‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 84 sur 208 · IIS · texte numérisé non relu

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( par faune .

Réapparitions enlredivers étages, à déduire

Espèces distinctes par Faune .

Espèces comuiunnes aui déni faunes, à déduire

Total des espèces distinctes en Russie .

Dans nos tableaux nominatifs (p. 60 à 63), nous avons figuré la série verticale des formations ou étages, en laissant une place libre pour celles des formations qui peuvent correspondre à la faune primordiale, ou bien à des horizons de transition entre cette faune et la faune seconde. Mais, dans le tableau qui précède, nous avons cru devoir figurer les divers dépôts , dont l’existence a été indiquée dès

Evolution de» Céphalopodes. 149

1819 par M r . Strangways ; plus tard en 1845, par Sir Rod. Murchison dans la Géologie de la Russie et de l’Oural I. p. 25; et plus récemment, en 1858, avec quelques nouvelles observations, par M. le Doct. Fréd. Schmidt, dans son ouvrage déjà cité. La considération de l’existence de ces dépôts et de la faune qui les caractérise, ne saurait être négligée, si l’on veut apprécier, d’une manière approximative, l’intervalle de temps qui sépare l’origine apparente de la faune seconde en Russie et la première apparition connue des Céphalopodes, dans la même contrée.

Etant obligé de tracer une ligne provisoire de démarcation, entre les faunes primordiale et seconde, sans pouvoir nous guider d’après les formes trilobitiques , jusqu’ici inconnues sur les horizons les plus profonds, nous chercherons cette limite au dessus du Grès à Ungulites, ou à Ololus, qui ne renferme que ces Brachiopodes , d’apparence primordiale.

Mais nous sommes dans le doute, au sujet du schiste bitumineux ou alunifère, qui suit en montant dans la série verticale, et qui, selon M. Schmidt, semble littéralement composé de Graptolitcs proprement dits et de Dictgonema flabelliformis Eichw. (Silur. Form.-Archiv fur d. Naturk. Livl. etc. II. p. 43. 1852.)

Il est constant, que les vrais Graptolitcs ne sont pas connus dans la faune primordiale, ni en Suède, ni en Angleterre. Mais M. le Prof. Kjérulf indique la présence de Grapt. tenuis Portl. sur cet horizon, en Norwége, et nous avons aussi cité ci-dessus (p. 120) Dendrograpt. Hallianus , comme existant dans l’une des formations que M. le Prof. J. Hall distingue dans le Grès de Potsdam des régions de l’Ouest, en Amérique.

Ainsi, il serait hazardeux de se prononcer d’une manière absolue sur l’horizon auquel le schiste bitumineux doit être rapporté. Nous ferons remarquer, que la nature alunifère de cette roche n’indique pas nécessairement le niveau géologique des schistes alunifères de la Suède, qui renferment des Trilobites primordiaux.

Nous éprouvons la même incertitude au sujet du Grès vert, recouvrant le schiste bitumineux et qui ne présente, selon M. le Doct. Schmidt, d’autres fossiles que les Conodontes problématiques de Pander, avec Obolus siluricus et une Lingule indéterminable ( l ■ c. p. 44.)

Ces deux formations sont d’ailleurs peu puissantes et leur épaisseur maximum ne dépasse pas 10 pieds pour la première et 6 pieds pour la seconde. Elles sont même très réduites en certaines localités.

Dans tous les cas, si on veut les considérer comme appartenant à un horizon primordial, ou à un horizon de transition entre la faune

150 Evolution des Céphalopodes.

primordiale et la faune seconde, le reste de la série en remontant ne peut donner lieu à aucun doute.

En effet, le Calcaire Chlorité qui recouvre immédiatement le Grès vert, appartient évidemment à la faune seconde, puisqu’il renferme de nombreux fragmens de Trilobites caractéristiques de cette faune, savoir: Asaphus et Illaenus, mentionnés par M. le Doct. Schmidt, dans l’ouvrage cité, p. 45.

Suivant le même 'auteur, il existe un passage insensible entre les couches du Calcaire Chlorité et celles du Calcaire à Orthocères, qui est immédiatement superposé.

