‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 60 sur 208 · III. Irlande · texte numérisé non relu

III. Irlande

Aucune trace de la faune primordiale silurienne n’a été découverte jusqu’à ce jour, ni en Ecosse, ni en Irlande. Les seules localités, dans lesquelles cette faune a été observée , se trouvent dans le Pays de Galles et sur les collines de Malvern

L’absence des Céphalopodes dans les formations qui renferment la faune primordiale, en Angleterre, est constatée par les documens les plus authentiques et les plus récens, que nous allons rappeler en peu de mots:

1. Dans le Vol. III. des Metnoirs of the Geol. Survey, publié en 1866 (p. 358), M. Salter considère comme le plus ancien représentant de cet ordre, Cyrtoceras praecox, qui a été découvert dans le groupe de Trémadoc. Suivant l’indication donnée sur la PI. 10 de ce volume, ce fossile appartiendrait à la formation supérieure de Trémadoc, tandisque dans le texte, le gisement est indiqué avec doute, dans la formation inférieure de ce groupe.

On sait que Sir Rod. Murchison a incorporé les schistes de Trémadoc dans la partie inférieure de son étage de Llandeilo, qui renferme les premières phases de la faune seconde. Cependant, nous avons cru devoir indiquer séparément dans nos tableaux le groupe de Trémadoc, pareequ’il offre, dans sa partie inférieure, une faune qui semble con-

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stituer une transition eutre les grandes faunes primordiale et seconde. La présence des Céphalopodes, même dans la partie moyenne ou inférieure de ce groupe, n'infirmerait en rien le fait général de l’absence de cet ordre, dans la faune primordiale d’Angleterre.

2. 1867. Dans la troisième édition de la Siluria, Sir Rod. Murchison a reproduit le tableau de la distribution verticale des fossiles siluriens, initialement établi par M. M. Salter et Morris, en 1859. M. M. Etheridge, Morris et Rup. Jones, ont récemment complété ce travail, en y ajoutant toutes les nouvelles formes découvertes, depuis la 2 4e édition. Or, ce tableau n’indique aucune trace quelconque de Céphalopodes, dans les formations groupées sous le nom de Silurien primordial. L’espèce que nous venons de mentionner, sous le nom de Cyrt. praecox , est simplement rangée dans l’étage de Llandeilo , c. à d. dans les premières phases de la faune seconde, avec divers Qrthocères, qui ont été décrits comme appartenant à la partie supérieure du même étage.

3. 1867. 1868. Dans un mémoire très intéressant, publié par M. Thomas Belt dans le Geol. Magaz. en Nov. et en Déc. 1867 et en Janv. 1868, sur les Lingula flags , nous trouvons les résultats, non seulement de ses observations personnelles, mais encore de celles de plusieurs autres géologues anglais, sur les plus anciennes fonnations fossilifères, qui occupent le Nord du pays de Galles.

Ces fonnations sont rangées suivant l’ordre naturel de leur superposition, dans un tableau placé sur la p. 3 de ce mémoire et l’extension verticale de tous les genres connus dans ces groupes y est clairement indiquée. Nous croyons utile de reproduire cette série stratigraphique, avec la nomenclature adoptée par M. Thom. Belt. Mais, au lieu de nommer les genres, nous nous bornons à constater le nombre de ceux dont la présence a été reconnue sur chacun des horizons comparés. Ces indications suffisent pour notre but dans la présente étude.

Contrée -Nord du Pays de (inlles.

Ordres

et

Fttmilles

Genres reconnus dans

la

Panne primordiale silurienne

Faune

seconde silurienne

CamliriM intérieur

t'ambriei supéri eur

Silurien intérieur

vj

CJ Ji ~

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à ^ -Si

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CO

Genres

distincts

Trilobites

Crust. divers

Cystidées

Hétéropodes ....

Brachiopodes . . .

Ptéropodes

Céphalopodes I

( Orthoceras) ’ * ' i

Bryozoaires? ....

Protozoaires ....

Fucoidos

Nous ferons remarquer, qu’en reproduisant, dans ce tableau, les noms de Cambrien inférieur et Cambrien supérieur, employés par M. Th. Belt, nous avons étendu sur ces subdivisions stratigraphiques la dénomination de faune primordiale silurienne, pareeque cette faune a réellement reconquis, en paix et en silence, toute cette hauteur verticale, par la présence bien constatée de ses types caractéristiques. Ces types, par le seul fait de leur existence sur ces divers horizons superposés, exercent sur notre esprit une autorité bien supérieure à celle de la nomenclature employée par certains maitres de la science, avant même de connaître la faune de ces âges reculés. Suivant nous , la considération des faunes générales, qui s’étendent sur tout le monde paléozoïque, doit prédominer sur celle des groupes physiques, c. à d. des divisions stratigraphiques, qui ne peuvent avoir qu’une importance locale.

