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Evolution des Céphalopodes. 181
Nous présentons la série verticale stratigraphique, d’après les indications données par M. le Prof. J. Hall, dans son bel ouvrage intitulé : „B,eport on the Geological Survey of the state of Wisconsin “ 1862.
On remarquera, que cette série, comparée à la série typique de l’Etat de New-York, présente de notables différences dans la division inférieure et surtout dans la division supérieure.
Dans la division inférieure, on voit au dessus du Grès Calcifère une formation nommée Grès de St. Peter, par le Doct. D. Owen et qui se distingue dans toute son étendue, par une absence complète de toute trace animale ou végétale. Cependant, cette formation n’a pas été reconnue à l’Est du Wisconsin, par le Prof. J. Hall.
Par contraste, la formation immédiatement superposée , connue sous le nom de Buff ou Buff-Limestone , est très fossilifère et semble représenter à la fois les trois groupes de Chazy — Bird’s-eye — Black- River — de la série typique de New-York, selon l’opinjon du Prof. J. Hall, exprimée dans l’ouvrage cité. (p. 161).
Les groupes de Utica et de Hudson-River ne paraissent pas être partout très distincts. Cependant, nous avons cru devoir les séparer, d’après les indications du Doct. D. Owen sur la partie occidentale du Wisconsin. Le nom de Hudson River devrait être changé; mais nous attendons que les savans américains soient d’accord sur le nouveau nom à adopter. Celui de Cincinnati group proposé par M. M. Worthen et Meek, est indiqué sur nos tableaux relatifs à l’Etat de l’Illinois. La formation de Oneida, n’est pas distinctement représentée, dans cette contrée.
Dans la division supérieure, les 2 formations de Médina et de Clinton, placées vers la base, ont été reconnues et celle de Niagara surtout, a fourni un assez grand nombre de fossiles. Mais les 5 groupes de la série typique, qui suivent en remontant, n’ont pas été mentionnés par le Prof. J. Hall, ni par le Doct. D. Owen. Nous devons donc les considérer comme n’étant pas représentés dans ces régions de l’Ouest.
Au-dessus de cette grande lacune et immédiatement en contact avec le groupe bien caractérisé de Niagara, le Prof. J. Hall indique la présence du groupe de Helderberg supérieur, qui, suivant nous, renferme la dernière phase de la faune troisième. Au dessus de cet horizon, la série Dévonienne se manifeste dans une formation assimilée au groupe de Hamilton de la série de New-York.
Nous avons cru devoir présenter ces observations, parceque nous devons avoir égard à la différence considérable qui doit se manifester dans les faunes seconde et troisième siluriennes des régions de l’Ouest, si on les compare aux faunes correspondantes des régions de l’Est, dans lesquelles la série typique des formations est complète. D’après les
Evolution des Céphalopodes.
simples observations qui précèdent, on doit être préparé à trouver la faune troisième relativement inférieure à la faune correspondante de l’Etat de New-York, sous le rapport numérique des formes spécifiques.
Notre tableau montre, que les genres de Céphalopodes reconnus dans l’Etat de Wisconsin, peuvent être rangés en 6 groupes d’apparition, dont 4 appartiennent à la faune seconde et 2 à la faune troisième.
1. La première apparition a lieu dans le calcaire magnésien inférieur, équivalent du Grès Calcifère de New-York. Elle se compose uniquement de:
1 genre : . principal ou cosmopolite . . Orthoceras. Breyn.
Ce type, dont nous indiquons une seule espèce, semble cependant avoir fourni diverses formes distinctes durant le dépôt de cette formation, mais elles sont trop mal conservées pour pouvoir être différenciées et nommées. Au dessus de cet horizon, le genre Orthoceras se montre avec diverses intermittences, jusque sur l’horizon de Niagara, où il présente 14 espèces. Après ce maximum , il semble disparaître complètement.
5Î. Le second groupe d’apparition se montre dans la formation nommée Buff et se compose de:
2 genres . . principaux ou cosmopolites . .
Cyrtoceras , surgit avec 8 espèces bien caractérisées, constituant le nombre maximum de ses fonnes, précisément à l’époque où il semble apparaître dans cette contrée. B se propage verticalement avec un moindre nombre d’espèces, dans les trois fonnations qui suivent en remontant, dans la division inférieure. Puis, il disparaît sur une grande hauteur stratigraphique, pour reparaître sur l’horizon de Niagara, avec 7 tonnes spécifiques nouvelles. Ce type nous offre donc ses deux maxima aux deux époques extrêmes de son existence, dans cette contrée.
Lituitcs est relativement pauvre en espèces, dans les trois formations, où il est représenté. Mais ses fonnes occupent bien la hauteur, dans laquelle on rencontre ordinairement ce type , dans tous les pays.
3. Le troisième groupe d’apparition se montre dans le calcaire de Trenton et se compose de:
1 sous-genre . . principal ou cosmopolite . . Endoceras . . Hall.
1 sous-genre . . secondaire ou local .... Gonioceras . Hall.
