‹ Dissertation sur Le Cholera-Morbus no.96Chapitre 8 sur 8 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

Réaction. Doses décroissantes de quinquina : ainsi , un verre de décoction par deux verres de limonade tartarique. M. A libert emploie encore quelquefois des potions laudanisées. Dans la convalescence : infusion de feuilles de pariétaire avec deux grains de nitrate de potasse ; lavemens émolliens ; limonade tartarique , oranges , crèmes de riz, etc.

Contagion.

Cette question, qui intéresse à un si haut point non-seulement le médecin , mais aussi les peuples et les gouvernemens, n’est point en-

core résolue. Les contagionistes et leurs adversaires se tiennent toujours sur leur terrain; aucun d’eux ne se donne pour battu. Les

gens du monde s’étonnent de l'ignorance où nous sommes encore

sur une question dont la solution leur paraît facile. Mais cette so-

lution n'est point si facile qu'on le suppose; et, pour mon compte, j'avoue que j'ai cru un jour à la contagion; mais voilà que le lendemain, de nouveaux faits sont venus renverser mes idées de la veille, puis d’autres faits encore sont venus corroborer ma première croyance, et ainsi de suite, Je voulais connaitre la vérité, je n'ai été que balloité par les faits. Toutefois je reste convaincu que le choléra peut se communiquer par infection : je sais que quelques personnes se sont impunément inoculé du sang et des déjections de cholériques ; c'est une arme contre les contagionistes ; mais ces faits sont en trop petit nombre pour qu'on puisse en inférer rien de certain. Il serait beaucoup à désirer que ces expériences fussent répétées un plus grand nombre de fois. À ce sujet, j'écrivis, le 3 mai, une lettre à M. Dupuytren ; je le priais de la communiquer à l’Académie des sciences, qui nommerait une commission chargée d’éclaircir enfin cette grave question ; je m'offrais à tenter sur moi-même ces expériences; ma lettre est restée sans réponse. Je n'ai point voulu faire ces expériences dans

le silence ; car quel qu’en eût été le résultat, elles eussent été perdues

pour la science et pour l'humanité.

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