Partie postérieure du biceps
Quatrième racine. Demi-tendineux et demi-membraneux. 2° et 3° adducteurs.
Elle est, au point de vue fonctionnel, une racine complexe ; elle produit surtout la flexion de la jambe et l’extension de la cuisse.
Cinquième racine. Muscles de la queue.
Ils en concluent que « l’innervation du membre inférieur présente dans les origines médullaires une systématisation évidente; les filets moteurs qui naissent de la moelle à un niveau donné se distribuent à des groupes musculaires synergiques ».
C’est là, on le voit, une localisation affirmative : chaque racine a son monopole de muscles à actionner, sa spécialité d'excitations
motrices.
Ne
Nous terminons ici cette revue des travaux antérieurs.
L'œuvre, on le voit, n'était plus nouvelle : mais les conclusions
ne sont pas indiscutables ni les résultats définitifs. Il ne s’agit
point ici de théories arrêtées qu'on doive subir, ou de principes
établis qu’il faille accepter : il y avait à faire une œuvre de critique originale et d'expérimentation nouvelle.
a OU
L'exposé de l'historique de la question nous a montré, chez les auteurs, des tendances diverses et des conclusions opposées.
On peut les ramener à trois opinions différentes, les condenser en trois formules principales.
Les uns défendent la spécialité fonctionnelle de chaque racine , soit qu'avec P. Bert et Marcacci ils accordent à chacune un monopole de mouvements bien définis, flexion ou extension par exemple; soit qu'avec Ferrier et Yéo ils la considèrent comme préposée à des mouvements coordonnés spéciaux et à des contractions régulièrement combinées. Ces derniers, on le voit, font moins de simplification absolue et de localisation exclusive; il ne s’agit pas pour eux de mouvements simples, de contractions limitées à des muscles bien opposés, mais plutôt d'actions résultantes et d'associations musculaires composées.
Puis se place une opinion moyenne, un groupe intermédiaire entre les localisateurs à outrance et les sceptiques qui, comme Panizza, refusent toute action spéciale à chaque racine. Ce sont Müller, Van Deen, Kronenberg, Peyer, qui reconnaissent qu’un groupe musculaire synergique n’est point fourni par une racine unique, spécialisée dans cette fonction, mais qu'il emprunte au contraire à des racines différentes. Par là, ils se rapprochent donc de Parizza ; mais en même temps ils démontrent (Müller, Van Deen) que ces fibres d’origine, empruntées aux diverses racines pour la formation des troncs définitifs, maintiennent leur individualité, leur action personnelle, en dépit des plexus et de leurs anastomoses. [ls déplacent donc la spécialité fonctionnelle ; au lieu de l’attribuer exclusivement à une racine, comme P. Bert et Marcacci, ils la conservent à chaque filet composant des troncs définitifs, etréclament pour chacun, sans le déterminer exactement, un territoire constant d’innervation, une action localisée à une région musculaire donnée.
Les autres enfin, comme Panizza, refusent à chaque racine motrice toute individualité physiologique, toute action spéciale. Ils n'admettent pour elles qu’un rôle de conduction banale et de fonction indifférente. Ce sont desconducteurs passifs, prêts à toute transmission motrice, disposés pour tout effet mécanique. L'action de chaque racine isolée s'étend à la totalité des muscles du membre, et la section de chacune intéresse l’ensemble des mouvements. Il y a même proportion absolue entre le nombre des racines sectionnées et l'intensité de la paralysie produite.
Cest là de l'indifférence fonctionnelle trop absolue : les racines ne valent point seulement par leur quantité, mais par leur qualité; Pinnervation d’un membre n’est point un total d'influences nerveuses analogues , mais plutôt une résultante d’innervations multiples et d'actions nerveuses différentes.
La question, on le voit, est loin d’être tranchée. Si nous ne pouvions prétendre à la nouveauté absolue du sujet, à l’originalité complète des recherches, il nous restait encore une œuvre importante. s
Une meilleure institution des expériences ; des procédés opéraloires plus rigoureux ; une expérimentation basée sur une méthode nouvelle, étendue aux divers animaux ; une interprétation originale des lois constatées ; le contrôle des expériences du laboratoire par les observations de l’hôpital et la vérification clinique des données expérimentales : c'était là une œuvre intéressante et une contribution suffisante.