Ces deux types ne présentant qu’une ou 2 espèces, qui s’éteignent sur cet horizon, n’ont joué qu’un rôle peu important dans cette contrée.
( Lituitcs .... Breyn.
Evolution des Céphalopodes.
4. Nous n’indiquons ce groupe qu’avec doute dans la formation de Utica. Il se composerait de:
1 genre . . principal ou .cosmopolite . . Phragmoceras. Brod.
Nous avons puisé cette indication dans l’ouvrage du Doct. D. Owen, intitulé: Geological Survey of Wisconsin, Jotca and Minnesota. 1852. Mais, comme ce savant n’a figuré, ni décrit le fossüe auquel il applique le nom générique de Campulites , cette détermination n’est pas encore certaine. Elle pourrait avoir été appliquée, comme celle de Phragmoceras en Angleterre, à l’une des formes endogastriques de Cyrtoceras.
Nous savons, au contraire, avec toute certitude , 'd’après la description et les figures données par M. le Prof. J. Hall (20 th Ann. Rcp. of the Regents — 1868), qu’une véritable espèce de Phragmoceras, parfaitement caractérisée, a été trouvée dans la division supérieure de la même contrée, sur l’horizon de Niagara. Elle semble être une forme sporadique, car on n’en connaît aucune autre, dans toute la hauteur de cette division silurienne, dans le Wisconsin et la présence de ce type n’a pas été signalée dans l’Etat voisin, Illinois, ni dans les autres régions de l’Ouest.
Les deux groupes, qui suivent, ont apparu pendant la durée de la faune troisième.
5. La cinquième apparition de Céphalopodes, dans le Wisconsin, d’après les documens publiés, paraît être séparée de la précédente par un long intervalle de temps. En effet, les formations de Médina et de Clinton n’ont présenté jusqu’ici aucune trace de l’ordre qui nous occupe, et qui reparaît dans les dépôts de l’âge de Niagara. Les nouveaux types qui surgissent sur cet horizon, sont:
3 genres . . principaux ou cosmopolites
Gomphoceras . Sow.
Nautilus . . . Breyn.
Trochoceras .
Barr.
Hall.
Ces 3 types sont relativement peu riches en espèces. Chacun des 2 derniers n’en fournit que 2 et le premier est réduit à une seule. Mais toutes ces formes disparaissent également, durant le dépôt de cette formation et la trace de ces 3 types n’est pas indiquée jusqu’ici, au dessùs de cet horizon. Ainsi, cette apparition est isolée et sporadique.
6. Le sixième groupe ne se montre qu’à la limite extrême du terrain silurien, dans la formation de Helderberg supérieur. H se compose uniquement de:
1 genre . . principal ou cosmopoüte . . Gyroceras. Konck.
Ce type n’est connu jusqu’ici que par une seule espèce, sur cet horizon.
Evolution dos Céphalopode».
Observations générales sur le Wisconsin.
Bien que les recherches paléontologiques nous paraissent loin d’être complètes, dans cette vaste contrée silurienne, elles nous offrent un intérêt particulier, parcequ’elles nous indiquent une distribution verticale des Céphalopodes, notablement différente de celle que nous connaissons dans la région typique de New-York, et surtout dans le Canada. Cette différence s’aperçoit au premier coup d’oeil, sur notre tableau et elle consiste dans une grande lacune pendant l’existence de la faune troisième, entre l’horizon de Onondaga et celui de Helderberg supérieur.
Nous allons retrouver une lacune analogue, si non identique, dans la faune correspondante de l’Etat d'Illinois.
1. En considérant l’époque de la première apparition des types dans le Wisconsin, nous voyons que 6 genres, ou sous-genres, ont apparu durant la faune seconde et 4 durant la faune troisième. Ainsi, sous ce rapport, la faune seconde conserve, dans cette contrée, l'avantage habituel qu’elle possède dans la zone septentrionale.
2. La répartition des types entre les subdivisions de la série verticale est très irrégulière. Le maximum absolu des types coexistans est de 6, et il se trouve sur l’horizon de Niagara, dans la division supérieure. Un maximum approché, consistant en 5 types, se montre au contraire, dans la division inférieure, sur l’horizon de Trenton Le minimum absolu, réduit au seul genre Orthoceras , correspond à l’origine de la faune seconde.
3. Le nombre total des genres ou sous-genres, qui ont existé dans le Wisconsin, durant toute la période silurienne, s’élève à 10,
savoir:
Dans la faune seconde . 6
dans la faune troisième 7
à déduire les types communs aux deux faunes . 3 total des types distincts 10
Ce nombre est le plus grand connu dans les contrées d’Amérique, à l’exception du Canada, qui possède 14 types.
4. Parmi les 10 genres, ou sous-genres du Wisconsin, nous distinguons 9 types principaux ou cosmopolites et 1 seul sous-genre local. Nous les énumérons dans les colonnes qui suivent, en les rangeant selon l’ordre de leur apparition, à partir du bas.
évolution des Céphalopodes.
Types cosmopolites Types locaux
; Faunes trosième