur l'absence de ce genre d'unité. La société- ontologique de GaJl n'est pas plus, lins république qu'une tnbna»chie; elle n'exclut positivement aucune forme d'organisation. Fondateur d'une science y il s'est beaucoup moine occupé des rapports qui unissent les éléments que des élémeats eux-mêmes , de l'en. senibleque desijndiyidus, de la synthèse que de l'analyse. H est vrai que s'il eût examiné de plus près j'influence réciproque des fa.cull.wi, il aurait beaucoup moins accordé à- chacune d'elles prise i#pléw*nt ,.ce quii aurait encore dérangé l'éconûT mie de ses proportions ; niais il a mieux aimé lais» serlamoitie.de la tâche à sas successeurs, la plus difficilo peut-être, comme les résultais ne semble» t que trop ]e. démontrer.. Quoi qu'il en soit, loin de uierracti(i>iFécq»'oqije«iesfaeuliés fondamentales et l'unité qui en résulte, pajtouj il admet la. domination de fait ou de droit qui, dans l'état normal ou anormal, maintient les forces dans une certainedépendajice; il a même tenté de détprpiiner d'une manière générale leur hiérarchie; il reconnaît des facultés nobles supérieures, qui sont l'apanage de l'espèce humaine, distinguent l'être raisonnable et doivent commander aux autres, et des, (acuités inférieures à des degrés dif-
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férents, que nous partageons avec les animaux. En outre, comme le physique s'est que te moral mis en relief et eu reproduit les lois, ces rapporte se trouvent admirablement représentés par la manière dont la nature a disposé les organes qui sont' les sièges de nos facultés. Les facultés nobles ont leur siège dans la partie antérieure supérieure de la tête; celles qui nous sont communes avec les animaux sont situées sur les parties, latérales et postérieures inférieures du crâne ; d'ailleurs il devait en être ainsi, et cette vue à priori n'a pas, de l'aveu même de l'auteur, exercé peu d'influence sur la découverte des organes cérébraux et de leurs fonctions. Ou voit donc en résumé que ce n'est pas précisément l'unité d'harmonie qui manque aux forces fondamentales, bien que la tendance à l'individualisation et à l'isolement soit partout manifeste dans le système de Gall , et qu'il n'ait pas assigné d'organe régulateur. Mais il est une autre espèce d'unité sur laquelle nous avons déjà plusieurs fois appelé l'attention , et qui est un fait placé au-dessus de toute discussion , savoir : l'unité du moi, qui embrasse dans un seul acte indivisible de conscience 'toutes les autres facultés. Or, cette unité^ la seule véritable, est. incompatible avec la théorie des forces fondamentales qui réduit la consciencee du moi, ainsi que l'intelligence, la volonté, etc., à de simples modes inhérents' à chacune des facultés simples et dis--
tinctea. Il n'est pas moins évident, que celte manière de voir est identique au matériâl isme. 1) n'y a qu'un moyen d'y échapper : c'est d'admettre , non pas vingt-sept forces fondamentales, mais une seule; deux c'est déjà trop. C'est de reconnaître, non pas une collection de facultés intellectuelles, ou plutôt intelligentes , mais une intelligence essentiellement «ne y dont les facultés intellectuelles ne sont que les modes et les applications; car le véritable débat entre le matérialisme et le spiritua- Jisuie roule sur la question de l'unité. Il ne serait pas plus difficile de faire voir ce que devient la liberté dans le système des forces fondamentales et comment l'auteur.a dû la' concevoir; il ne pouvait pas en taire l'attribut de chacune de ses forces, ce qui aurait mis le sceau à leur personnalité. Il était naturel que, dans un système dynamique, on la fit consister dans un rapport d'antagonisme, d'équilibre momentané et de prépondérance ,*ntre des principes actifs qui s'opposent, se contrebalancent, et dont les uns finissent par l'emporter sur ' les autres. On peut consulter tous les passages où Gall a traité ce sujet important; on verra que c'est bien là le fond de sa pensée. Je ne parle pas des protestations banales et des contradictions du sens commun..