Ainsi, en faisant même abstraction des deux formations du schiste alunifère et du Grès vert, on voit que la faune seconde avait déjà présenté en Russie une phase bien caractérisée et antérieure à celle qui est renfermée dans le Calcaire à Orthocères. Cependant, il ne faut pas perdre de vue, que la puissance du Calcaire Chlorité est évaluée à 10 pieds par M. Schmidt. Cette épaisseur ne nous représente pas une extrême longueur de temps, bien qu’il soit impossible d’apprécier la durée d’un semblable dépôt; la puissance du Calcaire à Orthocères varie entre 15 et 40 pieds selon M. le Doct. Schmidt, (p. 46.)

Ces observations nous out para nécessaires avant d’exposer les faits relatifs à l’évolution de l’ordre des Céphalopodes, en Russie.

Parmi toutes les contrées de la zone septentrionale, la Russie est celle qui présente, en ce moment, le plus grand nombre de formes de cet ordre. Une grande partie de cette richesse nous a été révélée, en 1860, par M. le Chev. d’Eichwald, dans sa Lethaea Rossica. L’autre partie avait été antérieurement annoncée, soit dans les ouvrages plus anciens de ce savant, soit dans la Géol. de la Russie et de l'Oural , en 1845, par M. M. de Verneuil et C“. Keyserling, soit dans le mémoire de M. le Dr. Fréd. Schmidt, sur la formation silurienne de l’Esthonie et de l’ile d’Oesel, en 1858.

Pour ranger toutes les espèces, provenant de ces diverses sources, suivant un ordre stratigraphique, nous avons dû adopter les subdivisions locales établies par M. Schmidt. Nous avons fait de notre mieux pour assigner à chacune de ces subdivisions les formes qui lui appartiennent. Cependant, comme les ouvrages cités ne sont pas toujours suffisamment explicites, au sujet de l’horizon des fossiles dont ils indiquent la localité, nous pourrions avoir commis quelques erreurs, dans notre classement. Ces erreurs ne pouvant être très nombreuses, ne sauraient avoir une influence notable sur les chiffres que présente notre tableau synoptique qui précède.

D’après les documens rassemblés sur ce tableau, nous voyons, que tous les genres 'de Céphalopodes connus en Russie , se rangent

Evolution dos Céphalopodes. 151

dans 2 groupes d’apparition, dont l’un correspond à la faune seconde et l’autre à la faune troisième. Sous ce rapport, il y a harmonie entre la Russie et les régions Scandinaves, que nous venons de passer en revue.

i. Le premier groupe d’apparition, en Russie, est de beaucoup le plus considérable et il appartient à la formation bien connue sous les noms de Pleta , ou Calcaire à Orthocères. . Ce groupe se compose de: ' .

4 genres . . principaux ou cosmopolites

1 s. genre . id.

1 genre . . secondaire ou local . . .

2 s. genres . id.

L’horizon sur lequel apparaissent simultanément? tous ces types ne renferme pas la première, mais, suivant les apparences, la deuxième phase de la faune seconde.

Orthoceras , qui prédomine sur cet horizon, se propage, mais avec une moindre richesse de formes, à travers toutes les autres formations superposées, aussi bien dans la division inférieure que dans la division supérieure.

Cyrtoceras vient au second rang, sous le rapport du nombre de ses formes spécifiques, mais il présente la même extension verticale que le type précédent. Nous ferons même remarquer, qu’aucune contrée n'offre autant d’espèces coexistantes de ce type, dans une même subdivision stratigraphique de la division silurienne inférieure.

Lituites occupe le troisième rang parmi les types de ce groupe. Mais, plusieurs des formes qui lui sont attribuées, sont incomplètes et laissent à désirer une plus ample illustration.

Gomphoceras est pauvre en espèces dans la faune seconde, tandisqu’il se développe un peu plus dans la faune troisième. Mais, l’apparition de ce type à ouverture contractée, au milieu des premiers représentans des Céphalopodes, en Russie, mérite d’être remarquée, parcequ’elle semble être la plus ancienne, qui ait été signalée jusqu’ici dans toutes les régions siluriennes de l’Europe et même de l’Amérique,

Le sous-genre Endoceras vient après Lituites, sous le rapport du nombre des espèces, dans le Calcaire à Orthocères, mais il ne se propage pas au delà de l’étage qui suit immédiatement en remontant.

( Orthoceras . . . Breyn.

Cyrtoceras . . . Goldf.

