Géorgia, Vermoiit — Canada — Détroit de Belle-ilc
En l’absence de toute preuve stratigraphique, et par conséquent, d’après les seules apparences paléontologiques , nous sommes porté à croire, que la phase de la faune primordiale la plus rapprochée de celle des Paradoocides , en remontant, est celle qui se trouve dans les formations connues sous les noms de schistes de Géorgia et de Grès rouge, dans l’Etat de Vennont et qui s’étendent aussi dans le Canada. Cette opinion a été déjà exprimée très explicitement par M. le Prof. J. Hall, en 1862, Ann. Rvp. p. 220) et par M. E. Billings en
1866. (Catal. of sil. Foss. Antic. p. 80.)
Les Schistes de Géorgia sont bien connus des paléontologues, depuis que l’attention du public savant a été appelée sur trois célèbres Trilobites de cette localité, par notre lettre adressée au Prof. Bronn, en date du 16. Juillet 1860. (N. Jahrb. v. Leonh. u. Bronn. VII. 1860.)
Ces trois Trilobites, après quelques oscillations de la nomenclature, restent dans la science sous les noms de:
Bathynotus holopyga . . . Hall.
Olenellus Thompsoni . . . Hall.
Olenellus Vermontanus . . Hall.
Dans l'ouvrage que nous venons de citer (p. 80), M. Billings associe à ces formations les grès et calcaires constituant la côte Nord du détroit de Belle-île.
Or, d’après cet éminent paléontologue, la faune de ce groupe, abstraction faite de quelques formes obscures des mêmes types, était composée en 1866, comme il suit. Nous rétablissons Itythynotns, Hall, qui nous semble avoir été omis par oubli, dans cette énumération (l. c. p. 80.)
Evolution des Céphalopodes.
Bathynotus . .
. Hall. .
Crustacés . .
Olenellus . .
. Hall. .
Trilobites . .
Conocephaütes
. Zenk.
Bathyurus . .
.Bill. .
Ptéropodes .
Salterella . .
. Bill. .
Obolus . . .
. Eichw.
Obolella . . .
.Bill. .
Brachiopodes
Orthisina . . .
. d’Orb.
Camerella . .
. Bill. .
Polypier? . .
. Archeocyathus
.Bill. .
Végétaux. . .
: Scolithus . . .
. Hall. .
Palacophycus .
Outre ees formes, M. Billings avait antérieurement énuméré des traces diverses de Crustacés? nommées Protichnitcs Owen, et de Mollusques? Climactichnites Logan, comme trouvées sur des couches faisant partie du groupe de Potsdam, dans cette région. (G col. of Canada p. 953. 1S63.J
Nous remarquons que, dans le texte de la Gcol. of Canada p. 102 , Sir W. Logan figure Ophilelu compacta Sait, et 2 petits fragmens, non nommés, d’Orthocères , qui ont été trouvés dans des couches considérées comme établissant un passage vers le Grès Calcifère. Comme ces fossiles ne sont pas indiqués sur l’horizon du groupe de Potsdam, par M. Billings, dans le tableau de distribution verticale, annexé à cet ouvrage, nous ne pouvons pas les regarder comme faisant réellement partie intégrante de cette phase de la faune primordiale. M. Billings exprime d’ailleurs l’opinion, que les couches renfermant ces fossiles pourraient être placées à la base du Grès Calcifère. (Pal. Foss. p. 59. 1862—1865.)
En adoptant cette combinaison stratigraphique, qui nous paraît très naturelle, la faune primordiale de ces régions serait en parfaite harmonie avec celle des autres contrées voisines, sous le rapport de l’absence des Céphalopodes.
Dans une publication postérieure, qui a paru vers la tin de 1866, (Catal. of SU. Foss. Antic.) M. Billings s’exprime ainsi (p. 80):
^Immédiatement au dessus (de l’horizon de Géorgia, Vermont etc.) se trouve le Grès de Potsdam du Wisconsin et Minnesota, renfermant, d’après les connaissances actuelles, environ 50 espèces, principalement des Trilobites, d’un type primordial. Il y a quelque raison de croire, que la partie supérieure du grès typique de Potsdam au Canada et dans l’Etat de New York, est du même âge. Dans ces roches, les Gastéropodes et les Céphalopodes font leur première apparition, bien
Evolution des Céphalopodes. 117
qu’ils soient rares et que les espèces soient petites. Cette faune est entièrement distincte de celle du groupe de R‘ Joint (New Brunswick) et du Potsdam inférieur."
Ce passage ne nous paraît pas infirmer l’observation que nous venons de présenter au sujet des Céphalopodes. En elfet, on n’a trouvé aucune trace de cet ordre dans le Grès de Potsdam du Wisconsin et de Minnesota, ainsi que nous allons le montrer, d’après les documens existans. L’absence des Céphalopodes étant également constatée jusqu’ici sur cet horizon, dans l’Etat de New York, la première apparition de ces fossiles à laquelle M. Billings fait allusion, ne peut évidemment se rapporter qu’aux couches supérieures du grès de Potsdam au Canada, dont il vient d’être question.
Dans un autre passage de la même étude, (p. 82) M. Billings, après avoir essayé d’établir un parallèle entre les formations fossilifères les plus anciennes en Amérique et en Angleterre, ajoute:
„En Amérique, au dessous de l’horizon de Lévis et par conséquent au dessous du Llandeilo inférieur, nous avons un grand nombre d’espèces de Gastéropodes et de Céphalopodes. Plusieurs n’ont pas été décrites, mais en tenant compte de toutes, je pense qu’il doit y avoir, au moins, 40 Céphalopodes et 80 Gastéropodes dans le Potsdam et le Calcifère."
Puisque les Céphalopodes sont rares dans le Potsdam, selon le passage précédent (p. 80) il est clair , que la grande majorité des 40 espèces signalées dans la seconde citation, doit appartenir au Grès Calcifère. Environ 21 ont été déjà décrites. Voir nos tableaux p. 43 à 4G.
Dans tous les cas, les rares et petites espèces représentant la première apparition des Céphalopodes, dans les dernières couches du Grès de Potsdam, au Canada, n’infirment nullement le fait de l’absence de cet ordre sur les horizons plus profonds et dans les phases principales de la faune primordiale.
Cette première apparition des Orthocères, si on l'admet dans le Grès de Potsdam, et le notable développement des Céphalopodes dans le Grès Calcifère, c. à d. au dessous de l’horizon de Llandeilo, selon M. Billings, constitueraient ensemble un remarquable fait d’antériorité, en faveur du Canada. En effet, on ne connait encore, en Angleterre, au dessous du groupe de Llandeilo, qu’un seul Céphalopode: Cyrt. praecox Sait, qui appartient au groupe de Trémadoc (voir ci-dessus p. 108.) Nous aurons l’occasion de revenir sur ce fait, avant de terminer la présente étude.
Evolution des Céphalopodes.