RUE S.-ROME N
DÉCOUVERTS A NÉBAC.
Low des plus intéressantes périodes de nos annales , est sans doute celle qui commence avec le onzième siècle de Rome, et que le grand Constantin termine en transférant le siége de l'empire sur les bords lointains de la Propontide.Durant ces quatre-vingt-trois année, son voit la Gaule, souvent déchirée par la guerre et ravagée par les barbares, s'agiter pour recouvrer son indépendance primitive. Mais combien de lacunes déparent cette portion de son histoire! et, pour remplir ces lacunes , pour restituer à nos vieilles chroniques les pages nombreuses qu’elles ont perdu , nous reste-t-il encore des monumens? Les Vandales , les Francs, les hommes du nord, les hommes du midi, l'ignorance et quinze siècles ne les ont-ils pas fait disparaître à jamais ?
Il faut l'avouer : on croyait, il y a vingtans, que ce sol, fouillé , mvelé par tant de révolutions dévastatrices, ne renfermait plus de témoins des anciens jours, de moniteurs fidèles de ces cataclysmes qui, sous les derniers Césars de l'occident, ont, si souvent, bouleversé la Gaule. Maintenant on reconnaît que les recherches archéolosiques ont rendu d'importans services; que la science de l'antiquité marche de conquête en conquête ; que, chaque jour, elle révèle des faits inconnus, et que les documens qu'elle rassemble pourront suppléer, en partie, au silence des écrivains et à l'oubli des traditions historiques.
Les inscriptions découvertes à Nérac auront cet avantage, que, par
(2) elles , on connaïtra mieux les deux Tetricus , si mal à propos flétris du nom de tyrans. Elles montreront peut-être que ces Princes auraient pu être comptés parmi les plus célèbres successeurs d’Auguste, si, au lieu de prendre la pourpre à Bordeaux , ils l’avaient reçue à Rome, dans le Sénat, qui les estimait, et où ils furent s'asseoir encore après avoir régné , non sans gloire , sur la Gaule, l'Angleterre et l'Espagne.
Le siècle où ils vécurent commençait à peine, et déjà, peut-être dans la partie méridionale des provinces gauloises , Pacatien (1) affectait la souveraine puissance. On croit que Philippe (2) en triompha; mais une mort prématurée allait bientôl terminer son règne, et son fils (3) devait tomber aussi sous le glaive. Nommé empereur par les légions de la Moœesie et de la Pannonie, en 1002, Trajan Dece (4), mourut en combattant contre les Goths, après avoir régné deux années. Herennien (5), l’un de ses fils, périt avec lui, et Hostilien (6), frère de ce jeune prince, d'abord adopté et associé à l'empire par Trebonien Galle (7), mourut peu de mois après, soit de la peste , soitempoisonné par Trebonien lui-même. Ce dernier apprenant qu'Æmilien (8) a été reconnu empereur par les troupes de la Moœsie, lan 1007, marche contre son rival ; mais il est trahi et tué à Interamnum , ou Terni, par ses propres soldats, ainsi que Volusien (9) son fils. Trois mois après
Æmilien est aussi massacré par ses soldats, à l'instant où il va disputer la couronne à Valerien (10), que les légions du Noricum et de la
Rhétie ont salué du titre d' Auguste.
(x) Tiberius Claudius Marius , vel Marcius Pacatianus,
(2) Marcus Julius Philippus, Augustus.
(3) Marcus Julius Severus Philippus, Augustus.
(4) Cneius Messius Quintus Trajanus Decius, Augustus.
(5) Quintus Herennius Etruscus Messius Trajanus Decius, Augustus. (6) Caius Valens Hostilianus Messius Quintus, Augustus.
(7). Gaius Vibius Trebonianus Gallus, Augustus.
(8) Marcus, vel Caius Julius Æmilius Æmilianus , Augustus.
(9) Caius Vibius Afinius Gallus, ve/ Damnianus Volusianus, Augustus,