Nautilus 3. Lituites 2. Cyrtoceras 1. Orthoceras
260 Evolütlon des Céphalopodes.
Nous allons parcourra - successivement toutes les colonnes du tableau qui précède, pour comparer les élémens qu’elles renferment. Les numéros (l’ordre des colonnes sont placés à leur sommet.
1. La première colonne indique l’absence déjà constatée des Céphalopodes, dans la faune primordiale.
Faune seconde.
2 . La 2' mo colonne est destinée à montrer le nombre des types, c. à. d. des genres ou sous-genres de Céphalopodes, qui ont fait leur première apparition dans la faune seconde. On voit que, dans la grande zone centrale d’Europe, c’est la Bohême qui offre le plus grand nombre de types apparaissant, dans cette faune. Mais il faut remarquer, que
7 surgissent dans la faune seconde proprement dite et 1 dans les colonies contemporaines.
Les autres contrées de la même zone ne présentent que 3 types au maximum.
Dans la grande zone septentrionale d’Europe, la Russie offrant
8 apparitions de types comme la Bohême, occupe le premier rang. L’Angleterre et la Norwége qui ont 7 types , sont au second rang et la Suède avec 4 types vient ensuite. Les autres bassins siluriens de cette zone n’ont présenté, ^squ'à ce jour, aucun Céphalopode dans la faune seconde.
Dans la grande zone septentrionale d’Amérique, le Canada présentant 11 apparitions de types, occupe le premier rang. Terre-Neuve et le Wisconsin qui en ont montré 6, sont au second rang. Nous en voyons 5 dans les Etats de New -York, Illinois et Tennessée, qui se trouvent au troisième rang. Les autres contrées n’en possèdent que 3 au maximum.
Dans les contrées diverses, l’Himalaya a fourni 4 genres et la Tasmanie 2. Mais , il faut observer que ce sont les seuls types de Céphalopodes, connus dans ces pays.
En résumant les faits constatés dans cette colonne, nous devons signaler le Canada, comme la contrée la plus privilégiée, sous le rapport de l’apparition des types de cet ordre, pendant l’existence de la faune seconde. La Bohême et la Russie se trouvent au second rang.
3 . La 3 él ” e colonne indique le nombre des types qui, après avoir apparu dans la faune seconde, se propagent dans la faune troisième.
Dans la grande zone centrale d’Europe, la Bohême est la seule contrée qui présente 3 types dans ce cas. Les autres pays n’en offrent qu’un seul.
Evolution des Céphalopodes. 261
Dans la grande zone septentrionale d’Europe, c’est l’Angleterre qui présente le plus de types passant d'une faune à l’autre, car ils s’élèvent jusque à 5 sur 7 genres connus dans la faune seconde. En Russie, au contraire, il n’y a que 4 types sur 8, qui passent d’une faune à l’autre. En Norwége et en Suède, les chiffres correspondans sont 3 et 2.
Dans la grande zone septentrionale d’Amérique, le Canada et le Wisconsin montrent également 4 types, qui s’élèvent de la faune seconde dans la faune troisième. Il y en a 3 dans l’Etat d’Illinois, 2 dans l’Etat de New-York et seulement 1 dans les autres contrées, où la faune seconde est connue.
En résumé, cette colonne nous enseigne, que le nombre des types de la faune seconde, qui se propagent dans la faune troisième, est généralement peu considérable et presque partout inférieur à la moitié des types qui ont existé dans la faune seconde. Sous ce rapport, l’Angleterre seule fait exception. Nous verrons, ci-après, que la môme exception se présente dans cette contrée, au sujet des espèces qui se propagent d’une faune à l’autre.
Faune troisième.
4. La 4 èl " colonne expose le nombre des types, qui font leur première apparition pendant la durée de la faune troisième.
Dans la grande zone centrale d’Europe, la Bohêmè prédomine largement par les 12 types qui apparaissent dans cette faune. On peut même remarquer, que ce nombre est très supérieur à celui qui est indiqué pour toutes les autres contrées siluriennes des deux continens.
Dans la grande zone septentrionale d’Europe, l’Angleterre et la Suède offrent chacune trois nouveaux types dans cette faune c. à d. ] du nombre correspondant en Bohême. Les autres contrées de cette zone sont encore moins favorisées.
Dans la grande zone septentrionale d’Amérique, le maximum des apparitions de tyftes dans la faune troisième est de 4 et il se trouve dans trois contrées : Acadie — New-York — Wisconsin. Ce chiffre n’est que à de celui de la Bohême. Dans le Canada et l’Etat d’Illinois, 3 nouvelles apparitions sont signalées. Nous n’en connaissons encore aucune dans les autres contrées énumérées.
En comparant les résultats exposés sur cette colonne avec ceux que nous avons indiqués sur la colonne 2, on reconnaît le contraste frappant, qui existe entre les deux grandes zones comparées, sous le rapport de la première apparition des types. Tout l’avantage est en faveur de la grande zone septentrionale, dans la faune seconde. Par
262 Evolution des Céphalopodes.
compensation, un avantage encore plus prononcé se manifeste en faveur de la zone centrale, durant la faune troisième.