Gall ajoute comme complément à son système organologjque et cranioscopique un essai depathognomonique » où il prétend trouver .dans les
- 5o — lois qui règlent la pantomime une confirmation de la vérité de son système engénéral, et une vérification de ses découvertes positives sur les organes et leur situation respective. Je ne passerai pas sous silence cette partie intéressante de l'ouvrage du célèbre physiologiste, «a* j'y trouve aussi la confirmation des observations précédentes et spécialement de celtes qui ont eu pour objet la théorie des forces fondamentales. Dans le grand ouvrage de Gall , si on laisse de côté tout le travail d'analyse sur les facultés morales, oit la faiblesse de la méthode se trahit par une confusion déplorable, et qu'on se- borne a considérer les bases du système, on est force d'avouer que toutes les parties constituantes sont parfaitement liées entre elles. Nulle part cet enchaînement logique né se fait mieux remarquer que dans les rapports qui unissent la pathognomonie et l'organologie. 11 n'est pas de notre sujet d'établir ici un parallèle entre ce que l'on a bien voulu appeler la science de Lavater et celle dont nous veooas d'examiner les principes; quelques-unes 'des différences profondes qui les séparent ont été signalées par Gall lui-même. Sa critique est juste Sur un grand nombre de points ; il montre assez bien la nullité scientifique de ce recueil incohérent d'assertions vagues et sentimentales, d'interprétations dont la justesse assez rare est toujours en raison inverse de la précision, souvent subtiles
— 5i — jusqu'au ridicule, ou arbitraires et fausses, que le pasteur enthousiaste de Zurich a ta prétention de donner comme les matériaux d'une science positive; niais il méconnaît ce qu'il y a d'essentiellement vrai dans l'art du physionomiste, et les véritables caractères , ainsi que là réalité, l'importance et l'universalité des signes dont il cherche à pénétrer le sens. Ce que Gall ne pouvait admettre sans donner un démenti à ses principes, il l'a rejeté franchement; ce qui, loin de les contredire , s'expliquait facilement dans son système, il l'a vivement accueilli et s'en est prévalu comme d'une preuve nouvelle. Ainsi il commence par proscrire sans scrupule \&physiognomonie tout entière. La pathogriomonique twule trouve grâce devant lui, mais à condition de subir une réforme qui change «on principe et sa méthode. On sait que Lavater et les physionomistes modernes assignent pour objet à>Ia première de ces deux sciences l'expression de la figure, en tant qu'elle reste immobile £e langage naturel des lignes et des formes vui L bles^fes mouvements du corps dans leur caractère significatif, et'OMnme doués au plus haut degré de la vertu d'exprimer les passions et toutes les affections de' l'âme, appartiennent- à la seconde. Or, pour -que les traits et les formes fixes du visage fussent immédiatement ^expressifs, il faudrait que l'âme , avec toutes ses facultés , apparût sur la face- humai ne et s'y révélât dans sa présence réelle.
- 5â — Mais ou Se rappelle que, dans le système de GalJ, les facultés de lame sout localisées dans le cerveau, et que chacune d'elles, enfermée dans les limites de son organe propre , ne peut agir sur ce qui l'environne de près ou de loin que par des intermédiaires et par voie de communication mécanique Aussi les seules formes parlantes sont celles du crâne, parce qu'elles sont celles mêmes des organes auxquels sont assujéties les facultés-; encore ces signes n'ont-ils rien d'immédiat, puisque leur interprétation dépend de la découverte du rapport qui unit les deux termes. Il était beaucoup plus facile d'expliquer la vertn significative des mouvements que celle des formes, d'après les principes établis , et de mettre la pantomime en harmonie avec la science des organes cérébraux. Dans la théorie des forces fondamentales domine, comme le mot le fait entendre , le point de vue mécanique. Les mouvements du corps humain sont déterminés et réglés par les forces fondamentales; ils doivent donc être en rapport avec la pgj sition respective des organes, et l'ensemble^deces rapports constitue les lois de la mimique. Dès lors, étant donnés l'organe et la force qu'ils représentent, on pourrait assigner la nature des attitudes et des gestes qu'ils produisent; la réciproque étant vraie ouvre à la science une voie de découverte, comme elle lui fournit un moyen de vérification. Laissons parler Gall lui-même: « Le cerveau est
ta source de tous les sentiments, de toutes les affections, de toutes les passions; leur manifestation quelconque doit donc dépendre du cerveau et être modifiée par lui. Le cerveau est en liaison avec les instruments de tous les sens, et, à l'aide de la moelle éptnière, il Test également avec les instruments des mouvements volontaires; il domine les sens, les muscles, et par conséquent les extrémités; il met en action chacune des parties; par son activité il déterminé le mouvement qu'elles doivent faire, la position qu'elles doivent adopter; dès qu'il est en repos, les sens, les muscles et les membres sont dans l'inaction.
