VERS
^£;?re55es àM.DuBOlSDuCHEMANT, Chirurgien, inventeur de dents de pâte minérale ^ par lé Comte DE Mautanges. *
, De trente-deax sâperbes dents
Ma bouclie était si bien armée ,
Avant que, par le laps de temps,
La place fut démantelée
Je la revois , grâce à Chemajit ,
En meilleur état de défense,
Que n’eût pu la mettre Vauban,
L’Ingénieur par excellence.
Paraissez, raves et radis,
Durs cornicbons, ou verte olive,
Osez franchir le pont-levis
Qui borde aujourd’hui ma gencive :
Présentez-vous, fiers artichauts.
Fussiez-vous même à la poivrade.
Et vous verrez s’il y fait chaud,
Frottez-vous à ma palissade.
* L’auteur de ces vers m’ayant prié de les inse'rer dans cet ouvrage comme une marque de reconnaissance des bienfaits qu’il avait éprouvés de l’usage d’un râtelier complet qu’il a porté pendant sept ans, j’ai cru de mon devoir d’y consentir. Le lecteur les parcourra sans doute avec intérêt, en pensant que c’est la production d’un homme de quatre-vingt-deux ans, qui n’a rien perdu de l’énergie de son esprit, ni de l’éloquence qui a toujours paru dansses ouvrages , d’ailleurs très-estimé de Sa Majesté Louis XVIII y auquel il les adressa à Mittau , qui daigna lui témoigner par écrit sa satisfaction et le plaisir qu’il avait eu à les lire.
Ces perles d’une si belle eau,
Qui, dès notre plus tendre enfance, Germent déjà dans le berceau,
Pour parer notre adolescence,
C^est le secret du' Créateur,
Et le rôle de la nature ;
Mais après cet unique acteur ;
Vivat Chemant pour la doublure.
Le grand point toujours réservé Au seul artiste incomparable,
C’est bien Chemant qui l’a trouvé j Il joint l’utile à l’agréable.
Quand la faux du temps a détruit Du palais la brillante armure,
Avec la sienne, on mange, on rit:
Vivat Chemant pour la doublure.
Si jusqu’à la réalité Il eût doublé l’adolescence,
Ah ! comme Je l’aurais chanté î Quel hymne de reconnaissance !
Mais, hélas ! à quatre-vingts ans, N’eût-on que de vingt l’apparence, On est proscrit, malgré ses dents, Et d’Hippocrène, et de Jouvance.
MM. Dubois de Chemant père et fils, ont l’honneur de prévenir le public, <jue d’après les nombreuses demandes qui leur ont été faites, depuis qu’ils sont en France, ils ont fixé leur domicile à Paris, rue Vivienne, n° 7, au premier. On les trouvera chez eux tous les jours, depuis onze heures jusqu’à trois.
Ils saisissent cette occasion pour faire connaître qu’attendu leur grand succès et la multiplicité de leurs travaux et pour satisfaire plus promptement les personnes qui les honorent de leur confiance, ils ont pris plusieurs artistes pour les différentes branches de leur nouvel art, qu’ils étaient avant obligés d’exercer eux-mêmes.
Ils préviennent les personnes qui sont éloignées delà Capitale, qu’elles pourront se procurer des dents de leur intention en s’adressant à eux et en suivant les procédés qu’ils indiqueront par écrit, pour bien prendre les moules.
Quoique M. de Chemant ait établi sa résidence en France, l’exercice de sa profession est toujours continué à Londres,dans sa maison. n° a, Frith Street Soho Square par M. Mortimer^ son beau-frère.