Gomphoceras . . Sow.

Lituites .... Breyn. Endoceras . . . Hall.

Bactrites .... Sandb.

| Ophidioceras . . Barr.

I Discoceras . ... Barr.

152 Evolution des Céphalopodes.

Le genre Bactrites est à peine représenté par une espèce dans ce premier groupe et il n’a laissé aucune trace dans les autres subdivisions du terrain silurien en Russie.

Les sous-genres Ophidioceras et Discoceras sont représentés de môme, par une seule espèce, dans le Calcaire à Orthocères. Mais on doit remarquer, que la forme à laquelle nous appliquons le nom de Ophidioceras et <pii avait été antérieurement nommé Clymenia depressa par M. le Chev. d’Eichwald, est de beaucoup antérieure aux espèces de la Bohême, que nous avons réunies dans ce sous-genre, car elles appartiennent à la première phase de notre faune troisième.

2. Le second groupe d’apparition, qui correspond à la faune troisième, se manifeste dans les formations de l’île d’Oesel, ou sur les horizons correspondans des provinces russes de la Baltique. Il est vraisemblable, que ce groupe pourra être décomposé en plusieurs groupes successifs, mais nous ne possédons pas les documens nécessaires pour cette distinction. D’ailleurs, le nombre des types connus dans ces dépôts est jusqu’ici très réduit et il se compose uniquement de:

Phragmoceras . . Brod.

Trochoceras . . ! ï! a '?‘

' Hall.

Chacun de ces genres n’est représenté que par une seule espèce. Nous ferons même remarquer, que nous appliquons le nom de Trochoceras à une forme, que M. le doct. Schmidt énumère comme identique avec Lit. giganteus. Sow. qui est un Trochoceras.

Les couches siluriennes de l’île d’Oesel renferment de nombreux poissons de genres très divers. Leur coexistence sur le même horizon, ou sur des horizons très rapprochés de celui qui renferme Phragmoceras et Trochoceras , mérite d’être remarquée. Mais, nous avons aussi découvert récemment, en Bohême, des traces d’une semblable association, dans notre étage E.

2 genres . . principaux ou cosmopolites .

Observations générales sur la Russie.

Les documens présentés sur notre tableau (p. 148) conduisent aux observations suivantes:

I. En considérant la première apparition des types, la faune seconde manifeste son privilège habituel, dans la zone du Nord, car elle présente 8 genres ou sous-genres, qui ont apparu pendant sa durée, tandisque 2 seulement ont surgi pendant l’existence de la faune troisième. C’est la contrée dans laquelle' ce privilège de la faune seconde est le plus prononcé, sur la zone septentrionale d'Europe.

Evolution des Céphalopodes. 153

2. En considérant la répartition verticale des types dans les étages superposés, nous retrouvons l’inégalité et l’irrégularité ordinaires. Mais, nous ferons remarquer, que le maximum de 8 types coexistans correspond à la formation du calcaire à Orthocères, c. à d. à l’horizon, sur lequel les Céphalopodes semblent avoir fait leur première apparition en Russie. C’est la seule contrée avec la Norwége, qui nous présente ce phénomène, parmi toutes celles que nous étudions. Le minimum absolu, réduit à la présence de Orthoceras et Cyrtoceras , correspond au sommet de la division silurienne inférieure, ou à la dernière phase de la faune seconde.

3. Le nombre total des genres, ou sous-genres, connus en Russie est de 10, savoir:

dans la faune troisième 6

types communs aux deux faunes, à déduire . . . . 4 total dés types distincts 10

Ce nombre est égal à celui qui a été observé en Angleterre, et il n’est dépassé dans aucune région de la zone septentrionale d’Europe. Mais, il représente seulement la moitié des 20 types reconnus en Bohême, et il est inférieur au chiffre des 14 types observés au Canada.

4. Parmi les 10 types de la Russie, 7 sont cosmopolites et 3 sont locaux. Nous les énumérons selon leur ordre d’apparition, dans les 2 colonnes qui suivent:

Type» cosmopolite»

Type» locaux

Fanne troisième! 1 ? ochoceras

[ 6. Phragmoceras

Faune seconde

5. Lituites 4. Gomphoceras 3. Cyrtoceras 2. s. g. Endoceras 1. Orthoceras

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