« Mais les différents organes cérébraux sont placés dans les régions différentes. L'action du cerveau, selon que tel ou tel organe est actif, doit donc 'aussi partir de différentes régions. Chacun des organes cérébraux met à son unisson, d'une manière à lui particulière et conforme à son siège, les instruments des sens, les muscles , les extrémités; chaque organe exprime donc son action par un jeu de pantomime particulier; par conséquent ee jeu de pantomime est le langage propre de l'organe en question, et il décèle non-seulement la nature du sentiment de l'idée, de l'affection, de la passion , mais il trahit encore le siège de l'organe par lequel ces mouvements ont été conv mandés (i)-» . .
II y a une chose que Ton comprend à la rigueur dans ce raisonnement: c'est que les mouvements du corps puissent , jusqu'à un certain point, -trahir le siège des organes et réciproquement; aussi 01» voudra bien remarquer que, parmi ies donae principes généraux (i) par lesquels Gall établit les lois qui président à la manifestation extérieure de l'action des organes, il n'y en a pas un qui ne soit relatif à cette double fonction et la dépasse.' Mai» tout cela constitue, il faut 1 avouer, un langage singulièrement borné. Comment ces mêmes mouvements, par leurs, modes variés, exprimënt-iU autre chose que les différents points de départ des forces qni les produisent, c'est-à-dire des rapports purement topographiques? Comment décèlent-ils la nature du sentiment, de ridée, de l'affection, de lapassionPCommentV&utàmale, que font gesticuler , à l'aide des nerfs et des muscles , lesvingtsept forces fondamentales cachées clans le crâne* et- qui indique par un mouvement de bas e» haut l'activité de l'organe de- la vénération, situé au sommet de la tête, par nn mouvement dé bas en haut et de devant en arrière, l'exercice du penchant de la génération, dont l'organe est le cervelet, exprime-t-il tout ce que' dit aux yeux une figure plongée dans l'extase où agitée par les transports de l'amour? Voilà ce qu'il fallait montrer et ce qui reste complètement inintelligible dans la théorie.
C'était cependant le point important, puisqu'en cela consiste le langage naturel dont on fait plus loin un si pompeux éloge, cette langue primitive universelle d'où sont sorties toutes les langues du monde, principe des arts qui parlent à la vue et source féconde de la sympathie- Que l'on songe à sa richesse infinie et à la pauvreté de celle dont Gall nous donne un échantillon si chétif. Mais, en outre, il y a dans son système un obstacle insurmontable et qu'il n'a pas soupçonné ; c'est que le sens des mouvements pantomimiques ne peut être saisi que par l'expérience et après la comparaison répétée et variée des deux termes, savoir le mouvement lui-même et le phénomène moral auquel il correspond, ce. qui anéantit |a vertu révélatrice du signe .pathognomonique et présuppose une langue antérieure à. la prétendue langue primitive, une^ langue immédiatement comprise par l'enfant lui-même, avant qu'il ait eu le temps d'observer les rapports qui unissent les mouvements du corps aux phénomènes intellectuels et moraux correspondants, avant qu'il ait suivi le conseil que Gall donne à quiconque veut apprendre à parler correctement le langage pathognomonique : «On connaîtra l'alphabet ou les principes élémentaires de ce langage quand on connaîtra toutes les qualités et toutes les facultés fondamentales, ainsi que la mimique particulière qui accompagne chacune de leurs manifestations. Étudiez les nuances des qua-
lités et des facultés, ainsi que celles de leur mimique, et, si vous voulez rendre l'expression du 0OQcours de plusieurs penchants, de plusieurs pensées, faites de ces gestes, de .ces mouvements musculaires, de ces cris, de ces attitudes, ce que vous faites devos paroles, de. vos caractères alphabétiques, de vos caractères numériques. Combinez ces- principes élémentaires autant que vos sentiments sont combinés, et vous parlez , vous entendez le langage universel.» Je ne sais si Roscius a connu et appliqué cette savante méthode ; mais je serais curieux d'apprendre comment le premier homme l'a pratiquée, et combiné les principes élémentaires autant que ses sentiments étaient combinés;]^ ne vois pas non plus comment, ensuivant cette même méthode à son insu, l'enfant parvient à déchiffrer pour la première fois la pantomime de sa nourrice. Il ne servirait de rien de prétendre qu'il est en cela guidé par l'instinct, car il s'agit de découvrir un rapport entre deux séries de termes qui doivent être également fournis -par l'expérience, et dont l'un ne peut devenir le signe de l'autre qu'à cette condition. En résunié, la pâthognomonique de Gall est un cercle vicieux, et quand même on accorderait les principes, elle ne donnerait que l'interprétation d'un très petit nombre de mouvements.