Le tableau de M. Belt comprend 5 groupes fossilifères, placés au dessous du groupe de Trémadoc, c. à d. au dessous de l’horizon, sur lequel nous voyons l’origine de la faune seconde. D’après cet honorable savant, chacun de ces 5 groupes est caractérisé par une faune suffi-

Evolution îles Céphalopodes. 1 1 1

somment distincte, si non par ses genres, du moins par ses formes spécifiques. Il y aurait donc eu, dans la partie Nord du pays de Galles, 5 phases successives de la faune primordiale silurienne, sans qu’aucune de ces phases eût possédé un seul représentant de l’ordre des Céphalopodes, tandisque, nou seulement les Trilobites et Crustacés divers, mais encore les ordres des Ptéropodes et des Brachiopodes existaient pendant ces Ages successifs, sous des formes génériques et spécifiques variées.

Par contraste, M. Th. Belt n’indique sur son tableau qu’un seul type de Céphalopodes, (drthoceras , en lui assignant une époque d’apparition relativement très-tardive, vers le sommet du groupe de Trémadoc, c. à d. sur l’horizon, où la faune seconde était déjà bien établie. Comme les fossiles de ce groupe ne sont pas décrits dans ce mémoire, cette mention est la seule qui constate l’existence des Céphalopodes, dans la série verticale étudiée par M. Th. Belt et ses amis.

En comparant le tableau de M. Belt avec celui que notre illustre maître et ami M. Thom. Davidson a publié en Juillet 1868 (Geolog. Magaz.) Sur les plus anciennes formes des Brachiopodes découvertes dans les roches palcozoiques d’Angleterre, nous remarquons, que les genres de l’ordre décrit sont un peu plus nombreux que dans la légende de M. Th. Belt. Ce sont des différences peu importantes.

En somme, les documens que nous venons de citer, et qui dérivent des recherches qui ont occupé pendant quelques années plusieurs savans très zélés, suffisent pour bien établir le fait, qu’on n’a rencontré aucune trace de Céphalopodes, sur les divers horizons occupés par la faune primordiale silurienne, dans la partie Nord du pays de Galles. Nous allons constater qu’il en est de même, dans la partie Sud du même pays. Sans doute, ces faits sont purement négatifs comme en Bohême, mais la répétition invariable de cette négation, dans toutes les contrées siluriennes, doit un jour acquérir toute la valeur attribuée aux faits les plus positifs.

4 . 1869. M. M. Salter et Henri Hicks ont publié une nouvelle notice, faisant suite à diverses autres notices antérieures, sur les résultats de leurs recherches, dans le Sud du pays de Galles. (Quart. Jour, p. 51 ■ Febr. 1869.) Chacune de ces publications a enrichi la science de quelques nouvelles formes découvertes, soit dans la formation nommée Groupe Ménévien, soit dans le Grès de Harlech, placé au dessous et qui fait partie du Système Cambrien de certains géologues anglais. Or, il résulte de toutes ces communications successives et partielles, que les nouvelles formes mises au jour par ces fructueuses explorations, consistent principalement dans des Trilobites, auxquels sont associés quelques Ptéropodes et Brachiopodes. Ces fossiles offrant tous invariablement les caractères et apparences de la faune primordiale silurienne,

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ont induit M. Salter à présenter, dans une note placée au bas de la page 52, l’observation suivante, qui mérite d'être remarquée.

„I1 semble, en réalité, que les changemens annoncés? (rang) dans ces formes primitives, présentent moins de variations, à mesure que nous descendons plus bas dans l’échelle géologique. Ainsi, nous pouvons espérer d’atteindre quelque point, au dessous duquel ces variations sont nulles."

On conçoit bien le sentiment qui a inspiré une semblable réflexion à cet éminent paléontologue, si l’on jette un coup d’oeil sur la liste des types récemment découverts dans les roches de Harlech, c. à. d. sur un horizon longtemps réputé azoique et qui, par sa position très inférieure, semblait promettre des fonnes jusqu’ici inconnues, et antéprimordiales.

Cette liste, donnée par M. Salter dans la même note, se compose des genres suivans:

Paradoxides.

Conocephalites (Conocoryplie.)

Trilobites . Microdiscus.

Plutonia n. g.

Agnostus.

Ptéropodes . . Hyolithes. (Theca.)

Brachiopodes . Lingulella.

On voit, qu’à l’exception du nouveau genre Plutonia Sait., la faune du grès de Harlech ne présente que des types, qui caractérisent habituellement la faune primordiale silurienne, dans les régions les plus espacées sur la surface du globe.

En nous bornant, en ce moment, à envisager ces faits de haute importance, au point de vue de notre présente étude, nous ferons remarquer que, dans aucune des publications de M. M. Salter et H. Hicks, il n’est fait mention de traces de Céphalopodes, sur les horizons qu’ils ont explorés. Ainsi, sous ce rapport, il existe une parfaite harmonie entre les régions Nord et Sud du Pays de Galles.

Comme, d’ailleurs, la contrée de Malvem n’a jamais montré aucun vestige du même ordre des mollusques, avec les Trilobites de la faune primordiale qu’elle renferme, nous sommes autorisé à considérer l’absence des Céphalopodes comme un fait bien constaté, sur tous les points où la première faune silurienne a été observée en Angleterre.

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