[ nous faut reconnaître, comme nousl’avons ditaiïlleurs', que nous avions abordé cette étude avec un esprit de doute absolu et d'observation indépendante de toute idée préconçue. Nos résultats n’ont été enregistrés qu'après un contrôle minutieux, qu'après expérimentation répétée par fréquentes reprises. Loin de nous raidir contre l’expérience, nous en avons accepté tous
1 Gazette hebdomadaire de Montpellier.
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les résultats différents, nous en avons noté toutes les variations accidentelles. De sorte qu'ils ne représentent point une théorie édifiée sur quelques faits, mais plutôt une moyenne constante dégagée d'observativns multiples et d'erpérimentations réitérées.
I est évident qu'il fallait adopter, en cette étude, les deux grandes méthodes d'analyse expérimentale des nerfs : la soustraction de leur influence par la section, la restitution de cette influence par l'excitation galvanique.
Le premier procédé expérimental nous a donné d'excellents résultats chez la grenouille. Chez le chien, nous avons fait aussi des sections comparatives des diverses racines : ici, l'expérimens tation à été peu instructive, les observations peu concluantes. Il est bien difficile de maintenir en observation continue et comparée un grand nombre -d’animaux opérés : les symptômes de paralysie, nets dans les premiers jours, ne tardaient pas à s’obscurcir et à s’altérer; malgré la diversité des racines sectionnées, les troubles paralytiques affectaient la plupart du temps une physionomie commune et une détermination identique, défiant toute localisation exacte et tout examen précis. C’est en effet une remarque qu'ont faite la plupart des observateurs, que, chez le chien, le trouble paralytique le plus commun est le renversement sur le dos de la patte antérieure. Comme l'a fait remarquer Vulpian, ce phénomène vulgaire fait partie de toutes les paralysies légères des mernbres*antérieurs du chien, quelle que soit leur origine,
Il est une autre cause à cette confusion des troubles moteurs, à cette obscurité symptomatique : en dépit des pansements anliseptiques rigoureux, la plaie d’incision suppurait fortement sous la ouate phéniquée. A l’autopsie de nos chiens opérés, - nous avons toujours trouvé les racines voisines du faisceau sectionné, engagées et étranglées dans une masse d'inflammation, dans une gangue indurée ; ainsi s'expliquent la diffusion des troubles paralytiques et les variations symptomatiques.
Restait la méthode de l'excitation galvanique.
Nous avons fait, à l'exemple des auteurs précédents, les excitations en masse des racines. Chez le singe et le chien, on verra, quand nous discuterons les conclusions de Ferrier et Yéo, combien sont peu instructifs ces résultats d’une galvanisation brutale. C’est là une incitation artificielle, violente, qui ne peut, comme l'impulsion motrice volontaire, se généraliser à l’ensemble des fibres associées en chaque racine : nous avons trouvé, en maintes expériences, que les résultats de l’excitation galvanique variaient suivantle point d'application de l’excitateur.
Au lieu de cette excitation totale d’un faisceau composé, n’était-il pas plus physiologique de tenter la dissociation de ce groupe de fibres à fonctions diverses ? Au lieu de l'observation en masse et de l'étude synthétique de racines complexes, nous nous sommes proposé de faire, si l’on peut associer ces deux termes : la dissection physiologique de tous les filets composants. L’excitation électrique nous permettait d'arriver à l'analysequatiitative des fibres différentes associées en chaque racine médullaire.
L'élude anatomique, en effet, nous montre déjà les troncs définitifs empruntant à plusieurs racines el naissant de plusieurs segments médullaires ; leur seule inspection nous les fait voir se constituant par wn véritable triage naturel et par un groupement de fibres synergiques fournies par diverses racines.
C’est précisément la part d'innervation de chacun de ces faisceaux d'origine des troncs définitifs que nous avons voulu déterminer ; c’est leur territoire respectif de distribution que nous avons tenté de délimiter. Nous avons ainsi relevé leur topographie exacte et construit de véritables cartes de leurs départements musculaires correspondants. (PL. V.)
Cette représentation graphique dégage nettement les conclusions, facilite l'examen et la critique. Au lieu d’un exposé aride, d'un compte rendu d'expériences, les résultats se fixent ainsi en tableaux démonstratifs et en cartes nettement construites.