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leurs calomnies font notre gloire, «amme leurs persécutions préparent notre bonheur. Soyons éternellement l'objet de l'exécration de ces hommes qui ont notre Dieu en horreur ; qu'ils ne cessent de nous poursuivre dé leurs insultes, ceux qui outragent Jésus-Christ de leurs blasphèmes. Mais non ; «os cœurs for- ' ment un vœu plus digne de la charité dont nous sommes les ministres : que plutôt l'injuste aversion <le ces hommes égarés expire avec le principe qui la fit naître y que leurs yeux s'ouvrent à la lumière, pour que leurs cœurs se ferment à la haine. En même temps que, comme Josué, nous combattons leurs efforts, élevons, comme Moïse, les mains vers le ciel, pour en attirer les grâces qui les convertissent ; et tandis qu'ils lancent sur nous les traits de leur rage, suspendons par nos supplications cejix dont la colère divine les menace.
La légèreté de l'esprit est comme je l'ai annoncé, le troisième principe qui !
a causé et propagé l'incrédulité. Elle se glorifie , il est vrai, d'avoir eu pour apôtres plusieurs des plus beaux esprits de
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*ce siècle. Je ne lui dispute pas ce frêle avantage. Tftais oserait- elle mettre en parallèle ce petit nombre d'hommes vraiment distingués par leurs talens, qui dans ces derniers temps *oift dévoué leur plume à l'irréligion , avec cette longue suite de génies supérieurs qui avoietft illustré les siècles précédens? Ces hommes d' immortelle mémoire , ïlevant qui 4 es bornes de la raison humaine semblent s'être reculées, dont les sublimes productions feront à jamais l'étonnement et l'admiration, le modèle et le désespoir <le toutes les générations , ne faisoient pas difficulté d'abaisser la hauteur de leur esprit devant les saintes vérités de la religion. Ils croyoient même honorer leur raison, en l'humiliant sous le joug sacré de l'autorité : leur foi, soumise à la fois et éclairée, ou plutôt soumise parce qu'elle étoit éclairée, étoit aussi simple que celle du fidèle le plus obscur, aussi humble que celle du plus religieux solitaire.
La légèreté d'esprit n'a pas produit tous les incrédules, puisqu'il y en a quelques-uns qu'il seroit injuste d'accuser de ce défaut Mais pour se convaincre que
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le plus-grand nombre d'entre eux a été entraîné par cette cause , il suffit de considérer quels sont presque tous les disciples et même les apôtres de l'incrédulité. Sont^ce des esprits appliqués, réfléchis, accoutumés à balancer 4es raisonnemens, à enchaîner les conséquences, à rapprocher les vérités pour en composer des systèmes? Ont-ils étudié profondément les questions qu'ils se permettent d'agiter ? Se son t-ils retirés dans le silence de la solitude, pour les méditer loin des distractions? Ont -ils cherché à épurer leurs cœurs, pour que les passions n'offusquassent pas leur jugement? Vous m'avez déjà répondu dans votre esprit , vous tous qui avez été à portée de rencontrer et d'apprécier ces suppôts de l'irréligion. Leur inconsistance , qui n'a pu manquer de vous frapper, vous a convaincus qu'ils ne sont devenus incrédules que par légèreté.
J'appelle incrédules par légèreté tous ceux qui sont incapables de l'être par réflexion, soit que la nature leur en ait refusé les moyens, soit que leurs facu«é s naturelles aient été affaiblies par le dé.