Après cet exposé critique des principes de la doctrine de Gall, nous ne pouvons nous dispenser
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de foire connaître les modifications qu'elle a subies entre les mains du docteur Spurzheim. D'abord, à part les causes personnelles qui ont fait éclater la mésintelligence entre les deux savants qui jusque-là avaient été associés dans tous leurs trayaux, si on examiné le point principal sous lequel se manifesta leur dissentiment, on conçoit très bien que, d'accord sur les principes sans lesquels îa science ne serait pas et même sur la plupart des résultats qu'Us avaient obtenus en commun, ils aient senti le besoin de se séparer et de tenir une route indépendante; car c'était précisément sur la méthode que différait surtout leur manière de voir. Spurzheim qui, comme en font foi tous ses ouvrages, était un peu plus métaphysicien que Gall, s'aperçut bientôt 'de. ce qu'il y avait dé faible et de peu scientifique dans la manière dont celui-ci procédait pour déterminer les penchants et les facultés morales. «Il ne suffît pas, o dit-il, de suivre la méthode de Gall, c'est-à-dire « de connaître les rapports qui existent entre quel- « ques parties cérébrales et certaines manières a d'agir, et de nommer les organes d'après les ac- «tions qui les accompagnent... il faut analyser a les opérations mentales et les caractères déter- « minés, pour démêler les facultés fondamentales, a pour envisager chacune d'une manière générale «..et lui donner un nom qui désigne la nature de «la faculté sans aucune application détermi-
. D.g.Rsao, GOOglC
auée. (i)» il y ft t comme on voit, dans cet avesi un besoin assez fortement, compris d'interroger directement .les. feits intellectuels et moraux wj> mêmes dans leur nature propre et vraiment constitutive. Ou s'attendrait donc à., voir le docteur Spurrfieim formuler quelque part en termes plu» explicites son point de vue supérieur, s'en rendre un compte exact à lui T même et aux autres, indiquer au moins la manière dont il s'y prend pour analyser les opérations mentales dans leurs caractères essentiels et dans leurs rapports; niais nous avons cherché en vain quelque chose de formel là-dessus dans; les différents ouvrages qu'il a publiés en français, Nous n'y avons rencpoteé que des déçlaflaaûous banales sur la méthode des métaphysiciens^) et des psyctiologisles, mais rfcn de positif sur la question; d'ailleurs, ce qui prouve que cette méthode n'avait pas conscience d'ellemême, c'est la faiblesse de ses résultats. Toutefois le besoin scientifique qui sollicitait le collaborateur de GaH à donner un caractère plus rjgoureux et. plus précis à la doctrine suffît pour faire naître entre eux un léger schisme et dnt se traduire par
{i) EiMiphilat, tttr If. Nal.inteli. *t murale de fhommt- Voy, aussi l'Euai tttr Ut principtt iUmmtaka de l'Edu,cttiçn, iotrod., p. 16.
(») Obttrxat. sur la Phrénetogit, p. 5. IHd.,p- ia«t5ao. — Essai mr la Pfat. inutl. tl vjorale de i'hom., seot. 1".
5 9 des différences notables dans le fond et surtout dans la forme.
Spurzheim admit, comme on sait, nuit organes de plus que Gai), et même dans la suite porta plus loin encore le nombre des facultés fondamentales. Ces additions provenaient du dédoublement de plusieurs facultés .considérées -d'abord . ■connue simples, aussi bien que de la découverte d'organe* nouveaux. Ainsi :Galt avait confondu* dans une seule et raéttte faculté la justice et la bienveillance, son collaborateur les distingue; il assigne à chacune un organe à part aussi bien qu'un caractère et une fonction différents. 11 ne fallait pas un grand effort 'd'analyse pour armer à cette découverte; elle témoigne cependant d'une observation plus attentive des faits moraux, en eux-mêmes. Les définitions et les descriptions des facultés de-Fhommc sont presque toujours très superficielles. Néanmoins elles se recommandent par une certaine apparence de précision que Ton chercherait en vain dans les longues divagations qui rendent si fastidieuse la lecture des derniers volumes de Gall.