On remarquera, que le privilège dont jouit la grande zone septentrionale, entraîne, comme conséquence inévitable, l’antériorité d’un certain nombre de types, dans cette zone, par rapport à la zone centrale. Nous reviendrons sur ce sujet en comparant l’apparition des types, dans la subdivision IV de ce chapitre.
5 . La 5 emo colonne montre, pour chaque contrée, le nombre total des types, qui existent dans sa faune troisième. Il est clair, que ce total représente la somme des chiffres placés sur la même ligne horizontale, dans les deux colonnes précédentes (3 — 4).
Dans la grande zone centrale d’Europe, la Bohême prédomine de beaucoup par le chiffre de ses 15 types. Les autres contrées de cette zone sont réduites à 1 ou 2 imités.
Dans la grande zone septentrionale d’Europe, le maximum est de 8 types et se trouve en Angleterre. La Russie n’en présente que 6. La Norvège et la Suède en offrent également 5. Les autres contrées sont réduites à une ou deux unités.
Dans la grande zone septentrionale d’Amérique, l’Etat du Wisconsin possédant 8 types, dans la faune troisième, occupe le premier rang. Le Canada qui en présente 7 est au second rang. Les Etats de New-York et d’Illinois offrant 6 types, viennent ensuite. L’Acadie qui n’en a que 4, est au quatrième rang. Les autres contrées offrent des chiffres moindres.
Les résultats constatés sur cette colonne tendent seulement à continuer ceux que nous venons de signaler au sujet de la colonne précédente.
6. La 6° me colonne expose le nombre total des genres ou sousgenres de Céphalopodes, qui sont connus dans chacune des contrées siluriennes.
Dans la grande zone centrale d’Europe, la Bohême possédant 20 types, prédomine sur toutes les autres contrées de la même zone, dont aucune n’en présente plus de 3.
Dans la grande zone septentrionale d’Europe, le maximum de 10 types distingue également l’Angleterre et la Russie. La Norvège vient ensuite, avec 9 types et la Suède avec 7. Les autres contrées sont réduites à 1 ou 2 unités.
Dans la grande zone septentrionale d’Amérique, le Canada prédomine de beaucoup par ses 14 types. Le Wisconsin, qui en possède 10, occupe le second rang et l’Etat de New-York qui n’en montre que 9, est au troisième rang. Les autres contrées offrent des chiffres décroissans jusqu’à l’unité.
Dans les contrées diverses, l’Himalaya ne présente que 4 types et la Tasmanie 2. Nous avons fait remarquer ci-dessus, que ces types appartenaient tous à la faune seconde.
En somme, cette colonne nous donne la véritable mesure comparative de la richesse de toutes les contrées siluriennes, en types de Céphalopodes. On voit que la Bohême occupe le premier rang, qui ne lui est disputé par aucune autre contrée. Le Canada se montre au second rang, tandisque l’Angleterre, la Russie et le Wisconsin sont en troisième ligne et ne possèdent que la moitié des types connus en Bohême. La Norwége et l’Etat de New-York, qui ne présentent que 9 types, sont au quatrième rang.
7 . Dans la 7 èma colonne, nous présentons les nombres comparés des types connus dans chacune des grandes zones. On voit que, par l’influence de la Bohême, c’est la grande zone centrale d’Europe, qui prédomine par ses 20 types. La grande zone septentrionale d’Europe n’en possède que 14. Elle se rapproche ainsi beaucoup de la grande zone septentrionale d’Amérique, qui en a fourni 15. B faut remarquer, que chacune de ces zones possède quelques types qui lui sont exclusivement propres, et qui sont, en général, très-peu riches en espèces.
B n’y a que 4 types connus dans les Contrées diverses , indiquées au bas de notre tableau, et ils ont tous apparu dans la faune seconde.
8. Les deux dernières colonnes, 8 — 9, à droite de notre tableau, indiquent les noms des types locaux et des types cosmopolites, qui sont connus dans chacune des grandes zones. Nous avons disposé ces noms, de manière à distinguer les types, qui apparaissent dans chacune des faunes, seconde et troisième.
En outre, nous avons énuméré, pour chaque zone, ceux des types qui lui manquent, jusqu’à ce jour. Mais, pour qu’ils ne puissent pas être confondus avec les autres, leurs noms sont imprimés en caractères italiques. Les numéros d’ordre, qui précèdent ces noms, forment le complément de ceux des types existans, savoir: jusqu’à 14 pour les types locaux et jusqu’à 11 pour les types cosmopolites. Ces deux chiffres réunis forment la totalité des 25 types, que nous reconnaissons comme existans, dans notre classification (p. 5) et que nous venons de rappeler dans la distinction des types cosmopolites et des types locaux, (p. 256).
