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CHAPITRE IV

PHYSIOGRAPHIE.

GÉNÉRALITÉS

Le district de Rainy River peut être considéré comme lormant partie de la zone orientale de la portion boisée des plaines de prairie du Manitoba et du Minnesota septentrional. Il est situé en bordure de la région des hautes terres rocheuses qui se développe vers l'ouest, à partir de la tête du lac Supérieur, et sa limite orientale se trouve à environ 150 milles à l’ouest de la ligne de partage qui sépare les eaux qui se jettent dans le lac Supérieur de celles qui se déversent dans la baie d'Hudson. L'altitude générale de cette iigne de partage est de près de 1600 pieds, et le niveau général du district est de 500 pieds plus bas. Le Rainy Lake forme ainsi un bassin de réception pour les eaux d’écoulement d’une grande région située à l’est, dont la pente moyenne n'excède pas beaucoup 3 pieds par mille. La pente de la région du plateau rocheux se prolonge apparemment en dessous des dépôts de drift du district Rainy River, qui diffère essentiellement de cette région rocheuse adjacente, en cela que les dépôts de drift qui le couvrent sont d'une épaisseur suffisante pour cacher, dans la plus grande partie de son étendue, la roche solide ou les assises de roche. Le drift en général augmente en épaisseur et les affleurements des roches solides se font plus rares vers le sud-ouest, mais ces affleurements paraissent de temps à autre même autour de l'extrémité méridionale du lac des Bois. Ces roches sont toutes, autant que l'on sache, des roches cristallines précambriennes, et on n'a trouvé aucune indication certaine dans le district de là présence de roches plus jeunes in situ.

Le caractère de la surface du district, sur la plus grande partie de son étendue, est celui d’une plaine bien boisée, son niveau général étant légèrement inférieur à celui de la région du plateau rocheux. Plusieurs facteurs ont contribué à lui donner une apparence de plaine. Les forages de puits montrent que le drift atteint son maximum d'épaisseur à 100 pieds, en certains endroits, et des mamelons rocheux s'élèvent quelquefois jusqu'à 100 pieds au-dessus du niveau général du terrain. Ces mesures du relief des assises de roches correspondent généralement au relief maximum général du plateau rocheux adjacent. Le relief moyen est moindre encore et il est évident que le faible relief général de la surface des roches sousjacentes a été un facteur de l'élaboration de la surface en forme de plaine.

Une partie considérable de la surface de cette plaine consiste en un till calcarifère que ne recouvre qu’une mince couche, épaisse de quelques

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pouces, de limon lacustre, et ondule légèrement, car ce till a été presque entièrement déposé comme moraine profonde et n'offre qu'un faible relief. Les moraines terminales ne paraissent aucunement en évidence et, dans la plupart des cas, les légères saillies du till que l’on rencontre naissent du rapprochement à proximité de la surface des roches sousjacentes qui affleurent souvent le long de ces saillies. Près de la limite du till calcarifère on observe une arête, quelque peu définie, indiquant possiblement une moraine terminale; cette arête forme, dans la partie nord-est du district, la ligne de partage des eaux sur une distance de plusieurs milles, mais, même dans ce cas, le relief n’a que quelques pieds au-dessus du pays environnan . L'action des vagues, durant l'existence du lac Agassiz, a servi à aplanir plusieurs des irrégularités de la surface et le dépôt des sédiments lacustres a encore plus oblitéré le relief. Depuis la disparition du lac, les depôts marécageux de détritus végétaux et de tourbe ont rempli nombre des dépressions peu profondes et ont recouvert une forte étendue de la surface où le drainage est encore très parfaitement développé. Les dépôts dissimulent des irrégularités d'ordre mineur et donnent à une grande partie la surface de la, ne une apparence d'extrême uniformité de niveau.

Les particularités de cette situation ont leur répercussion sur le drainage de la région, c'est-à-dire que si toutes les vallées creusées par l'érosion récente étaient comblées et si la surface originaire était rétablie, les directions du drainage seraient en somme les mêmes qu'aujourd'hui, et auraient le même effet sur la pente générale. Ces vallées des cours d’eau sont peu nombreuses et généralement d’un faible développement. De vastes aires intermédiaires n'ont virtuellement pas été atteintes par l'érosion des cours d’eau et, dans son ensemble, la région n’est qu’au début d’un nouveau cycle de dénudation.

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