' On conçoit à peine à quel- degré de distraction systématique l'auteur de la théorie des forces fondamentales était arrivé, lorsque, pour se débarrasser des facultés générales, telles que l'intelligence, la volonté, etc., il en fit présent à chacune de ses facultés constitutives, lesquelles se trouvèrent ainsi comme autant de personnes douées de con-
D.g.Rsao, GOOglC
science, de 'raison, de sensibilité. On devait s'attendre à voir ce singulier paradoxe non sapé par le disciple indépendant, ce qui aurait renversé tout le système, mais adouci, restreint et présenté sous des formes moins choquantes pour le sens commua. Spurzheim divise d'abord les facultés en deux ordres : affectives, intellectuelles, qu'il subdivise en genres et en espèces (i). Les facultés du premier ordre sont bornées à la sensation ; celles du deuxième ont seules le privilège de former des conceptionset de porter des jugements. « Les facultés affectives sont aveugles et ne connaissent pas leur objet; les facultés intellectuelles Connaissent les corps, leurs qualités physiques, leurs relations et les fonctions des (acuités affectives (a).....». Noos ne suivrons pas plus loin ces' distinctions artificielles où W trahit l'absence dé" tout sentiment profond de la réalité, et l'amour du formalisme puisé dans le commerce des classifications de l'histoire naturelle. Mais nous Insisterons sur ce 'dernier caractère, parce qu'il nous paraît être le trait saillant par lequel se distingue l'homme qui s'efforça d'environner la doctrine de Gali de l'appareil scientifique : qui lui manquait.
D'abord il réforme la nomenclature, et, comme il le fait remarquer lui-même, sous cette question
(1) V oy. les ouvrages cités plus haut.
(2) Essai tur lt* foc. morales. Appendice.
DigiRsao, GOOglC
— 6i — de mpts il y avait une question de choses; car toute réforme, dans la langue d'une science doit avoir son principe dans une connaissance, plus approfondie des faits et de leurs rapports. Mais au lieu de soumettre à une révision sévère les phénomènes vaguement observés par Gall^ et encore plus vaguement désignés, afin détablic, une nomenclature et Une classification supérieures, il saisit à la hâte quelques caractères, superficiels et subtilement abs(raits„puis il dresse un catalogue où l'on voit mis.au rang des penchants fondamentaux de la nature humaine, la ruse ou sécretiyité parmi les sentiments irréductibles , Vapprobativitê, Ja fermeté, la consciencioeité, la mer.' veillosité , et, dans la série des facultés intellectuelles, le sens de F étendue'; de la pesanteur, du coloris, etc.; après, cela pn s'imagine sans doute être le Lavoïsier ou . le ,Berzéli,us de la science de l'homme, parce. qu'on a cru découvrir, par cette puissante analyse, tienlerciuq facilités simples représentées par des termes nouveaux. , et que l'on a formé avec ces éléments des combinaisons oinaires, ternaires, quaternaires , ce qui est, comme on voit, admirablement propre à. reproduire le jeu harmonique des fonctions d'où résulte la vie intellectuelle et morale. Qui pourrait voir dans tout cela autre .chose, qu'un enfantement stérile de termes, bizarres et de vides, formules propres tout au plus à masquer la véritable physionomie
des faits moraux etlears caractères essentiels? On ne peut s'empêcher de sourire quand on songe qu'avec de. pareilles pauvretés on a cm pouvoir dévoiler quelques-uns des mystères de la nature humaine, on du raoifts poser des principes pour la solution des grandes question qui int'é'reBseht l'humanité.