9. On remarquera, que le nombre des types locaux est supérieur à celui des types cosmopolites, dans l’ensemble de l’ordre des Céphalopodes, et des régions siluriennes. Mais, si l’on considère chacune des grandes zones en particulier, on voit que c’est, au contraire, le nombre des types cosmopolites qui prédomine, selon les chiffres qui suivent:
Evolution des Céphalopodes.
Types
Itcaix
cosmo-
polites
Totaux
Grande zone centrale d’Europe
Grande zone septentrionale d’Europe . .
Grande zone septentrionale d’Amérique .
Dans l’ensemble de la grande zone septen-) trionale, en Europe et en Amérique i
La grande zone centrale d’Europe est la seule qui possède la totalité des 11 types cosmopolites et elle offre en même temps le plus grand nombre de types locaux.
Au second rang, se trouve la grande zone septentrionale d’Amérique, sous le rapport du nombre des types cosmopolites, puisqu'elle les possède tous, à l'exception de Goniutites. La grande zone septentrionale d’Europe est la moins favorisée, car elle n’en offre que 8. Mais elle fournit 6 types locaux, tandisque nous n’en connaissons encore que 5 en Amérique.
Dans l’ensemble de la zone septentrionale, sur les deux continens, il n’existe jusqu’ici que 10 types cosmopolites et 9 types locaux. Ce dernier chiffre est égal à celui de la zone centrale. La différence d'une unité dans le nombre des types cosmopolites est celle que nous venons de signaler, au sujet du type Goniatites, qui n’est connu qu’en Bohême, durant la période silurienne.
Ainsi, en faisant abstraction de cette différence, qui n’est peutêtre que temporaire, il existe aujourd’hui une remarquable égalité entre les grandes zones centrale et septentrionale, sous le rapport de la répartition horizontale des types cosmopolites et des types locaux. Cette égalité doit nous étonner, si nous considérons la grande inégalité des surfaces géographiques comparées. Mais, elle parait encore plus surprenante, si l’on observe, que tous les types de la zone centrale ont existé dans le bassin exigu de la Bohême.
Ces considérations nous portent à croire, que nous sommes encore loin de connaître tous les types des Céphalopodes et notamment les types locaux.
Dans notre sect. ni. en exposant les connexions établies par les types génériques, nous aurons occasion de faire remarquer l’extension horizontale et la fréquence géographique de chacun d’eux.
Evolution dos Céphalopodes.
UL Comparaison des contrées siluriennes principales, sous le rapport de la première apparition des types génériques des Céphalopodes.
La comparaison exacte des diverses contrées siluriennes, sous le rapport de la première apparition des genres, exigerait l'établissement de la correspondance des subdivisions de la série stratigraphique adoptées dans chacune d’elles. Malheureusement, cette correspondance n’a pas été fixée en détail, jusqu’à ce jour. 11 est même probable, que la science ne résoudra jamais ce problème, qui présente beaucoup de difficultés. Mais, nous pouvons considérer aujourd’hui les deux grandes divisions du système silurien, comme également reconnues et limitées, sur toute la surface du globe, suivant la classification primitive de notre illustre maître et ami, Sir Rod. Murchison. Ce résultat est dû à la comparaison des faunes générales, qui se présentent, au nombre de trois, dans le même ordre de succession et avec de semblables élémens zoologiques, dans tous les bassins siluriens jusqu’ici explorés.
Ces trois faunes générales, que nous nommons: primordiale, seconde et troisième, ont été distinguées principalement par l’observation de la succession des types génériques et des formes spécifiques de la famille des Trilobites, c. à d. indépendamment de la considération des Céphalopodes.
Les limites établies entre ces faunes étant partout sufisamment distinctes, nous fournissent les seuls points de repère à notre disposition, pour- fixer approximativement, sur l’échelle de la série géologique, l’hoîizon sur lequel chacun des types des Céphalopodes a fait sa première apparition, dans les contrées à comparer.
Entre les limites de chacune des deux faunes seconde et troisième nous établissons empiriquement une correspondance approximative, pour les horizons stratigraphiques des diverses contrées, en nous guidant, autant que possible, par les analogies des faunes trilobitiques. Convaincu d’avance, qu’un parallèle de cette nature ne peut être complètement exact, nous espérons, du moins, qu’il sera exempt de tout grave anachronisme géologique.
Les tableaux qui suivent, dressés d’après ces dispositions, exposent la distribution des types sur les horizons où ils ont apparu pour la première fois, dans six contrées principales.
206 Evolution des Céphalopodes.
Tableau comparatif de la première apparition des types génériques des Céphalopodes.
Grande zone centrale d ; Enrepe
Grande zone septentrionale d’Europe
, tod
CO
as
es
Bohème
Angleterre
Russie
SS
1 ère apparition
Etages
1 ère apparition
Etages
1 ère apparition
Famé III
Fasse [Il
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