Cependant, quelque superfielette que soit l'analyse de Spurzheim, M est- facile de voir que stir un grand nombre de points il fait plus que demrrdifier celle de Gall , il la contredit même formellement. Presque toujours cène sont plus les mt'mes faits sous des noms différents, ce sont des faits tout nouveaux et de nature foncièrement distincte, quoique mal précisés. Il m'est impossible, par exemple , de reconnaître dans les facultés perceptives de-Spurzlicim, telles que tes sens de l'indu viduallli, de la configuration , de l'étendue, de la pesanteur, du temps, des iûns, les facultés qu'on pourrait leur faire correspondre' dans ia liste de Gall, bien que le vague des définitions 'permette d'y voir tour ■ce que l'on veut. On peut en dire autant de la plupart des qualités qui figurent dans le gente sentiments , et même de presque toutes les facultés affectives. Ge sont des faits de nature toute nouvelle ou de simples 'éléments détachés des faits complexes que Gril avait représentés par des dénominations- communes. Qrte serait-ce donc si on entreprenais d'examiner les
changements, peu importants eii apparenta , proposés par les phrénologistes , qui depuis ont eu la prétention de perfectionner ta science? Au plus léger souffle de leur analyse , -vous voyez B'évunouir quelques force» fondamentales on pulluler de nouvelles facultés. La plus innocente atteinte portée à ta classification fait tomber cette momie en poussière. Mais ne voit-os pas que toutes' ces modifications dans la psychologie ont leur contrecoup dans l'organologie et la cran ioseopie, qui oflrent le même défaut de consistance? Chaque manière nouvelle d'envisager un phénomène moral fait perdre au signe cranioscopique le sens qui lui avait été assigné d'abord pour lui en donner un tout différent, et comme c'eat par l'intermédiaire du signe que l'on connaît, l'organe, oeluinii se trouvé avoir changé de (onctions et recevoir de nouvelles attributions.
En résumé, Spurzheim a tenté de perfectionner et de compléter l'œuvre de.Gall; il a voulu lui donner une forme plua scientifique* doter la science, d'une ■ nomenclature à elle et refaire sa langue, classer ses matériaux épaiis, élever une théorie; mais comme, l'analyse, au point où Gall l'avait laissée, était extrêmement superficielle , il aurait fallu la refondre, en suivant uue méthode plus rigoureuse; Spurzheim a«ntrevu cette nécessité, mais il ne pouvaitrappliquer sérieusement la méthode supérieure qu'il annonce - sans mettre
en danger les principes mêmes de la doctrine; aussi tout son travail analytique et théorique ne portant que sur des caractères purement extérieurs, sur des rapports artificiels, des distinctions et des combinaisons verbales, aboutit à une sorte de scholastique stérile dont le résultat. serait d'immobiliser la science au lieu de la pousser en avant, si dans ces distinctions, quelque faibles qu'elles soient, ne se trouvaitdéjàdéposé le germe d'une dissolution inévitable et déjà commencée.
Pour donner une dernière confirmation à ces raisonnements sur le système de Gall et de Spurzlieim, il nous resterait à considérer les 'applications principales que J'«n cru/ voir sortir de leurs découvertes. On sait que l'on a élevé bien haut l'importance de ces résultats. Pour juger la question d'une manière convenable, il y a deux choses à distinguer : les applications positives que Gall et Spurzheim ont faites eux-mêmes et qui se trouvent consignées dans leurs ouvrages, et celles qui sont restées à l'état de simples prédictions. Si on veut se donner la peine d'extraire les premières, on est étonné de voir qu'elles se réduisent à quelques banalités qui, depuis deux mille ans, traînent dans les écoles; ce sont, par exemple, relativement aux opinions qui divisent les hommes
suc je vrai et le faux, ]e bien et le mal, la nature du bonheur et du plaisir, d'édifiantes exhortations à la tolérance, déduites de la diversité et de l'inégalité des facultés fondamentales ou des organes dont elles suivent les lois chez les différents individus de l'espèce humaine (i) , principe qui, poussé au-delà de certaines limites, renferme une conséquence plus directe encore que la tolérance, savoir le scepticisme.
Ajoutez à cela des préceptes de morale sociale sur l'indulgence mutuelle qui s'érigent en règle k suivre dans la jurisprudence criminelle, et qui , s'il» ne sont pas précisément tirés de l'irrésistibi,lité des actions, ont leur principe dans la force. des penchants et la latte souvent trop inégale entre les facultés où organes supérieurs et les &- ■cultes animales. Quand ou exagère la réalité dé ces faits, on arrive à une conclusion voisine du fatalisme (2),
Pour qu'il y eut là qu elque chose de neuf, il faudrait fournir à la justice humaine de nouveau» poids et une nouvelle mesure pour déterminer avec plus de précision le degré de liberté et de 'fatalité dans les actions humaines. Or, tout ce qui a été dit sur ce point est d'une absurdité révoltante bu d'un ridicule achevé.
(1) Voy. Gall, T. I, lect. v. Spurzheim, Observât, sur ta Pkrén. Conclusion, p. ZGo.
[*) Voy. Gall , ihid.
Je ne pense pas non plus que la religion naturelle ait fait une grande conquête dans la démonstration de l'existence de Dieu donnée par Gall à propos de l'organe de la théosophie; c'est du reste un morceau curieux.
On sait que c'est principalement au sujet de l'éducation que la découverte a été annoncée comme devant produire des résultats prodigieux (1) ; de là en effet le classement des aptitudes, des vocations, des talents, etc. Nous n'avons pas l'envie de répéter tout ce qui a été dit là-dessus de nos jours ; nous ferons remarquer seulement que Gall n'a émis sur l'éducation que de vagues propositions, et que pour leur donner un sens précis il a fallu placer son système entre les mains d'un système organisateur (2) qui d'ailleurs ne pouvait se servir de cet instrument sans le briser, parce que sa théorie des facultés fondamentales était toute différente.
Spurzheim a composé, il est vrai , un essai sur l'éducation (3), mais on s'abuserait étrangement si
(1) Emploi du Cranfomitrt proposé dans une des sociétés P h ré oologiques d'Angleterre. —rPsychomttre de M. Poriiuj, de Lcipsig. — Frontomitre de Lavater. Voy. aussi lei curieux chapitres de ce dernier sur les silhouettes, et notamment sur le ne» considéré comme signe, cause et effet de l'esprit, 3* fol., p. 5a.
(2) Le système sain t-simouien, ou le système de Fourier-
(3) Essai sur tes Principes élémentaires de l'Education.
-6, on croyait y voir développer un plan original assis sur les bases de la science nouvelle. On est tout étonné de ne rencontrer dans cet opuscule que des observations fort communes sur la perfectibilité de la nature humaine, des déclamations mille fois rebattues sur l'éducation par l'étude des langues anciennes, et quelques indications sensées qui auraient pu sortir de la plume de tout autre écrivain que de celle d'un physiologiste quia formulé et systématisé une doctrine(i).
. Quand au traité sur la folie du même auteur, il est en grande partie consacré à réfuter les divisions admises par les médecins qui se sont occupés du même sujet et à en établir de nouvelles. La classification qu'il propose n'est que très faible- - ment liée avec les principes de la phrénologie ; elle est d'ailleurs restée complètement stérile pour le traitement physique et moral et pour la cure des aliénés.
Récapitulons brièvement les points principaux sur lesquels ont porté les observation s précédentes. i* Nous avons cherché à saisir le principeconstitutif de la science de Gall, et nousl'avons trouvé* dans l'hypothèse qui sert de base à la théorie des forces fondamentales.
a" Nous avons entrepris de démontrer comment
(') Vo J- l'ouvrage cilé plus haut, de M. F.Lelut,p. 348, et Rinheraud , Pfouv. Eléments fit Physiologie , 10* édition , P- <Î79-
ce principe se lie à toute» les conditions essentielles dont la science en question suppose 1 accomplissement préalable. La plupart de ces conditons ont été passées en revue dans l'ordre même suivi par l'auteur dans son grand ouvrage ; nous nous sommes attaché à faire ressortir leurs rapports naturels et surtout la nécessité logique qui a forcé Gall à adopter partout des conclusions absolues et sous ce rapport fausses ou exagérées.
3" Le lien par lequel se rattache la cranioscopîe à l'organologie a été indiqué, et la valeur du signe cranioscopique appréciée.
4* Pour porter, sur les résultats positifs de la science de Gall , savoir , l'analyse des facultés morales et la découverte des organes, un jugement motivé, on a été obligé de rappeler la double nié- ' thode qui a présidé à toutes ces recherches.
5* On a montré ensuite comment cette méthode adù engendrer la théorie des forces fondamentales. 6* 51 suffisait de signaler les principales conséquences de cette théorie, elles ont été indiquées. 7* Npus avons cru devoir suivre le docteur Gall dans l'application qu'il a faite de ses principes à la pathognoenonie dont nous avons fait voir le rapport avec l'organologie.
8" Nous ne pouvions passer sous silence les modifications apportées à la doctrine de Gall par le docteur Spurzheim et nous dispenser de caractériser les travaux de ce physiologiste.
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